Côte d’Ivoire, Gnamien Konan révèle : « En 2010, le RHDP n’était pas mon choix »

Gnamien Konan lors d'une conférence de presse le 06 juin 2018 à Abidjan au siège de La Nouvelle Côte d'IvoireGnamien Konan lors d'une conférence de presse le 06 juin 2018 à Abidjan au siège de La Nouvelle Côte d'IvoireGnamien Konan lors d'une conférence de presse le 06 juin 2018 à Abidjan au siège de La Nouvelle Côte d'Ivoire
Gnamien Konan lors d'une conférence de presse le 06 juin 2018 à Abidjan au siège de La Nouvelle Côte d'Ivoire

A l’issue de la rencontre qu’il a eue avec les journalistes, le mercredi 06 juin 2018, le président du mouvement « La nouvelle Côte d’Ivoire », l’ex-ministre s’est prononcé sur plusieurs sujets, dont son adhésion au . Gnamien Konan .

Pouvez-vous demander au président de déclarer ses biens?

La loi est impersonnelle, on ne va pas dire Ouattara. C’est ça qui noit les vrais sujets. On ne fait pas la politique contre quelqu’un. Nous faisons la politique non pour nous même, mais pour nos enfants. Si on modifie la loi et que Ouattara se sent concerné par celle-ci, il va déclarer ses biens.

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Ouattara est quand même le champion de la transparence. Il nous vient d’où ? Du Fonds monétaire international. Donc il suffit de lui faciliter la tâche, de dire que désormais, tu n’as pas besoin de te déplacer, il faut dire ce que tu as en ligne. Emmanuel Macron qui n’a que 40 ans le fait. Donc, les autres peuvent le faire. Ce n’est pas un message que j’adresse à Ouattara.

« A chaque fois que quelqu’un est président, s’il estime qu’il a suffisamment de force, ou bien que le budget de l’état est bon et qu’il peut le manipuler, il fait voter une nouvelle constitution »

Quel commentaire faites-vous du troisième mandat de Ouattara ?

Je suis informaticien et douanier, je ne suis pas juriste. Donc pour la pertinence juridique, vous vers qui vous savez vous devez tourner. Mais je pense que ce que les juristes disent à du sens. Maintenant, sur le plan politique, c’est la boîte à pandore. A chaque fois que quelqu’un est président, s’il estime qu’il a suffisamment de force, ou bien que le budget de l’état est bon et qu’il peut le manipuler, il fait voter une nouvelle constitution.

C’est bien qu’on en parle parce qu’on sait comment il est arrivé au pouvoir.

Il ne peut pas nous faire ça. Et puis la parole d’un président dans un pays n’a plus de valeur c’est grave. C’est lui qui a dit de façon constante, qu’il veut un seul mandat. Donc, je pense que politiquement, moralement, juridiquement, il ne peut pas. C’est bien qu’on en parle parce qu’on sait comment il est arrivé au pouvoir.

Comment vous sentez-vous après le scandale du guichet automobile ?

Je m’excuse auprès des douaniers, cette affaire me touche. Je ne voulais pas en parler, parce qu’à la douane, je n’ai que des frères, des anciens collègues, des amis. Trop parler sera interprété comme si je dénonçais une forme d’incompétence. En 2008, j’ai fini de me convaincre que si tous les départements en Côte d’Ivoire étaient gérés comme on a géré la douane, ce pays n’aurait même pas besoin d’aide.

Je leur ai dit : « faites la grève si vous voulez, mais on va mettre de l’ordre ». On a mis de l’ordre.

On avait réglé ce problème de véhicules en 2005. Avant de le régler, il y avait pleins de remous. Les vendeurs de véhicules ont fait la grève. Je leur ai dit : « faites la grève si vous voulez, mais on va mettre de l’ordre ». On a mis de l’ordre. En 2005, avant qu’on ne mette l’ordre, les recettes  sur les véhicules d’occasion étaient de 15 milliards. Quand on a mis de l’ordre, on est passé à 30 milliards la première année.

