Pénurie d’eau en Côte d’Ivoire : Retour sur les promesses non tenues de Ouattara

Alassane Ouattara lors de l'inauguration du barrage de Soubré
Alassane Ouattara lors de l'inauguration du barrage de Soubré

Pénurie d’eau en Côte d’Ivoire : Retour sur les promesses non tenues de Ouattara. IvoireSoir.net vous propose les déclarations du président ivoirien, sur la question de l’eau en Côte d’Ivoire et qui sont aujourd’hui démenties par les faits. Pénurie eau Côte d’Ivoire promesses Ouattara. 

6 août 2012 : lancement des travaux d’approvisionnement en eau, du district d’Abidjan par la nappe de Bonoua

« Le projet qui nous réunit ici cet après-midi, constitue l’un des éléments essentiels de notre programme de gouvernement, celui de permettre à tous les Ivoiriens, d’avoir accès à l’eau potable, source de vie, sur l’ensemble du territoire national.

En effet, l’absence d’entretien et d’investissements pendant de nombreuses années a entraîné un déficit important d’approvisionnement en eau potable aussi bien en milieu urbain que rural. Ce déficit était de 30% à Abidjan, et d’environ 50% à l’intérieur du pays.

A lire aussi. Pénurie d’eau en Côte d’Ivoire : « Les solutions proposées sont d’ordre conjoncturel et non structurel » (Friedrich-Ebert-Stiftung)

Cette situation nous a conduits à concevoir en pleine crise postélectorale un Programme présidentiel d’urgences dont l’un des volets majeurs est la réhabilitation et le renforcement des équipements d’approvisionnement en eau potable. Grâce à ce Programme présidentiel d’Urgences et au Plan d’urgence gouvernemental hydraulique, nous aurons réussi d’ici la fin de l’année (2012) à réparer 80% des pompes en milieu rural, à absorber 60% du déficit actuel à Abidjan, à réhabiliter et à renforcer 100% des équipements d’accès à l’eau potable en milieu urbain et rural.

« A partir de juin 2013, l’approvisionnement en eau potable en milieu rural sera gratuit »

A ce jour, les travaux dans les grandes villes de l’intérieur du pays, telles que Korhogo, Daloa, San Pédro, Tabou et Bouaké, ainsi que le District des Montagnes sont en cours et seront achevés avant la fin de l’année (2012). De plus, les systèmes d’adduction d’eau potable de plus de 44 localités ont été réhabilités.

Ainsi, en 2013, 100% des pompes en milieu rural sur l’ensemble du territoire national seront réparées et le déficit des abonnés actuels d’Abidjan sera résorbé. A partir de juin 2013, l’approvisionnement en eau potable en milieu rural sera gratuit.

12 décembre 2014 : Inauguration

Le déficit en eau potable de la commune de Yopougon est estimé à 53 000 m³ par jour. Avec l’inauguration de cette infrastructure clé, qu’est le château d’eau, nous doublons aujourd’hui la capacité de production d’eau de la station de .

Cette production supplémentaire de 44 000 m³ viendra donc combler plus de 80% du déficit actuel de la commune. Les 20% résiduels seront comblés dès la mise en service de la grande station de Bonoua dont je procéderai à l’inauguration le 22 janvier prochain.

Grave pénurie d’eau à Bouaké

Le projet de Yopougon est le premier projet inauguré, sur un total de 12 projets majeurs d’approvisionnement en eau potable que nous réalisons dans la ville d’Abidjan. C’est un investissement d’environ 165 Milliards de FCFA. Il s’agit des projets suivants :

– Le programme d’urgence d’Abidjan dans les quartiers de Yopougon Maroc, Cocody, Abatta et Bingerville, avec 24 000 m3 supplémentaires ;

– Le projet Songon, devant desservir les zones de Songon, Yopougon, Abobo et Anyama, avec une production de 43 000 m3/jour ;

-Le projet Badea Nord Est, pour les quartiers de Cocody, Riviera, la Palmeraie, Bingerville, Djorobité, Bessikoi, avec 22 000 m3/jour ;

« L’ensemble de ces projets apportera à la ville d’Abidjan, un volume supplémentaire de 250 000 m3/ jour, bien supérieur au besoin actuel qui est de 200 000 m3/ jour »

– Le projet Bonoua 1, qui va desservir toutes les populations de la zone sud d’Abidjan et de Petit Bassam, avec 80 000 m3/jour ;

– Les projets d’approvisionnement en eau potable d’Anyama, et , pour une capacité totale de 26 000 m3/jour ;

– Le projet de Saint Viateur, pour la Riviera et Saint Viateur, avec 16 000 m3/jour ;

– La construction d’un château d’eau à N’Dotré, la fourniture de groupes électrogènes et le renforcement du réseau de distribution ;

– Et enfin le projet de Niangon, pour lequel nous sommes réunis aujourd’hui.

