Maurice Bandaman : « Le nouveau fétiche des Ivoiriens est le RHDP qui a fait de la Côte d’Ivoire, la 2è économie du monde »

Le RHDP Solutions à la présidentielle de 2010
Maurice Kouakou Bandaman

: « Le nouveau fétiche des Ivoiriens est le qui a fait de la Côte d’Ivoire, la deuxième économie du monde ». Nous vous proposons aujourd’hui, la deuxième partie de l’interview du ministre , accordée au Patriote.

Après tous ces efforts faits pour repositionner le pays, quand on entend ces discours guerriers, n’est-on pas tenté de dire que la Côte d’Ivoire est « maudite » ?

Vous êtes trop pessimiste. En fait, vous avez le sentiment, au vu de quelques articles dans les journaux, qu’il y a le feu à la demeure. Ces articles, ces interviews que d’autres donnent, ou ces déclarations que certains font ne constituent pas l’essentiel de la volonté ou de l’expression du peuple. Parce que là où on voit l’expression du peuple, c’est dans les urnes. Mais chaque fois que nous avons été convoqués en RHDP, avons-nous été boycottés ? Non. Nous n’avons jamais été boycottés.

Quand le peuple a parlé, les politiques devraient se taire. Les chefs ont fait des  propositions, si le peuple n’est pas d’accord, il les boycotte. Or jusque-là, le peuple adhère aux propositions des chefs. Pourquoi ramer à contre-courant ? Le nouveau fétiche des Ivoiriens, c’est le RHDP qui nous a permis de sortir de la ruine de la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire serait aujourd’hui dans un chaos. Sans cette union des enfants d’Houphouët-Boigny depuis 2005, on ne parlerait plus de la Côte d’Ivoire. Nous pensons que le RHDP va triompher.

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Il faut rassurer tout le monde. Il faut dire aux Ivoiriens que le RHDP est le salut de la Côte d’Ivoire. Le président y travaille. Le président Bédié y travaille. Nous devons faire confiance en nos deux chefs. Contrairement à ce que les gens disent et pensent, il n’y a pas brouille entre et . Le courant passe à 100% entre les deux. Ils se parlent. Ils se respectent. Ils sont à des niveaux où ils ne peuvent pas se permettre un échec et un retour en arrière. Mon maître Zady Zaourou avait une belle expression : « le village ne se détruit pas quand les vieux sont vivants ». Ce sont les vieux du village. Les vieux du village ne laissent pas le village brûler. Les jeunes veulent brûler le village. Mais les vieux sont là pour les en empêcher.

Ils disent s’appuyer sur l’

En plus, contrairement à ce que les gens disent, nous sommes dans la mise en œuvre de l’appel de Daoukro. Parce que l’appel de Daoukro a dit trois choses : la candidature unique du président Ouattara, le parti unifié et l’alternance. A l’issue de quoi, j’ai fait un papier pour dire que dès  lors que nous sommes dans un parti, on ne parle plus d’alternance, mais on parle de rotation.  Si tant est que les cadres dans la famille doivent, en fonction de la compétence et de l’opportunité  occuper des postes.

On fait des rotations à tous les postes, y compris la Présidence, l’Assemblée nationale, la Primature, le Sénat  parce que nous sommes d’une même famille. Nous sommes dans la mise en œuvre de l’appel de Daoukro. Certains ont voulu, après l’élection présidentielle de 2015, mettre le sujet sur la table. Le choix du candidat est du domaine des deux chefs. L’appel de Daoukro a été lancé en septembre 2014, un an avant l’élection présidentielle de 2015. Donc normalement, c’est en septembre 2019 que devrait être connu le candidat du RHDP.

