Un membre du Bureau Politique du PDCI à Ouattara : « vous ne pouvez pas vous présenter pour un 3ème mandat ici en Côte d’Ivoire … »

Lettre ouverte de Jean Yves Esso Essis, membre du Bureau Politique du , au président de la République .

Excellence Monsieur le Président,

Je me permets de vous écrire ces lignes ce matin car j’ai besoin de m’adresser à vous directement depuis que j’ai écouté attentivement vos différentes interventions lors de votre récent passage dans le Hambol. Je pense, peut-être à tord, pouvoir me le permettre grâce à mon statut de citoyen ivoirien, en y mettant bien évidemment, les formes et le respect dus à votre rang.

Vous avez dit et je cite :

« JE VEUX QUE TOUS CEUX DE MA GÉNÉRATION COMPRENNENT QUE NOTRE TEMPS EST PASSÉ »

Les Ivoiriens de ma génération et bien évidemment les plus jeunes que nous, ne peuvent qu’applaudir énergiquement cette vérité car elle représente, à elle seule, l’essence même de notre combat quotidien pour mettre au service de notre chère patrie le maximum de nos compétences acquises grâce à un excellent système éducatif mis à notre disposition sous la présidence du père de la nation ivoirienne.

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Nos aînés sont nos modèles et nous apprendrons toujours à leurs côtés toutes les subtilités langagières et tous les contours de la haute politique. Au PDCI, le parti dont je suis issu, nos aînés jouent pleinement leur rôle. Ils nous préparent, nous conseillent et nous surveillent comme du lait sur le feu avant de nous lancer dans « l’arène ». Nous n’avons aucun conflit générationnel même si l’apparence peut parfois être trompeuse.
Lorsque l’on voit un crapeau déambuler dans un arbre, sachons que c’est quelqu’un qui l’y a déposé.

Vous ne pouvez pas vous présenter pour un troisième mandat ici en Côte d’Ivoire …

Excellence Monsieur le President,

Vous avez dit également, pour accompagner votre propos sus cité, et je cite :

« MAIS S’ILS SONT CANDIDATS, JE LE SERAI »

Vous ne pouvez pas vous présenter pour un troisième mandat ici en Côte d’Ivoire … Nous avons une Constitution, Excellence Monsieur le Président. Et vous en êtes le garant. Respecter la constitution, c’est respecter la voix du peuple.

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Notre constitution, dans son article 183 dit très clairement que la législation en vigueur, c’est-à-dire celle de la constitution de 2000, au moment de l’application de la nouvelle constitution reste applicable. En d’autres termes, l’article 35 de la Constitution de 2000 qui indique que le mandat du président de la république est de 5 ans renouvelables une seule fois, reste applicable.

Violer la constitution, la loi-mère de son pays, est un acte incestueux.

Contrairement à ce que vos soutiens et conseillers laissent entendre ça et là, les compteurs ne sont absolument pas remis à zéro ! Violer la constitution, la loi-mère de son pays, est un acte incestueux. C’est de l’inceste moral. Telle n’est pas votre intention, j’en demeure convaincu, malgré vos différentes sorties médiatiques sur la question, qui amènent tout un chacun à être persuadé du contraire.

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Excellence Monsieur le Président,

L’opinion publique est souvent une force politique, et cette force n’est prévue par aucune constitution. J’ose croire que les leçons du passé nous aurons au moins appris que l’amour, le respect et la considération de son prochain, quelque soit sa situation socio-économique, doivent rester notre boussole lorsque nous avons le pouvoir de décider.

Dans l’espoir que cette lettre rencontrera votre lecture bienveillante, je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments respectueux et profondément dévoués.

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