La deuxième année, on est passé à 45 milliards. Et quand je partais, les réformes étaient arrivées à maturité. On a réglé le problème à tel point qu’en 2007 après ces réformes, il suffisait de prendre son téléphone portable, vous rentrer le numéro d’un véhicule c’était public tout le monde y avait accès, le sms vous répond, ce véhicule a été dédouané avec tel numéro de déclaration, et à tel prix

Comment ont-ils ont fait ?  Ils sont arrivés juste après moi, ça ne date pas d’aujourd’hui. Ils ont démantelé le système en 2009, peut-être en 2008. Je ne sais ce que je dois ajouter à ce que j’ai dit mais le système a changé. Et j’ai peur que ce ne soit pas le seul cas de changement.

« En ce temps-là la croissance était négative, c’est dans ces conditions qu’on a réalisé ces chiffres »

Si on remet tout en place, on aura les résultats. Parce qu’à l’époque quand on faisait où on faisait ces chiffres qui augmentaient d’environ 50 milliards l’année, le pays était coupé en deux. En ce temps-là la croissance était négative, c’est dans ces conditions qu’on a réalisé ces chiffres.

Que diriez-vous si on vous demandait de revenir ?

Quand j’étais au gouvernement, j’intervenais souvent quand il s’agit de la douane. Si publiquement on me dit de revenir, je peux revenir momentanément. Si on est d’accord je peux le faire. Même à zéro franc de salaire je reviens. Rien que pour vérifier tout ce qui a été changé. Je ne veux pas de salaire.

Etes-vous disposé pour une nouvelle alliance ?

Moi, j’étais candidat. Quand les gens me disent que j’étais avec eux. Je n’ai jamais été avec eux à l’origine. J’étais candidat contre Gbagbo, contre Ouattara et contre Bédié. On était onze candidats à être contre eux. Mon discours était simple : « Ne choisissez pas le BOG (Bédié Ouattara Gbagbo), sinon la guerre que vous allez connaître sera pire que celle que vous avez connue. Les ivoiriens n’écoutent pas.

Entre les deux tours, les candidats qui restent décident de ratisser large. On appelle tout le monde même ceux qui ont 0,01% pour demander de les soutenir.

Entre les deux tours, les candidats qui restent décident de ratisser large. On appelle tout le monde même ceux qui ont 0,01% pour demander de les soutenir. Donc, nous aussi on les rencontre. A tour de rôle ils viennent. On a voté, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) l’a remporté à une majorité écrasante. Ce n’était pas mon choix.

«  Messieurs la lutte contre la corruption et la fraude fiscale peuvent rapporter à la Côte d’Ivoire au moins 500 milliards par an, c’était en 2008.

Donc, j’ai dit qu’on devrait écrire le même courrier aux deux. On leur dit ceci : «  Messieurs la lutte contre la corruption et la fraude fiscale peuvent rapporter à la Côte d’Ivoire au moins 500 milliards par an, c’était en 2008. Dans 5 ans ça fait 2500 milliards. Avec ça, on peut commencer par restaurer l’école et penser créer des emplois pour des gens qui ont fait des études sérieuses avec une école rénovée.

Si vous êtes prêts à tenir compte de toutes parties de ce programme, et éventuellement nous associer pour sa mise en œuvre, nous sommes prêts à vous soutenir.

Si vous êtes prêts à tenir compte de toutes parties de ce programme, et éventuellement nous associer pour sa mise en œuvre, nous sommes prêts à vous soutenir. La majorité présidentielle () ne répond jamais. C’est le RHDP à la signature du président actuel qui répond qui dit : « Nous sommes parfaitement d’accord avec vous. Nous avons la même vision, c’est le programme que nous voulons appliquer ». Voici comment en substance on se retrouve de ce côté.

Prince Beganssou

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