Pourquoi est-on pressé ? Une fois que le candidat sera choisi en accord avec nos deux chefs, même si c’est à deux mois, il gagne l’élection présidentielle. En deux mois parce que nous avons un bilan, nous avons un mandat qui est positif, nous avons des résultats. La Côte d’Ivoire figure parmi les dix meilleures économies du monde. En Afrique, il y en a deux : la Côte d’Ivoire et le Ghana. C’est un résultat. Le résultat du RHDP suffit pour que les Ivoiriens renouvellent leur confiance au RHDP.

Nous n’avons pas à désigner notre candidat quatre ou trois ans avant. Dès lors qu’il est désigné, il devient l’ennemi de tous. Tous ceux qui ont été dauphins de chef d’Etat le savent. Ils l’ont appris à leurs dépens. Il n’a jamais été facile d’être désigné tôt. Parce que tu deviens l’ennemi de tous. Le malheur du dauphin, c’est qu’il ne connait pas ses adversaires. Ses adversaires le connaissent. Il devient leur cible. Vous savez qu’aucun dauphin n’est populaire. Il y a un risque de le désigner aujourd’hui. L’essentiel, c’est que nous travaillons au bien-être des Ivoiriens. Tout ce qui se passe est superficiel.

Ceux qui pensent que le candidat doit être connu maintenant sont hors du monde, ils sont hors du jeu. Ce sont eux qui sont dans l’erreur. Il faut qu’ils cessent de faire du bruit. Qu’ils se mettent avec tout le monde pour travailler au bien-être des Ivoiriens. Mieux, plus nous aurons de bons résultats, plus simple sera la campagne  pour le candidat du RHDP et plus sûre sera notre victoire.

En suivant votre analyse, faut-il aller en RHDP aux élections locales qui arrivent ?

Mais bien sûr. J’espère que d’ici là on aura évolué sur la question du parti unifié et que conformément au manifeste qui est en discussions, nous aurons une visibilité  beaucoup plus nette et beaucoup plus rassurante.

Avant ces élections, la Commission électorale indépendante (CEI) a été l’objet de beaucoup de critiques. Pour vous, la CEI a-t-elle été à la hauteur des attentes des Ivoiriens ?

Ceux qui n’ont jamais été candidats pensent qu’on peut jouer sur les résultats. Ils se trompent. La CEI ne peut pas manipuler une élection. Quand vous n’avez jamais été candidat, vous pensez que quand on est ministre, directeur général ou tout autre haut cadre du pays, la CEI peut manipuler les résultats en votre faveur. Ce n’est pas possible. Le mode électoral est balisé en  Côte d’Ivoire avec le bulletin unique, le dépouillement des votes en public, la présence d’un ou de deux représentants du candidat dans le bureau de vote.

Ceux qui tiennent ce débat, font un procès en sorcellerie contre la CEI et à la limite, cela frise un peu un procès d’intention et un lynchage tout à fait gratuit et intolérable des autorités et du président de la CEI. Le mode de fonctionnement de la CEI ne permet pas la manipulation et la tricherie. Notre système est l’un des plus fiables au monde. S’il n’y avait pas ce système, je n’aurais pas été maire en 2001 face à un baron du régime d’alors et milliardaire en plus.

S’il doit avoir changement à la CEI, ce n’est pas parce que ceux qui sont là ont failli. Les accusations qu’on leur porte ne sont pas fondées. Ce sont ceux qui voulaient tricher hier qui aujourd’hui font croire que ce sont les responsables de la CEI qui les ont fait perdre. Ces protestations, ces procès doivent être considérés comme des épiphénomènes. Le plus important, c’est que quand on veut faire la politique, il faut conquérir l’électorat. L’électorat conquis s’exprime dans les urnes et vous ne pouvez renverser les résultats des urnes. Sur ce point, la Côte d’Ivoire a une très belle avancée. Nous devons continuer dans ce sens.

Monsieur le ministre, parlons du RDR, votre parti. Six mois après son 3e congrès ordinaire, comment se porte « la case » ?

