Boniface Kra (père de la défunte aux 2 cercueils) : « Ivosep nous a imposé un cercueil que j’ai payé »

Ce vendredi 16 novembre 2018, à , les parents, amis et connaissances de la défunte Ama Kalo Mireille Kra n’ont pas assisté à une levée du corps comme ils le souhaitaient. La défunte a dû être transférée, en pleine rue, dans un autre cercueil. Le père Boniface Kra explique.

Face au rejet du cercueil des parents par , les membres du Syndicat national des pompes funèbres de Côte d’Ivoire (), venus soutenir la famille éplorée fait changer de cercueil en pleine rue sur le goudron. est le président du Syndicat national des pompes funèbres de Côte d’Ivoire (Synapofu-ci) qui a perdu sa fille.

Selon le père biologique de la défunte Ama Kalo Mireille Kra, précédemment élève au lycée municipal d’Abobo, « j’ai perdu ma fille depuis le lundi 5 Novembre 2018 au CHU de Cocody. Etant donné que là-bas on ne fait pas de levée, j’ai demandé le transfert du corps à la morgue de Yopougon ». Et de poursuivre, « c’est ainsi que je me suis présenté à la morgue de Yopougon en payant toutes les factures que cela nécessitait. On (Ivosep) m’a même imposé l’achat d’un cercueil à 80 000 FCFA que j’ai acheté sans hésiter. Alors que le syndicat des pompes funèbres que je dirige m’avait déjà offert un cercueil pour enterrer ma fille ».

« c’est en pleine chaussée qu’on a échangé le cercueil en mettant le corps de ma fille dans nous, notre cercueil. Et les membres du syndicat avec la colère ont détruit le cercueil que m’a fait payer Ivosep »

« Et nous avons demandé l’autorisation à Ivosep (Ivoire Sépulture) de Yopougon de venir avec le cercueil offert à l’occasion de la levée de corps. Contre toute attente, nous avons fait face au refus catégorique d’Ivosep alors que le sien était déjà payé », explique Boniface Kra Kouamé la gorge nouée.

Le corps de Ama Kalo Mireille Kra a été sorti du cercueil "imposé" par Ivosep pour être transféré dans celui du Synapofu-CI, en pleine rue
Le corps de Ama Kalo Mireille Kra a été sorti du cercueil « imposé » par Ivosep pour être transféré dans celui du Synapofu-CI, en pleine rue

A en croire le père de la défunte, il était accompagné de vingt-sept associations de la société civile, « avec le doyen en tête ». « Des négociations se sont engagées avec la police appelée par Ivosep, se sont soldées par un échec. Nous nous sommes donc vus dans l’obligation de mettre le corps dans le cercueil d’Ivosep ».

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Et de poursuivre, « c’est en pleine chaussée qu’on a échangé le cercueil en mettant le corps de ma fille dans nous, notre cercueil. Et les membres du syndicat avec la colère ont détruit le cercueil que m’a fait payer Ivosep. C’est à la suite que les membres du syndicat et moi avons pris la route pour Koun-Fao précisément à où aura lieu l’enterrement ».

« Je demande aux autorités d’avoir pitié de la population que nous sommes. Nous sommes dans une économie libérale et les populations ont le droit d’enterrer leurs morts comme ils peuvent et comme ils veulent », dit le père de la défunte.

Karina Fofana

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