L’ensemble de ces projets apportera à la ville d’Abidjan, un volume supplémentaire de 250 000 m3/ jour, bien supérieur au besoin actuel qui est de 200 000 m3/ jour.

En plus de l’amélioration de la capacité de production d’eau potable, des investissements importants seront également réalisés dans la réhabilitation et l’extension du réseau de canalisation.

 

2 mars 2015 : inauguration du centre d`alimentation en eau potable de Bonoua

« Le manque d’entretien et d’investissements a entraîné de graves déficits d’approvisionnement, allant de la baisse de pression à certains endroits, à une pénurie totale ailleurs. Cette situation était devenue pénible pour toutes les populations et exposait bon nombre de nos concitoyens à toutes sortes de maladies.

A Abidjan, avec l’accroissement du taux d’urbanisation, les difficultés du secteur de l’eau s’étaient amplifiées d’année en année. L’approvisionnement en eau de la ville d’Abidjan reposait sur une nappe phréatique exploitée depuis 40 ans, par 93 forages différents, dont bon nombre était vétuste.

Ainsi, Abidjan, qui concentre plus de 20% de la population nationale, connaissait un déficit de 200 000 m3, en moyenne, chaque jour. Ce déficit touchait tous les quartiers sans exception, avec un accent particulier pour Yopougon, Abobo et Koumassi.

« Ainsi, dès 2016, la question de l’approvisionnement en eau potable dans les chefs-lieux de région, de département et dans l’ensemble des sous-préfectures sera réglée »

C’est pour cette raison que le premier PPU a ciblé en priorité la situation préoccupante de la ville d’Abidjan et qu’un programme en trois étapes a été mis en œuvre. Une première étape d’urgence sur l’année 2011-2012, dotée d’un financement de 10 milliards de FCFA, a permis d’obtenir une production additionnelle de 40 000 m3/jour à fin décembre 2012. Cela a permis de réduire le déficit de près de 20%.

La seconde étape, d’un montant total de 168 milliards de FCFA, a permis la réalisation d’un programme destiné à combler massivement le déficit en eau potable de la capitale. Cette seconde étape, complétée par la phase 2 du projet de Bonoua, que nous lançons aujourd’hui, nous permettra de couvrir les besoins en eau de la ville d’Abidjan, jusqu’en 2018.

Enfin, la troisième étape, qui concerne l’avenir, et dont le projet majeur est l’approvisionnement en eau à partir du fleuve Bandama, permettra d’éviter les erreurs du passé, en procédant à des investissements dans le secteur. Ces investissements garantiront la satisfaction des besoins de nos compatriotes pendant les 10 à 15 prochaines années c’est-à-dire, jusqu’en 2030.

La pénurie d'eau touche aussi certains quartiers d'Abidjan
La pénurie d’eau touche aussi certains quartiers d’Abidjan

Cet engagement pour l’accès des populations à l’eau potable ne concerne pas seulement le Grand Abidjan. C’est le pays tout entier qui fait l’objet de notre attention. Et bien évidemment, les villes de Bonoua et de Bassam, et toute la région du Sud Comoé feront l’objet d’une attention toute particulière.

En effet, le programme triennal 2014-2017, qui a déjà démarré, permettra de combler progressivement les déficits dans toutes les régions de notre pays. C’est plus de 100 milliards F CFA qui seront investis dès 2015, pour améliorer la desserte en eau potable du pays. Ainsi, dès 2016, la question de l’approvisionnement en eau potable dans les chefs-lieux de région, de département et dans l’ensemble des sous-préfectures sera réglée ».

Octobre 2015: Promesses du président-candidat

Réaliser 30 000 branchements subventionnés par an pour les ménages à faibles revenus ; réaliser 500 forages équipés de pompes à motricité humaine à travers le pays ; réaliser des systèmes d’Hydrauliques Villageoises Améliorées sur toute l’étendue du territoire ; alimenter en eau potable 31 nouvelles localités en Hydraulique urbaine.

1er mai 2016 : célébration de la fête du travail

« Dans des villes du nord telles que Korhogo, Bouna ou Bondoukou, les effets de la sécheresse ont occasionné de nombreuses coupures d’eau du fait de la diminution des niveaux des barrages. Des opérations spécifiques sont en cours afin de remédier à cette situation, notamment par la réalisation de nouveaux forages.

Cette situation nous interpelle sur la nécessité d’ouvrir les secteurs de l’eau et de l’électricité à la concurrence, comme le prévoit le code de l’électricité. Oui, c’est la concurrence qui fera baisser le prix de l’électricité. Je lance donc un appel à tous ceux qui souhaitent investir dans ce secteur ».

Compilation faite par Emmanuel Gautier

Pénurie d’eau à Bouaké : « Un barrage ne s’assèche pas en un jour. Que faisiez-vous tout ce temps ? »

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