Attécoubé, Bouaké, Divo, Grand-Bassam, Yopougon… : Lumière sur les mystérieux incendies de 2018

Des morts en cascade. C’est le bilan de plusieurs incendies qui ont émaillé cette année 2018. Dans diverses localités et à Abidjan, de nombreuses personnes ont péri dans les flammes. Comment expliquer ces drames qui ont emporté des familles entières. Ivoiresoir.net vous propose le dossier de Napargalé Marie sur les incendies meurtriers au cours de cette année 2018.

La liste est longue. On ne compte plus les morts par incendie en  cette année 2018. Il y a peu, huit personnes de la famille Togboedou, disparaissaient dans les flammes à à la cité policière aux Toits-rouges. L’incendie s’est déclaré dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 novembre faisant 8 morts dont 4 filles et 4 garçons. Seule la mère a survécu car présente à des funérailles à , lors du drame.

«Ce sont les cris des infortunés piégés par les flammes qui alertent le voisinage, qui s’empresse de joindre les sapeurs-pompiers militaires. Ces derniers passeront plus de temps à chercher des voies d’accès aux grandes flammes, du fait des modifications des maisons opérées dans le périmètre. Le feu s’est propagé très rapidement à cause du manque d’aération dans le domicile modifié», racontent les témoins.

Et pourtant, quelques mois plus tôt, le mercredi 8 août, un incendie d’une grande intensité également, a fait des ravages à la cité des enseignants du groupe scolaire de Kouté-village à Yopougon. Même s’il n’y a pas eu de morts, deux habitations sont parties en fumée. Il faut dire que déjà en janvier de cette année 2018, un incendie a emporté deux enfants âgés de trois ans et 1 an 8 mois ainsi que leur tante dans cette même commune de Yopougon à la cité Caistab ‘’Toits-verts’’, dans la famille Adouco.  Les origines du feu n’ont pas été déterminées. Un autre incendie meurtrier a également fait parler de lui dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 octobre 2018, au quartier Tollakouadiokro terminus à .

 « J’ai vu mon voisin affolé au milieu des flammes au salon » 

Sept personnes perdent la vie dont une femme et 6 enfants dont l’âge varie entre 7 ans et quatre mois, membres  d’une même famille et trois autres sont blessés. «C’est aux environs d’une heure du matin que nous avons été réveillés par les cris de mon voisin Koné Amidou et l’une de ses épouses.  J’ai vu mon voisin affolé au milieu des flammes au salon. Grâce à Dieu, nous avons réussi à réanimer la coépouse et le petit Koné Abdoul par un massage cardiaque. Nous avons pu faire sortir les survivants. Mais personne ne s’était rendu compte qu’il y avait d’autres enfants à l’intérieur.

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Nous avons tenté d’entrer dans la maison, mais les enfants étaient dans la chambre et on ne pouvait pas y aller sans passer par le salon. Et, il se trouve que le salon était déjà envahi par le feu. Donc, on ne pouvait pas y avoir accès. On a jugé nécessaire de casser le mur de la fenêtre de derrière pour accéder directement à la chambre. Pendant ce temps, le feu avait déjà envahi la chambre et on ne pouvait plus les sauver. L’aide des sapeurs-pompiers malgré le retard a permis de limiter les dégâts parce que c’est grâce à eux que le feu n’a pas touché les autres compartiments de la maison, sinon tout le bâtiment serait parti en fumée », explique l’un des témoins, Coulibaly Gaoussou qui met l’origine du feu sur le compte d’un court-circuit.

De nombreux morts par incendie depuis le début de l’année

Cependant, Koné Brama, procureur de la République près du tribunal de Première instance de Bouaké, avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour  situer les responsabilités. La liste des morts par le feu s’allonge avec l’incendie de Grand-Bassam qui s’est produit le mercredi 25 juillet 2018, entre 4 heures et 5 heures du matin,  au domicile de  la veuve Anomel Brigitte au quartier Mockeyville. Elle, Son fils, ses petits-enfants et la servante n’en sortent pas.

Le bilan, également, est lourd : 9 morts. Les causes de l’incendie restent toujours à déterminer. Et que dire de l’incendie de au quartier Konankro-Château  où toutes les sept personnes d’une maisonnée sont mortes ?  Baï Yoh Yves, professeur de Sciences de la vie et de la terre au lycée moderne 1 de Divo, ses cinq enfants et sa servante ont été surpris par le feu dans leur sommeil aux environs de 2 heures du matin. Ce sont les passants alertés par les flammes qui ont réveillé le quartier pour trouver les moyens, l’eau courante étant coupée, pour sauver les occupants de la maison.

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Ils s’en sont même pris aux sapeurs-pompiers civils, qui selon eux, sont arrivés en retard sur les lieux. Et ce 30 novembre, au quartier Legbreville, toujours à Divo, un enfant de 6 ans meurt dans les flammes dans la maison d’Oussou Yao Éluard, dignitaire du quartier Legbreville de Divo. «L’enfant du nom de Yao N’Da Akyra était dans la chambre où s’est déclaré le feu. Extrait de la chambre par les riverains après avoir éteint le feu, il est malheureusement décédé, des suites de ses brûlures à l’hôpital général de Divo. Et c’est l’incendie d’Attécoubé qui s’est produit dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 janvier qui vient clore cette liste.

Il était important par ’’superstition’’ de terminer  cette longue énumération de morts en cascade par incendie par ce drame d’Attécoubé, point de départ sans doute d’une année sombre. Cinq employés du maquis ‘’Leaders’’ et un visiteur, ami au propriétaire ont trouvé la mort, alors qu’ils dormaient au sein de ce maquis, situé dans le village Djené Ecaré d’Attécoubé.

« Personne ne pouvait intervenir en ce moment où le feu envahissait le maquis parce que proche du poteau électrique, les câbles du poteau ont commencé à brûler »

«Aux environs de 2 heures du matin, il y avait des baisses de tension. La lumière partait et revenait, ça faisait comme des jeux de lumière. Je me suis levé pour débrancher ma télévision et mon ventilateur avant de m’endormir. Quelques minutes après, j’ai été interpellé par les cris des voisins appelant à l’aide. Personne ne pouvait intervenir en ce moment où le feu envahissait le maquis parce que proche du poteau électrique, les câbles du poteau ont commencé à brûler », expliquent des témoins.

C’est le lieu d’attirer l’attention des autorités pour connaître l’origine de ces incendies afin de prévenir les populations sur les comportements qu’elles doivent adopter pour éviter ce genre de drame. Et de s’interroger également sur le fait que les victimes n’arrivent pas être sauvées malgré toutes les tentatives des sauveteurs.

Napargalé Marie (L’Expression)