Stéphy Joyce : « Les journalistes culturels ont leur responsabilité dans les dérives du monde culturel »

Rédactrice en chef à Kilimanjaro, un magazine jeunesse, 100% culture africaine, Stéphie Joyce est candidate à la présidence de l’Union des Journalistes Culturels de Côte d’Ivoire (Ujocci). Les élections auront lieu le 10 novembre 2018, mais en attendant, l’ex-rédactrice en chef du 1er magazine people ivoirien ‘’Top Visages’’ est à cœur ouvert.

Votre candidature à la présidence de l’Ujocci a été annoncée. Quelles sont vos motivations ?

J’ai pris le temps, les années qu’il fallait pour m’imprégner de mon métier et avoir les armes nécessaires pour devenir une journaliste accomplie. Je n’ai pas créée l’Ujocci, mais j’ai été témoin de sa création, membre « inactif », on dira cela comme ça, avec des aînés qui nous ont donné l’exemple d’une union associative au fil des ans. Je pense à Amos Beonaho, Loss Zoromé (Ndlr: paix à son âme), Eric Cossa, Emile Gnaoré, Mam Camara, Olivier Yro, pour ne citer que ceux-là.

Nous étions très jeunes… Et nous avons appris. J’ai été motivée par trois choses : La léthargie criarde dans laquelle cette union baigne depuis quelques années, le manque, l’absence de formation et les nombreux problèmes professionnels et sociaux qui minent le milieu du journaliste culturel. Je me sens prête à me consacrer à l’UJocci et pour ceux qui me connaissent, je suis une femme de défis et d’innovations.

Pourquoi maintenant…?

Maintenant, parce que j’ai eu le temps de me consacrer à une union.Avant, avec la jeunesse, les activités, le manque de stabilité, il n’était pas question pour moi de me lancer dans cette belle aventure. Il faut se connaître, savoir être honnête et s’engager véritablement avant de prendre une décision en rapport avec toute une corporation. Et après avoir réfléchi, observé, je suis certaine que je ferai une présidente digne du nom pour l’Ujocci qui a besoin d’innovation à tous les niveaux.

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Qu’entendez-vous par innovation ?

Les anciens ont géré l’union nous avons vu et applaudi. Seuls ceux qui ne connaissent pas l’Ujocci prétendent que rien n’a été fait. Les jeunes ont aussi présidé cette union. Nous avons vu. L’Ujocci a plus de 20 ans d’existence. Age de maturité ! Et j’ai connu, pratiqué, côtoyé tous les présidents qui se sont succédés à cette union. Alors et si on confiait, ne serait-ce que pour trois ans, l’union à une personne qui réunit toutes les générations et qui a pour elle la maturité, les idées et l’expérience ? En toute modestie, je peux dire que je suis une personne d’innovation.

Dans mon métier, j’ai innové avec des chroniques, rubriques, des articles sortant de l’ordinaire. Dans mes activités extra-professionnelles, idem. « Différences », 1ère émission de débats pour les jeunes et avec les jeunes, co-créatrice et commissaire générale des Harpes d’or, Awards de la musique chrétienne, 1ère journaliste chanteuse à avoir fait un clip-vidéo avec des animations, membre du Burida depuis 2012 en tant qu’auteur-compositeur interprète…Je m’arrête là pour ne pas donner l’impression d’avoir la grosse tête. Toutes ces expériences, je veux les mettre à la disposition de notre union à tous.

Quel est votre programme pour terminer ?

Un programme simple, réaliste et réalisable en un temps record puisque mon équipe et moi, nous nous sommes mis au travail depuis plusieurs mois, bien avant de laisser filtrer nos intentions et de proposer notre candidature. Je ne veux pas bercer mes confrères d’illusions. Nous pouvons rêver et réaliser nos rêves en toute lucidité. Sur les 3 ans du mandat, chaque année sera consacrée à deux chantiers. La formation qui passe par des séminaires, des rencontres, des échanges, des voyages de perfectionnement.

L’encadrement des plus jeunes qui arrivent et qui nous regardent, un chantier spécial qui nous tient à cœur. La revalorisation de la culture ivoirienne par nos écrits. S’il y a des dérives dans le monde culturel, nous avons notre part de responsabilité. Le bien être professionnel et social du journaliste culturel et partant de sa famille. Je suis épouse et mère, je sais ce que c’est. Il nous faut créer des facilités de prise en charge médicale, prise en charge scolaire, prise en charge de matériel de travail… pour certains de nos confrères en difficulté effroyable.

« quand on est accablé de soucis, de pressions, malgré tout le talent, on ne peut pas écrire un article qui marquera les mémoires »

Nos rédactions ne peuvent pas tout faire, malgré la bonne volonté. La détente et les loisirs car quand on a l’esprit chargé, quand on est accablé de soucis, de pressions, malgré tout le talent, on ne peut pas écrire un article qui marquera les mémoires. Je ne suis pas la candidate de « je ferai ». C’est déjà fait ! Nous avons juste besoin d’être accompagné par tous nos confrères qui doivent s’impliquer, se sentir… dans l’Ujocci.

Pour terminer, je voudrais dire que s’il y a une présidente, il y a aussi un bureau et des commissions qui seront responsabilisés et mis en avant. Les détails vous seront donnés au fil des jours.C’est ensemble que nous sommes forts. Au travail !

Entretien réalisé par Aimé Dinguy’s N

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