Reforme CEI, le député Guibessongui N’Datien Séverin formel: « La CEI n’est pas une structure privée »

Une consensuelle et débarrassée des représentants du pouvoir, c’est le vœu de l’opposition. Le député Guibessongui N’Datien dit non.

Docteur en droit et avocat au barreau d’Abidjan, le député de la circonscription de Niakara-Arikokaha-Tortiya, Dr , estime que la polémique qui a lieu à l’Assemblée nationale sur la composition de la Commission électorale indépendante (CEI) n’a pas sa raison d’être, étant donné que cette autorité administrative indépendante « n’est pas une structure privée où seraient bannis les représentants des pouvoirs publics ».

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Dans une interview publiée lundi dans le quotidien Le Patriote (pro-RDR, parti présidentiel), l’élu de la nation regrette la réclamation de l’opposition relative au retrait des deux représentants du président de la République et du ministre chargé de l’Administration du Territoire.

« Le président de la République est le chef de l’Administration. Il nomme aux fonctions civiles et militaires. Il désigne un représentant, on trouve que c’est partial. La CEI est une autorité administrative avant d’être indépendante… La CEI n’est pas une structure privée où seraient bannis les représentants des pouvoirs publics. Il ne revient pas à une structure privée d’organiser dans un Etat des élections qui relèvent de la souveraineté », observe-t-il.

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Sur la composition de la nouvelle CEI, Dr Guibessongui estime plutôt qu’elle est plus équilibrée, plus indépendante, et ce, conformément à l’Arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme.

Pour preuve, poursuit-il, dans la CEI actuelle, le nombre de représentant du groupement au pouvoir et ceux de l’opposition est de trois pour chacun. « Il y a un relèvement du nombre de représentant de la société civile. On passe de quatre à six. L’équilibre, on a six de la société politique et six de la société civile. Les trois qui restent, un représente le Conseil supérieur de la magistrature. Il y a enfin le représentant du président de la République et le représentant du ministère de l’Intérieur. »

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C’est pourquoi, le député invite les partis politiques réticents à désigner leurs représentants car, assure-t-il, ici, ce qui est en jeu, c’est l’intérêt supérieur de la nation. « Il faut que l’opposition saisisse cette opportunité d’améliorer la CEI. Si on commence à créer les conditions d’affaiblissement du scrutin, même si l’opposition venait à gagner, personne ne va reconnaître sa victoire. Parce que le scrutin aura été décrédibilisé », affirme le juriste, évoquant des risques que ces exigences pourraient avoir sur les échéances électorales à venir, notamment la présidentielle de 2020.

« Moi-même étant un élu, je pense que ce n’est pas à la CEI centrale que l’on gagne les élections. C’est avec le lien qu’on tisse avec le peuple. C’est par rapport à la confiance que le peuple a, à travers le projet de société que l’on présente, qu’on est élu. Ne faisons pas comme si la démocratie ne repose pas sur le peuple, mais sur la Commission électorale indépendante. Ce qui serait dangereux », prévient le député Guibessongui.

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