Une révision constitutionnelle de Ouattara l’empêcherait lui-même d’être candidat en 2020

Le journaliste camerounais, Saïd Penda, à propos de la révision de la constitution en Côte d’Ivoire qui fait couler beaucoup d’encre.

Ci-dessous sa déclaration

L’un est soupçonné d’initié une révision constitutionnelle pour s’octroyer un 3e mandat ; l’autre est tenté par une réforme qui lui interdirait de prétendre à un nouveau bail au palais.

En Guinée, l’opposition affirme que la réforme constitutionnelle initiée par Alpha Condé est une simple ruse pour faire sauter le verrou de la limitation du nombre de mandats à deux, non-renouvelables.

A LIRE AUSSI : UNICEF: voici le nombre d’enfants tués ou mutilés dans les zones de conflit en 2018

Le président Ouattara a, pour ce qui le concerne, laissé entendre qu’il pourrait solliciter un amendement de la constitution. On lui prête l’intention de vouloir limiter l’âge maximum pour candidater à la présidence de la république à 75 ans. Si cet amendement devait survenir, outre d’exclure les deux autres grandes figures de la scène politique ivoirienne, elle empêcherait aussi toute possibilité pour le président Ouattara lui-même d’être candidat l’année prochaine. Les trois se verraient donc contraints à la retraite, par la loi fondamentale.

Saïd Penda sur la révision de la constitution en Côte d’Ivoire

Cette perspective devrait réjouir ceux qui ont toujours soutenu que la Côte d’Ivoire ne sera en paix que le jour où les trois qui ont marqué la vie politique ivoirienne de ces trente dernières années quitteraient la scène et s’effaceraient. Le xénophobe criminel de guerre Gbagbo aura juste 75 ans l’année prochaine, mais il sera encore dans les mailles de la CPI et ne pourra donc pas se présenter.

A LIRE AUSSI : Doumbia Major: « Sous Gbagbo, pouvait-on librement organiser des marches dans ce pays? »

Le xénophobe tribaliste Bédié, 86 ans en 2020 seraient frappé par la limite d’âge, tout comme le président Ouattara qui souffle ses 78 bougies l’année prochaine. Mais si cette éventualité fait jaser les opposants qui crient déjà à des manœuvres pour exclure des opposants que l’on redoute, dans le propre camp du président Ouattara, les intentions qui lui sont prêtées ne font pas l’unanimité. Ses fanatiques (les ADOrateurs comme on les appelle) se refusent à imaginer l’avenir sans leur fétiche.

A LIRE AUSSI: Mamadou Touré: « J’ai vu dans la presse qu’Adjoumani n’est plus le porte-parole du Rhdp »

La Guinée et la Côte d’Ivoire c’est donc deux présidents pour deux envies de révisions constitutionnelles, pour des objectifs diamétralement opposés. L’un veut d’éterniser au pouvoir (Alpha Condé). L’autre veut s’empêcher de rester plus longtemps (Alassane Ouattara), même si au passage il imposerait aussi cette retraite politique à ses deux farouches adversaires.

Personnalités liées avec l’article