Route, conflits éleveurs-agriculteurs… les maux du département de Dianra

Le département de est situé dans la est freiné dans son élan de développement par le manque d’infrastructures routières. Cette zone est aussi favorable à l’agriculture et à l’élevage où se crée de nombreux conflits entre éleveurs et agriculteurs.

Dans le  département de Dianra il se pratique l’agriculture et l’élevage à la fois. Ce qui entraîne des conflits très souvent  entre éleveurs et agriculteurs. Comment se fait la résolution de ces problèmes ?

Avant de répondre à votre préoccupation, il faut noter que la population du département de Dianra est composée essentiellement de Gbato qui est un sous-groupe . A ceux-ci, il faut ajouter beaucoup d’allogènes ivoiriens comme non ivoiriens. Parmi ces allogènes nous avons beaucoup d’éleveurs. L’environnement de nos jours fait que nos parents qui étaient au préalable des cultivateurs se muent aujourd’hui en éleveurs pour certains. La population de Dianra en général est tournée vers l’agriculture. Nous avons le coton, l’anacarde, le riz, le maïs, l’igname. Dianra est un carrefour où se rencontre plusieurs personnes. J’ai parlé plus haut de Mankono , Bouandougou, Séguéla, Boundiali et Korhogo. Et par rapport à cette position, Dianra attire beaucoup d’éleveurs. A mon arrivée ici en 2014, je me suis rendu compte que le problème agriculteurs éleveurs était massif et pas facile. Quand le problème se pose entre éleveurs peuhls et parents agriculteurs, il est plus aisé de trouver des solutions à travers les comités de règlement de litige entre éleveurs et agriculteurs que nous avons installé ou réinstallé ou officialisé par décision. Ces comités tant bien que mal font le travail avant qu’intervient la sous-préfecture en cas de mésentente. Mais en vérité, ces comités fonctionnent mal et donc les règlements sont difficiles et donc les problèmes sont récurrents et nombreux. Par jour vous ne pouvez pas imaginer le nombre de dégât de culture qu’il y a. Surtout en pareil moment de saison sèche où le pâturage se fait rare. Les animaux avec leurs propriétaires volontairement ou pas se ruent vers les cultures et voici les dégâts. Il y a énormément de dégâts de cultures ici à Dianra. Et je règle en moyenne dix cas par jour.

De plus en plus les agriculteurs se muent en éleveurs qui est un phénomène nouveau. Comment arrivez-vous à les résoudre ?

Effectivement c’est un nouveau problème. Traditionnellement quand le problème se pose entre éleveurs peuhls et agriculteurs, lorsqu’on remonte les mis en cause et qu’on retrouve la personne, il est aisé de gérer ce genre de question. Par contre nos parents qui se sont mués en éleveurs, se cachent derrière ces éleveurs peuhls pour refuser de façon subtile de se soumettre au règlement. Et dans ce cas ça devient difficile. Vous ne pouvez pas être à la fois juge et partie. Soit vous êtes éleveur, soit vous êtes agriculteur. Mais lorsque vous êtes les deux à la fois lorsque cette personne commet des dégâts quelque part, c’est vraiment difficile avec les autochtones de régler ce genre de problème de dégâts de cultures. Mais on avance car j’ai pour habitude de concilier les parties ; c’est la meilleure façon de favoriser la cohabitation pacifique avant qu’on arrive à la sous-préfecture. Il faut dire que nos parents ont une peur bleue de l’administration. Car convoquer quelqu’un à la sous-préfecture, c’est comme si on l’envoyait au tribunal. C’est en cela que très souvent je demande que les gens règlent les problèmes au village et la sous-préfecture en dernier recours à travers les services de l’agriculture. Malgré tous ces mécanismes mis en place, j’avoue que les règlements sont parfois difficiles parce qu’on ne sait pas à qui on a affaire. Quand on a affaire avec tous les éleveurs, c’est ce que dit la loi et c’est parfois difficile.

Malheureusement les conducteurs de moto n’ont aucune notion du code de la route, ils n’ont pas le permis B qui est approprié à ce genre d’engins.

