Lettre émouvante d’un jeune à Ouattara : « Il est temps de rebâtir les fondements de notre société »

Lettre ouverte à Alassane Ouattara

Monsieur le Président,
Avant de toucher la quintessence de mon intervention, permettez moi de vous présenter mes vœux les meilleurs. Monsieur le Président, je sais que je vais commettre aujourd’hui une abomination car dans notre pays parler au chef de l’état c’est comme souiller un temple immaculé. Mais dans un pays, il faut des gens pour porter courageusement la voix du peuple peu importe le prix.

Monsieur le Président à l’entame de votre premier mandat vous avez parlé d’émergence. Je n’est rien à vous apprendre mais je pense que l’émergence n’est pas un simple slogan mais vision de développement. Mais comment notre pays peut être émergent avec ce système éducatif chaotique? Quelles ressources humaines vous allez utiliser comme pilier de ce développement dont vous semblez tenir?
Ou bien vous allez continuer d’importer les compétences et le développement ?

Monsieur le Président, souvent vous dites ne pas être au courant de certaines situations délicates du pays. Certainement vos chargés de communication ont du mal à vous informer. Nous citoyens, nous allons les aider gracieusement dans cette mission pour laquelle ils sont payés. Monsieur le Président l’éducation s’écoule. Le nerf de notre société se meurt.

Depuis le 21 janvier plusieurs établissements secondaires sont fermés. Pour cause une grève des enseignants du secondaire. Ils réclament de meilleurs conditions de vie et de travail.
Des milliers d’enfants sont à la rue; l’avenir de ce pays vagabonne sous vos yeux. Pourtant votre gouvernement parle d’école obligatoire.

Encore au 21è, en Côte d’Ivoire (la 5è puissance mondiale en terme de croissance selon le PM), des élèves sont entassés comme des sacs de manioc dans des salles de classes. Ils sont souvent 100 personnes par classe. Les enfants des pauvres sont obligés de subir cette situation alarmante. Quand ces derniers vont descendre dans la rue pour réclamer leur droit légitime à l’éducation, ils seront réprimés par les forces dites de l’ordre.

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Ce n’est pas tout Monsieur le Président. Je vais vous parler de l’Université de Cocody. A partir de ce lundi 5 février 2019, des enseignants veulent rentrer en grève. Ils parlent d’une année de grève. Les passes d’armes entre ces derniers et l’administration de cette institution laissent les étudiants perplexe. Ils scrutent avec anxiété l’horizon qui s’obscurcit chaque jour.

Pris entre deux feux, ils se demandent à quand la fin de ce calvaire ?Loin de moi l’idée de tourner en dérision vos efforts pour redynamiser l’enseignement. Mais, la réalité est implacable. Le départ nouveau tant attendu à accouché un nouveau départ de la continuité de la médiocrité.

À la place d’une bonne université nous avons plutôt un tombeau blanchi. Très jolie de déhors mais pourrit de l’intérieur. Les mêmes maux persistent. Manque d’amphithéâtre,de salle de TD et autres etc. Sans oublier les grèves intenpestives. Le système dit LMB reste un pourtour de mots vide et d’UV sans tête ni queue.

Ces manquements graves entachent la qualité de l’enseignement et la renommée de notre université. D’ailleurs le dernier classement de UnivRaking traduit éloquemment la faillite de ce système. Sur 170 universités africaines notées aucune université ivoirienne n’y figure.
C’est vraiment oeuceurant pour notre pays. Autrefois la vitrine de l’enseignement en Afrique de l’ouest.

Monsieur le Président l’urgence de la situation impose des mesures fortes. C’est pourquoi je propose la mise sur pied d’un plan d’urgence efficace pour régler les problèmes de l’éducation.

Un plan à trois volets :
1) Dégager un fond pour doter les universités et établissement secondaire en infrastructures et régler la question des primes des enseignants qui paralyse l’éducation chaque année.
2) Organiser les états généraux de l’éducation pour repenser le système. Il est temps d’adapter le système éducatif au marché de l’emploi.
3) Mettre sur pied un cadre de dialogue permanent. Ce cadre doit réunir les ministères chargés de l’éducation, les enseignants et les syndicats apprenants.
Surtout surveiller vos grilleurs d’arracides afin qu’ils ne détournent pas les fonds qui seront alloués à ce chantier titanesque.

Monsieur le Président il est temps de rebâtir les fondements de notre société.
Il est temps d’arrêter les querelles unutiles pour résoudre les vrais problèmes de notre société.
Il ne faut pas abonner toute cette jeunesse à son sort. Nous refusons d’être une génération sacrifiée. 
De toute évidence, concevoir un développement durable avec un capital humain mal formé, c’est utiliser du vent comme les pilier d’un palais.

Toute la jeunesse vous regarde. Ne donnez pas l’impression que dans ce pays, les pauvres n’ont pas droit à une éducation de qualité. Je m’excuse sincèrement si je n’est pas utilisé les mots adaptés. Il ne s’agit pas d’un affront mais un manquement lié à mon inexpérience en la matière et à mon vocabulaire si pauvre.Très cordialement je vous prie de recevoir ces quelques mots tirés dans les profondeurs de mon cœur.


Président LIPEC

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