Un cadre du PDCI à Ouattara : « nous ne sommes point surpris car au décès d’Houphouët, vous avez tenté une 1ère fois de piétiner la Constitution »

Lettre Ouverte de Jean-Yves Esso, du PDCI à Alassane Ouattara suite à décision de briguer un 3e mandat présidentiel en Côte d'Ivoire.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Bien que la Loi Fondamentale ivoirienne vous l'interdise selon vos propres experts constitutionnalistes, vous avez déclaré hier soir jeudi 06 août 2020, devant toute la ivoirienne médusée, votre intention de briguer un troisième mandat à la tête de l'Etat de Côte d'Ivoire, opérant ainsi, très clairement, un coup d'Etat Constitutionnel. Alors que vous aviez publiquement « passé la main » à votre 1er Coulibaly, représentant la « nouvelle génération » selon vos propres termes, vous revenez comme à l'accoutumée sur vos engagements et sur votre parole.

Excellence Monsieur le Président,

Les quelques oiseaux de mauvaise augure toupillant, voletant et tournicotant sans cesse autour de vous, ceux-là même qui vous ont trompé en vous faisant croire que vous pouviez faire dissoudre l'historique PDCI du président BEDIE, ou encore faire disparaitre le grand du président GBAGO, avec comme seule arme politique le très superficiel sans aucune base militante historique ni aucune consistance véritable, ont encore réussi à vous convaincre de descendre dans ce fossé marécageux d'un troisième mandat anti-constitutionnel.

Nous vous y attendions de pied ferme…Nous ne sommes point surpris car vous fûtes toujours, depuis votre apparition sur la scène , une véritable source confluence pour le peuple ivoirien. En effet depuis le jour où le président Houphouët, vous a introduit, tel un cheveu sur la soupe, dans les affaires politiques de la Côte d'Ivoire, en vous nommant 1er ministre en novembre 1990, vous n'avez jamais eu de cesse, un seul instant, de propager la haine et la violence dans le coeur des paisibles . Au décès du Président Houphouët, le 7 décembre 1993, vous avez tenté une 1ère fois de piétiner la en essayant de vous accaparer le pouvoir vacant, au mépris de nos institutions.

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Le peuple ivoirien s'est dressé contre cette forfaiture en installant Henri KONAN BEDIE, président de l' de l'époque, à la tête de l'Etat en application stricte de sa Constitution. La division entre ivoiriens a alors pris des ampleurs insoupçonnées car, issu du nord du majoritairement musulman, vous avez tout fait , dès lors, pour être le symbole de la crise identitaire qui a déchiré la Côte d'Ivoire. En effet, sur fond de débat empoisonné sur l'ivoirité, vous avez transformé à dessein ce concept culturel en un concept nationaliste qui a participé à la montée des tensions communautaires.

Après vous être assuré d'avoir bien injecté le venin de la haine entre ivoiriens, vous avez quitté le pays pour y revenir en juillet 1999 afin d'être aux commandes du , parti fondé en dissidence du , par feu DJENI Kobina et très vite transformé par vos soins en parti sectaire, exclusivement composé à 90% de ressortissants du Nord. Seulement 5 mois, donc, après votre retour en Cote d'Ivoire, le pays connaitra le premier coup d'Etat militaire de son histoire en décembre 1999…

Après moultes péripéties pour accéder coûte que coûte à la Magistrature Suprême, sur lesquelles nous ne voulons pas nous attarder afin de préserver notre liberté d'expression, vous réussissez à faire valider votre à l'élection par Décret Présidentiel Spécial établi en 2005 par le président , sous forte pression de la Communauté Internationale.Vous reussissez donc enfin à être candidat aux élections de 2010 pour préserver la paix dans le pays, dirons nous. Vous serez « très mal élu » provoquant ainsi la plus grave crise post électorale de notre pays avec plus de 3000 morts et un très grand nombre d'exilés.

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Excellence Monsieur le Président,

Vous avez eu encore une fois rendez vous avec l'histoire de la Côte d'Ivoire ce jeudi 06 aout 2020 et vous avez lamentablement échoué en choisissant le passage en force.C'était une occasion historique de montrer au monde entier et aux différents dirigeants africains que la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux au maximum, demeure une exigence démocratique en .

Cela aurait été un précédent qui aurait marqué la consécration politique du principe de la limitation des mandats présidentiels, renforçant ainsi le juridique, et contribuant par cet acte historique à la graver dans le subconscient du peuple ivoirien, et même africain, comme dans du marbre.

Excellence Monsieur le Président,

Vous le savez mieux que quiconque, la Constitution est le socle d'une nation solide assise sur des institutions fortes. Elle est censée être la boussole de tous et pour tous. Vous avez, hélas, décidé de désorienter le peuple et semer la division en choisissant l'nterpretation subjective de certains textes de notre Loi Fondamentale qui ne souffrent pourtant d'aucune ambiguïté.

Pour mémoire, voici votre déclaration de serment du 4 novembre 2015 lors de votre accession à la Présidence pour votre 2ème mandat : « Devant le Peuple Souverain de Côte d'ivoire, je jure solennellement sur l'honneur de respecter et défendre fidèlement la Constitution, de protéger les droits et les libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l'intérêt supérieur de la Nation. Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois si je trahis mon serment ».Le peuple vous retire, pour l'instant, sa confiance car vous venez ainsi de trahir votre serment. Vous subirez la rigueur des lois…

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Excellence Monsieur le Président,

Malgré votre expertise en « croissance appauvrissante », vous auriez pu laisser à la postérité l'image d'un économiste bâtisseur. Malheureusement, votre candidature à un troisième mandat contesté par le peuple ivoirien vous entrainera tout droit dans un puit sans fond.Pour finir cette correspondance publique, nous allons vous faire publiquement un aveu : Votre décision d'être candidat pour un 3ème mandat, dans un total mépris de la Constituion ivoirienne, est bien la meilleure chose que nous souhaitions secrètement.

Nous nous sommes certes préparés à battre le RHDP à cette élection d'octobre 2020, mais pas seulement…Nous nous sommes surtout bien préparés à vous battre, vous-même, dans les urnes et à vous accompagner ainsi vers une sortie définitive de la vie publique ivoirienne.En posant cet acte hier soir, vous avez choisi, par vous-même, la porte que vous souhaiteriez prendre pour sortir de la politique ivoirienne.La même que celle par laquelle vous y êtes entré semble-t'il…Veuillez croire, Excellence Monsieur le Président, en l'assurance de nos sentiments respectueux.

Written by Jean-Yves Esso

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