DJ Arafat avant sa mort: « pourquoi j’ai décidé d’arrêter l’école »

Il y a quelques mois, en 2014 pour être précis, Arafat DJ révélait au monde l’enfance difficile qu’il a vécu à Yopougon à Abidjan. Son témoignage.

« Tous les jours mon papa me frappait parce que je touchais aux instruments de musique. Je n’ai jamais compris pourquoi mon papa me frappait .
Un jour il m’a botté , botté et botté donc j’ai décidé de partir . Je ne me sentais pas aimé . C’est ainsi que je me suis retrouvé dans la rue .

Mes parents ont payé mon école mais j’ai décidé d’arrêter parce que j’aimais vraiment la musique et c’est Dieu seul qui m’a protégé.

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Ma maman marchait avant avec john Pololo. Ma maman avant était dans tous les mouvements de nouchi. Ils ont dit que ma maman était « bordel » et que c’était une « pute » . Quand je partais à l’école , on dit voici l’enfant de la «pute » là. J’ai donc décidé d’arrêter d’aller à l’école .

Je me suis concentré sur la musique et j’ai pris le chemin de la rue. Arrivé dans les rues , je dormais sur les tables du marché. À force de faire ça, j’ai grandi molo molo .

Un garçon doit souvent baiser, je mougoussais les filles de la rue princesse . Je leur donnais les « criquas » , les « 5 togos » , les 1500. En ce moment , j’avais tout ça et je baisais djandjou. En ce moment , j’avais tout ça et les DJ refusaient que je sois avec eux.

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J’ai galèré et galèré. C’est dans ça là un jour, j’étais dans un petit maquis entrain d’enregistrer une cassette pour un vieux père . Il me dit petit frère, ma cassette là , il faut mettre les atalaku , je vais te donner 2000 francs CFA . À cause de ça , j’ai fait la cassette .
On vient m’appeler et on dit il y’a un nouveau Maquis qui est ouvert à la rue princesse . On dit on a besoin de toi au Maquis le Shanghai. Je n’avais même pas de chaussures , j’avais seulement mon débardeur Adidas avec ma culotte bleue . Je me rappelle comme si c’était hier . Arrivé dans le maquis , on me voyait en plaisantin , on dit c’est quel bébé ça ? J’ai pris le micro …. et J’ai tué au shangai . C’est dans ça il y’a un benguiste , Roland le benguiste, qui a aimé ma manière de chanter, m’a dit qu’il veut me mettre au studio. Je ne savais même pas quoi chanter.

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Le lendemain, on me dit que mon meilleur ami Johnathan est décédé . Il devait partir à Londres , il devait partir sur le bengué et à la veille de son voyage , il est décédé. Tellement je l’aime, quand je suis rentré au studio, c’est là que l’inspiration est venue et j’ai chanté Johnathan.. »

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