Un supporter humouriste piétine le maillot des Éléphants de Côte d’Ivoire : ce qu’en dit le droit
Après la vidéo d'un individu piétinant le maillot des Éléphants de Côte d'Ivoire, le juriste Jean Bonin explique pourquoi cet acte n'est pas une infraction pénale en Côte d'Ivoire.
Le maillot des Éléphants de Côte d'Ivoire est au cœur d'une vive polémique après la diffusion d'une séquence montrant un individu marcher sur la célèbre tunique orange. Alors que la colère gronde chez les supporters, le juriste Jean Bonin, président du FIER, intervient pour ramener le débat sur le terrain du droit pur.
L'émotion est vive, mais pour le spécialiste, il faut savoir raison garder. Dans un pays où le football est une religion, s'attaquer au maillot des Éléphants ressemble pour beaucoup à un sacrilège. Pourtant, la loi ivoirienne est très précise sur ce qui constitue, ou non, un outrage aux symboles de la République.
Le maillot n'est pas le drapeau
Selon Jean Bonin, l'arsenal juridique actuel ne permet pas de poursuivre l'auteur de cet acte. « L'article 267 du Code pénal ivoirien sanctionne uniquement l'outrage au drapeau national et aux armoiries nationales », rappelle-t-il fermement. Contrairement au drapeau, le maillot des Éléphants reste techniquement un simple équipement sportif géré par la Fédération Ivoirienne de Football (FIF).
Le droit pénal étant d'interprétation stricte, on ne peut pas étendre la protection du drapeau à un vêtement, aussi symbolique soit-il. Comme l'explique le président du FIER : « À ma connaissance, aucune loi ivoirienne n'assimile le maillot à un emblème national, ni ne pénalise le fait de marcher sur un symbole sportif ». En clair, il n'y a pas d'infraction légale, même si le choc moral est réel.
La morale face à la loi
Le débat oppose aujourd'hui les défenseurs de l'honneur national aux partisans d'une application rigoureuse des textes. Pour certains Ivoiriens, laisser passer un tel geste revient à banaliser l'insulte envers la patrie. Jean Bonin répond que « le respect moral est différent de l'infraction pénale » et que la justice ne doit pas se laisser guider par les ressentis de l'opinion publique.
Cette affaire pourrait-elle pousser le législateur à faire évoluer les textes ? Pour l'instant, le maillot des Éléphants ne bénéficie pas du même statut constitutionnel que les armoiries. « Chaque pays a son droit », conclut Bonin, soulignant que si d'autres nations punissent ce genre d'actes, la Côte d'Ivoire possède un cadre limitatif qu'il convient de respecter.
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