Il y a aussi le phénomène des motos ici dans votre département où les motos n’ont pas de pièces, le non port du casque et les engins sont souvent conduit par des enfants et en conséquence beaucoup d’accident mortels. Quelles sont les dispositions qui ont été prises ?

Malheureusement, c’est ce que nous constatons mais pas avec impuissance. C’est un phénomène qui a commencé avec la crise que le pays a traversé. Aujourd’hui lorsque vous allez dans la partie nord du pays les motos sont devenues des moyens de déplacement. Vous avez des motos taxis à Bouaké et à Korhogo et Dianra n’échappe pas. Malheureusement les conducteurs de ces engins n’ont aucune notion du code de la route, ils n’ont pas le permis B qui est approprié à ce genre d’engins. Malheureusement c’est énormément de dégâts que nous constatons souvent avec des morts. Parce que ce sont des enfants mineurs qui sont à bord de tricycles ou de motos de grosse cylindré qui roulent sans casque, sans rétroviseurs qui roulent à tombeau ouvert. La vitesse n’est pas leur problème. Lorsque je suis arrivé ici en 2014, c’était un chantier pour moi. Il fallait sensibiliser les gens pour qu’ils fassent attention. Et ce qui est dommage, il n’y a pas que les enfants. Même les grandes personnes roulent en pleine vitesse. En pleine ville c’est encore grave. Lorsque la gendarmerie a commencé à lever le thon, ce sont les parents qui viennent intervenir en demandant pardon. Mais nous n’allons pas rester dans les pardons ! Et les morts ? Qu’est- ce qu’on en fait ? Quand il y a la mort faut-il demander pardon pour que le mort revienne ? Je suis désolé. A la fête de l’indépendance nous avons fait des sensibilisations à travers des sketchs sur ce les jeunes appellent ‘’gningnin’’ qui est source de mort, source de désolation. Mais le phénomène perdure toujours. Je pense que la mairie et le député ont initié des campagnes de permis de conduire pour ces personnes. Je pense que les choses commencent à baisser mais le résiduel est encore énorme. Les gens doivent comprendre que pour conduire des engins à deux roues il y a des prescriptions à remplir. A savoir le port du casque, le permis de conduire, enfin il faut aller à basse vitesse. Lorsqu’on est sur la route avec la moto, il faut penser à soi et aussi aux autres. Ils ne le savent pas. Mais avec nos efforts ça va s’améliorer.

Il y a également les parades à moto lors des mariages. Car au lieu d’égailler les populations, la joie se transforment en cauchemar. Que faites-vous face à cet autre phénomène ?

C’est un corolaire de la folle conduite que les gens font. Ils estiment que c’est une marque de jeunesse et de bravoure pour affirmer sa masculinité qu’après une cérémonie de se parader à des motos sans casque au point où à la fin on dénombre des morts. C’est vraiment dommage. Malheureusement on ne peut pas être partout à la fois. Ce sont des mariages très spécifiques  qui sont typiques à une communauté religieuse. Nous sommes passés par les Imans pour qu’ils donnent des conseils à leurs fidèles pour ne pas que quelqu’un meurt à la fin d’un mariage parce qu’on a fait ‘’gningnin’’.

Mon commandant quel est votre mot de fin ?

Dianra est un jeune département qui a besoin d’un coup de pouce de la part de nos autorités étatiques. Je veux parler  de son Excellence Monsieur . Toutes les fois que les populations ont l’occasion de nous rencontrer, posent le problème de la route. La route nous crée beaucoup de difficultés à Dianra. Surement vous en avez fait les frais en venant d’Abidjan. Si nous avions pu avoir des tronçons de routes bitumées, Dianra serait un département très prospère même s’il l’est déjà, mais davantage prospère si la route à Dianra s’améliore. Dianra a besoin de la route pour faire comme les autres départements pour grandir davantage. Les autorités politiques, les élus et Monsieur le Préfet qui m’autorise à échanger avec vous seraient d’avis avec moi que nous avons besoin de la route pour aller de l’avant.

Personnalités liées avec l’article