Gbagbo et Affi : la réconciliation a échoué aujourd’hui mais qui sait si elle ne se fera pas demain ?

« On peut se quitter sans se noircir » une analyse de Jean-Claude Djéréké relative au divorce entre Laurent Gbagbo reçoive Affi N'Guessan.


Le 5 août 2019, je plaidais pour que le président reçoive Pascal Affi N'Guessan parce qu'il avait reçu auparavant Assoa Adou, , Charles Konan Banny et d'autres, parce qu'un père de famille écoute ses deux enfants quand ceux-ci se sont battus, parce qu'Affi, même s'il avait tenu des propos malheureux et graves, n'avait pas envoyé Laurent Gbagbo à la Haye.
Dieu merci, Gbagbo rencontra son ancien Premier ministre.

J'en fus heureux et j'espérais que le FPI retrouverait son unité dans les semaines ou mois à venir.
Rentré en Côte d'Ivoire, le 17 juin, l'ancien président devait-il s'asseoir et discuter avec Affi N'Guessan qui en avait fait la demande à plusieurs reprises ? C'était mon désir le plus ardent. Pourquoi le souhaitais-je ?

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1) Parce que Laurent Gbagbo avait déjà fait le plus difficile : rencontrer Bédié et Ouattara qui l'avaient déporté ;

2) pour concrétiser son propre slogan : “Asseyons-nous et discutons” ;

3), pour montrer qu'une réconciliation nationale est nécessairement inclusive et qu'elle lui tient à cœur ;

4) parce que, à cette rencontre, après la demande de pardon de chacun à l'autre pour les paroles et gestes qui ont pu blesser, Affi devait, pour moi, remettre purement et simplement le parti à son patron comme lui-même l'avait promis quand il s'entretint avec Justin Koné Katinan à Accra.

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Affi avait-il dit à ce dernier qu'il voulait rencontrer son patron pour lui proposer de le nommer vice-président du FPI ? Non. Ce qui nous a été rapporté par les médias, c'est que Pascal Affi N'Guessan voulait voir son patron en Belgique et lui remettre le parti.

Qu'Affi ait peu apprécié le refus de Gbagbo de le recevoir à est fort compréhensible. Sa frustration et sa colère sont humaines mais l'affirmation selon laquelle l'ex-président est parti du FPI avec la xénophobie, le tribalisme et l'extrémisme qui effrayeraient la fameuse communauté internationale, je la trouve à la fois mensongère et excessive car le Pascal Affi qui fut successivement directeur de cabinet, directeur de campagne, Premier ministre, puis président du FPI était-il bété comme Laurent Gbagbo ? Les Bernard Houdin, Albert Bourgi, Guy Labertit, François Mattei et Michel Galy qui ont travaillé avec et pour Gbagbo ne sont-ils pas des non-Ivoiriens ?

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Toute rupture est douloureuse, tout divorce fait mal, mais on peut se séparer sans ajouter, à la douleur de la séparation, le mensonge, la diffamation ou les injures. Je serais à la place d'Affi que je me serais gardé d'employer certains mots car il a quand même vécu de belles choses avec son « patron ». Si j'étais lui, je me serais contenté de méditer les paroles prononcées par le loup avant de rendre les armes et l'âme : “Gémir, pleurer est également lâche.

Fais énergiquement ta longue et lourde tâche dans la voie où le sort a voulu t'appeler, puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler” (Alfred de Vigny, ‘Les destinées'). J'ai retiré le verbe “prier” de la citation car prier n'est pas forcément être lâche mais confier son sort ou son problème à Celui qui est plus fort que nous et qui est capable de réussir là où les humains se sont cassé la figure.
La réconciliation entre les deux hommes a échoué aujourd'hui mais qui sait si elle ne se fera pas demain ? Gbagbo et Affi ont besoin de nos prières, pas que nous les dressions l'un contre l'autre.

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