Endettement Côte d’Ivoire: Don Mello prévient, « Tant qu’on vit sous perfusion, on ne voit pas le problème, mais si la perfusion est enlevée… »

Ahoua Don Mello, vice-président du Parti des peuples-africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI).
Ahoua Don Mello, vice-président du Parti des peuples-africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI) © Crédit photo DR

La Côte d'Ivoire connait une croissance fulgurante sous la houlette du président Ouattara. Don Mello se prononce sur l'endettement de la Côte d'Ivoire.

Infrastructures flambant neuves, routes et autoroutes reliant les villes du pays, l'essor est visible à Abidjan, la capitale économique. Mais cette « success story » ne fait pas l'unanimité.

Des inégalités persistantes et un endettement qui inquiète

Si le PIB a doublé sous Ouattara et que le taux de pauvreté a baissé de moitié, les inégalités restent criantes. Les quartiers pauvres d'Abidjan côtoient les villas luxueuses, et la croissance ne profite pas à tous. De plus, l'endettement de l'Etat ivoirien, qui s'élève à 58% du PIB, suscite l'inquiétude de l'opposition et de certains économistes.

« Sur le budget 2023, près de 42% sont des ressources propres, tout le reste est financé par perfusion de la dette », dénonce Ahoua Don Mello, vice-président du Parti des peuples-africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI). « Cette dette est improductive et ne profite pas à l'économie réelle », ajoute-t-il.

Au sortir de la crise, en 2011, la Côte d'Ivoire avait bénéficié d'un allègement de sa dette extérieure, d'environ 25%. « Cela aurait dû permettre d'affecter les ressources propres de l'Etat dans l'éducation et la santé. Or, les ressources propres ne suffisent même pas aujourd'hui à couvrir les dépenses courantes de l'Etat », pointe .

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« Tant qu'on vit sous perfusion, on ne voit pas le problème, mais si la perfusion est enlevée on verra qu'il n'y a plus de moyens d'alimenter le budget de l'Etat ».

Si le gouvernement minimise les risques et met en avant le soutien du FMI et de la Banque mondiale, d'autres s'alarment. « Tant qu'on vit sous perfusion, on ne voit pas le problème, mais si la perfusion est enlevée on verra qu'il n'y a plus de moyens d'alimenter le budget de l'Etat », conclut Ahoua Don Mello.

La croissance ivoirienne est-elle durable ? Le pays ne risque-t-il pas de se retrouver sous le joug d'une dette insoutenable ? Ces questions taraudent les esprits et alimentent le débat sur le modèle de développement ivoirien. La « locomotive d'Afrique de l'Ouest » fonce-t-elle droit dans le mur ?

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