Le RDR se porte bien. Nous avons mis trois mois pour mettre en place progressivement les instances du parti. Le fonctionnement du parti a fait l’objet de critiques en interne. Il fallait prendre en compte toutes ces critiques et toutes ces préoccupations pour trouver des solutions qui répondent aux attentes des militants, faire une politique qui rassemble. Cela a mis du temps pour mettre en place les organes dirigeants et faire baisser la tension au sein des militants.  Il faut dire aussi que des tournées ont été lancées par madame le secrétaire général. Ces tournées ont eu un grand succès. La ferveur militante est visible.

Nous sommes dans la dynamique que le congrès des 9 et 10 septembre 2017 a donnée au parti. Les instances (les vice-présidents, les secrétaires généraux adjoints, les conseillers spéciaux) ont été mises en place. La direction  travaille à la mise en place de leur feuille de route qui va permettre à chaque structure, à chaque organe du parti de mener ses activités. Je considère que les choses vont dans le bon sens. Et selon un rythme qui est tout à fait convenable.

Qu’en est-il des secrétaires nationaux ?

Je pense que c’est la dernière étape. Cela ne saurait tarder.

Monsieur le secrétaire général délégué, vous êtes chargé des régions de l’Iffou, du Moronou et du N’zi. Comment comptez-vous faire bouger les lignes dans ces régions où les cadres se plaignent d’avoir été royalement ignorés par leur parti ?

C’est vrai que nous avons eu plusieurs rencontres avec les cadres de ces différentes régions. Les problèmes sont connus. Ce sont des plaintes légitimes. Au niveau de la direction du parti, nous avons eu à traiter ces questions. Nous pensons que les militants qui ont montré de la vaillance et du courage méritent d’être pris en compte dans les promotions, dans leur intégration. Ce sont ces questions qui ont été débattues pendant les précongrès dans les régions.

Après la mise en place des instances, nous avons rencontré les secrétaires départementaux, les commissaires politiques, les présidents des structures spécialisées  de la région, les cadres. Nous avions pris conscience que les cadres de cette région et ceux des autres régions méritent considération. La présidente du parti, la secrétaire générale y travaillent.

Tout au long de cet entretien, vous avez défendu bec et ongles le projet de constitution du parti unifié. Pourquoi cet acharnement à vouloir aller au parti unifié ?

Aujourd’hui, on parle de la Côte d’Ivoire partout. La Côte d’Ivoire est devenue l’amie de tous. Cela est important. Tout ce que nous faisons pour le bonheur de tous ceux qui vivent dans ce pays, nous voulons le faire dans un pays rassemblé, dans un pays uni. Parce que l’Houphouëtisme, ce sont des valeurs. L’Houphouëtisme, c’est un idéal. C’est une doctrine idéologique. L’Houphouëtisme, ce n’est pas un village, ce n’est pas une ethnie, ce n’est pas un parti politique, ce n’est même pas un pays. L’Houphouëtisme dépasse les frontières de la Côte d’Ivoire. L’Houphouëtisme comme le Gaullisme en France, survivra aux partis politiques.

Les partis disparaitront. Mais, tant qu’il y aura des gens pour penser que la paix, le pardon, l’hospitalité, la tolérance  sont des valeurs avec lesquels on doit gouverner, l’Houphouëtisme vivra. Les partis disparaîtront. Les partis sont faits pour disparaitre, pour se muter, pour être plus grand. Mais l’Houphouëtisme continuera d’inspirer les générations d’ici et d’ailleurs. C’est comme le serpent qui, pour grossir, se débarrasse de sa peau. Chaque fois que le serpent veut prendre une nouvelle forme, il se débarrasse de sa peau. S’il ne le fait pas, il s’étouffe et il meurt. Toute mue dit séparation de l’ancien corps pour être plus grand. Ceux qui ne l’ont pas compris vont disparaître. C’est pour cela que le RHDP va triompher.

Lire la première partie :

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