Jean Bonin au PDCI: « ne pas reconnaître cette CEI et participer à l’élection 2020 serait contradictoire »

Réaction de Jean Bonin au communiqué du PDCI de ne pas reconnaître la et aux attaques dont est victime Affi N’guessan au sujet de cette l’institution.

La déclaration de Jean Bonin « De la cécité et de la surdité en politique… »

Avec ce qu’on entend ça et là sur la CEI on peut dire que le est vraiment en droit de jubiler car en face, manifestement, il n y a rien. Face à une décision politique insatisfaisante le réflexe élémentaire que tout politicien avisé devrait avoir c’est de chercher les voies et moyens pour atténuer les effets de ladite décision ou d’essayer de la contourner à son avantage, plutôt que de se lamenter. Les lamentations n’ont jamais résolues un problème.

Au lieu de cela, à quoi assistons-nous chez nos prétendus opposants radicaux ? Ils cherchent un bouc émissaire pour se donner bonne conscience afin de tenter d’éluder leur propre incompétence politique. En l’espèce leur bouc émissaire tout trouvé c’est, comme toujours, le président du , Affi N’guessan.

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Ils estiment que celui-ci a échoué en intégrant l’actuelle CEI et en ne réussissant pas à imposer un homme digne de confiance à la tête de l’instance. Ok. Suivons leur logique pour essayer d’en cerner les tenants et les aboutissants. Partons du principe qu’en intégrant la CEI Affi ait échoué à instituer une CEI crédible, mais eux qu’ont-ils obtenus en ne l’intégrant pas ou en la boycottant ?

En politique, une initiative quelle qu’elle soit s’évalue en terme de gain ou en perte. Le gain aujourd’hui pour le FPI avec cette CEI, bien qu’imparfaite, c’est :

– qu’il y est représenté au bureau central. À ce titre, il pourra juger, sur pièce, de la neutralité ou pas du président de l’institution et, en tant que de besoin, s’opposer à toute décision illégale. À quoi sert-il de faire un procès d’intention alors que l’occasion nous sera donnée de juger les membres de la CEI aux actes ?

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– qu’il a un vice-président au sein de l’institution. Ce dernier est au cœur des décisions, d’autant que c’est le bureau central qui prend les décisions et non le président, tout seul. Le vice-président sera donc l’œil du parti au sein de l’institution,

– l’inénarrable et inamovible , qui, a lui seul, symbolisait la crise post électorale de 2011 et son corollaire de morts est parti. C’est aussi un motif de satisfaction pour nous d’autant que l’objectif du pouvoir, sans cette nouvelle CEI, était clairement de le maintenir jusqu’en 2020.

– en tant que membre du bureau central, le FPI sera également représenté dans toutes les CEI locales (régionales, départementales, communales et sous préfectorales…). Avant de remonter au bureau centrale pour un éventuel arbitrage, les décisions sont prises pour l’élection présidentielle au niveau local. C’est à ce niveau d’ailleurs que les fraudes sont les plus nombreuses. Y être est donc un atout indéniable, d’autant qu’au niveau local des élections auront également lieu pour désigner les présidents locaux et qu’avec une bonne coordination le FPI pourra en présider un certain nombre.

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Le PDCI a publié, ce jour, un communiqué dans lequel il annonce ne pas reconnaître la nouvelle CEI. Subséquemment, et en toute logique, il ne devrait donc pas participer aux négociations à venir notamment sur la liste et le découpage électoral, encore moins à la présidentielle de 2020 qui sera organisée par cette CEI.

Ne pas reconnaître cette CEI et participer aux négociations ou à l’élection de 2020 serait contradictoire, dévoilerait la duplicité du PDCI et révélerait aux yeux de tous qu’on ne peut se fier à ce parti qui dit une chose et fait son exact contraire. De toute façon nous serons très vite située sur la suite des événements, telle une grossesse, on finit par connaître sur le sexe de l’enfant.

Alors, en abondant dans le sens des lubies de nos experts politiciens, supposons que Affi ait échoué. Quel est, à contrario, le motif de satisfaction de ceux qui se sont eux-mêmes exclus du jeu politique en boycottant à tour de bras ? Quel est le bilan et le gain politique des différents boycotts de notre très chère autoproclamée ultra majoritaire opposition ?

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Quand, à ces questions, j’aurais une réponse claire, qui ne souffre d’aucune ambiguïté, alors je pourrais comprendre pourquoi nos radico-boycotteurs jubilent tant. Dans cette attente, j’exhorte le FPI a continuer à faire la politique. Cette politique qui met les intérêts de la Côte d’Ivoire au dessus de tout autre intérêt (mesquin) et qui permet de décrisper l’atmosphère politique. Car c’est dans une telle atmosphère qu’on pourra battre le pouvoir et non dans la chienlit où certains voudraient nous conduire vu que les actuels tenants du pouvoir ont quand même démontré par le passé qu’ils avaient une certaine expertise à revendre dans les situations d’incertitude et de non droit.

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La conquête du pouvoir ne se trouve pas dans la recherche vaine de boucs émissaires mais dans l’organisation intelligente et prospective de l’action politique. Quand un problème se pose il faut en chercher la solution et non en rajouter. La politique est un métier où les émotifs n’ont pas droit de citer.

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