Quand Bédié mettait en garde Soro : « Guillaume, le tact, tu en auras bien besoin »

Le président Bédié et Guillaume Soro
Le président Bédié et Guillaume Soro © Crédit Photo DR

Guillaume Soro, ancien Premier ivoirien, aujourd'hui en exil a rendu le 25 mai 2024 un hommage poignant au président Bédié décédé le 1er août 2023.

Extrait de l'hommage de au président Bédié :

De même, en 2012, en accédant à la présidence de l'Assemblée nationale, je suis allé le voir pour apprendre de son expérience incomparable en la matière. Pendant près de 13 ans, il avait dirigé cette institution avec tact. Et à cette occasion, il m'avait dit : « Guillaume, le tact, tu en auras bien besoin à l'Assemblée nationale ». Et cela n'a pas manqué.

Avant mon départ de la Côte d'Ivoire en 2019, nous avons eu une longue conversation, où il m'a une fois de plus prodigué ses conseils avisés. Quand les soubresauts et les turbulences pointaient à l'horizon en 2018, alors que de soutien j'avais grand besoin, c'est encore lui, Bédié, qui publiquement affirma : « Guillaume Soro est mon protégé. Il a beaucoup de mérite. Je lui fais confiance ». En cette période particulièrement difficile, un tel soutien, si rare, valait son pesant d'or.

Notons qu'après ma démission de la présidence de l'Assemblée nationale en février 2019, il m'a accueilli chaleureusement en ses domaines de Daoukro avec chaleur et affection. Lui, si disert devant ses parents, déclara : « Guillaume Soro est mon fils, brave et courageux. Il n'a jamais été soldat, mais il a dirigé une armée et gagné la guerre. Maintenant, il cherche la paix par le dialogue et la réconciliation. » Ces mots, prononcés avec tant de sincérité, résonnent encore en moi aujourd'hui.

En 2021, lorsque j'ai été injustement condamné à la prison à perpétuité lors du procès politique que vous savez, fut le premier à exprimer son indignation et à réclamer un retour à la raison ainsi qu'un dialogue national inclusif.

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J'ai partagé avec lui de nombreux moments précieux, dont je réserve certains pour mes mémoires. Mais il me plaît de citer ici la signature de l'Accord de Daoukro, où j'étais à ses côtés, et nos nombreuses rencontres à Daoukro, Abidjan, Ouaga, Accra, Pretoria, Paris, New York… L'affection qu'il me portait était palpable, évidente. Je me souviendrai toujours de ces vacances que j'avais choisi de passer avec lui, à Daoukro. C'est avec plaisir que nous avons parcouru ses plantations. Il me racontait, expliquant avec passion l'histoire de chaque parcelle, de chaque type de culture, de chaque élevage et de chaque étang de poisson. Ces moments de proximité et de convivialité m'ont permis de mieux comprendre ses racines et sa vision pour la Côte d'Ivoire.

Notre passion commune pour un dialogue inclusif, la nécessité de renforcer nos institutions démocratiques et la promotion d'un leadership participatif et éthique ont marqué nos nombreuses discussions. Il croyait fermement en l'importance de diversifier notre économie et de promouvoir la participation citoyenne dans les décisions politiques. Pour lui, comme pour moi, l'intégrité, la responsabilité et la transparence étaient au cœur de la gouvernance. Il m'a toujours encouragé à les mettre en pratique.

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