Appartenance politique en Côte d’Ivoire : les leçons de Jean Bonin aux Ivoiriens

La question de l'appartenance politique a son sens en Côte d'Ivoire. Au point où l'intérêt du pays ne compte plus. voici les leçons de Jean Bonin.

N'est-il pas temps de changer notre mentalité ?

De fait, le (vrai) problème c'est notre mentalité : elle est rétrograde et sclérosée. Elle doit changer afin d'améliorer notre rapport individuel et collectif à la politique et à l'intérêt général.

Notre mentalité d'assujettis (à un leader) et de supporteurs (endoctrinés) fait que, comme des lobotomisés, nous défendrons bec et ongles celui que nous reconnaissons comme notre Chef et vilipenderons systématiquement tous ceux qui lui sont opposés ou qui ne partagent pas ses opinions. Partant, nous en arrivons à dénier aux autres toute forme d'intelligence. Qu'importe que notre leader nous apporte ou non du bonheur, « c'est lui qu'on connaît », « c'est lui ou rien », car nous sommes pro « X » ou des pro « Y ».

Dès lors, quand bien même les actes que l'adversaire politique posent sont appréciables, notre subconscient nous dicte de les combattre, au risque d'être taxés de vendus par certains bien-pensants pour qui tout se résume, de façon binaire, à vouloir aller à la soupe ou à refuser d'y aller.

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Est-ce la mentalité des dirigeants qu'il faut changer ou alors celle du peuple lui-même ? La question mérite d'être posée.

Lorsque certains compatriotes sont capables de voter ou de ne pas voter sans avoir préalablement exigé des candidats leur programme électoral, c'est le signe que ce qu'il fera ou non pour eux n'est pas ce qui motive leur suivisme moutonnier.

Quand, sur les , par paresse intellectuelle, des gens ne se sentent pas motivés pour lire un post en raison de sa longueur alors qu'ils passent des heures devant des télénovelas ou des consoles de jeux, c'est le signe que leurs priorités sont autres que leur enrichissement intellectuel.

Quand nos populations rechignent à marcher pour revendiquer une meilleure justice, plus de sécurité ou des soins de qualité et autres mais sont promptes à descendre dans les rues, à casser, à tuer ou à se faire tuer pour un homme politique, c'est le signe que le bien-être et la vie du leader ont plus d'importance à leur yeux que la leur.

Le peuple somnole, accepte son sort et quand, quelquefois, il se réveille, c'est pour célébrer ou pour défendre son leader à qui il semble avoir délégué son cerveau. Lequel, en retour, réfléchit à sa place.

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La base du problème pourrait être l'absence d'éducation. Aucun des pouvoirs qui se sont succédés n'a fait de l'éducation une priorité absolue. L'inscription à une école maternelle est un luxe que très peu d' peuvent s'offrir, avec son corolaire d'enseignants mal payés, d'écoles mal équipées ou en sous effectifs. Résultat des courses, officiellement, le taux d'analphabétisme dans notre pays était en 2017 selon notre ministre de l'éducation de l'ordre de 43.8%.

Or, des pays bien moins lotis que le nôtre ont un taux d'alphabétisation record qui nous ferait pâlir de jalousie. C'est le cas de avec 99,97%, de la équatoriale avec 93,3% ou encore du avec 91,9%.

Ces chiffres montrent bien que l'alphabétisation n'est pas la priorité de nos dirigeants. N'est-il pas vrai qu'un peuple d'analphabètes est plus docile et plus facile à instrumentaliser ? Certes, il faut relativiser la corrélation entre éducation et maturité politique, mais il ne fait aucune doute qu'il est mieux d'avoir un peuple (bien) éduqué.

De Bedié à Gbagbo en passant par Ouattara, force est de constater qu'ils utilisent les moyens de propagande (télés et radios publiques, internet…) uniquement pour assoir leur pouvoir, plutôt que de les mettre au service de l'éducation des masses et de l'amélioration de notre société. Toute chose qui incite notre jeunesse à s'identifier à des contrevaleurs.

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Au lieu de vouloir changer les mentalités du peuple qui subit la férule féroce de la classe dirigeante, ce qui prendrait du temps, d'aucuns seraient tentés de suggérer plutôt un changement des équipes dirigeantes. Il est certes plus rapide et facile de procéder ainsi, cependant, quand ce peuple lui-même préfère reconduire chaque cinq (5) ans cette même classe dirigeante qui l'opprime, pour peu qu'elle s'habille autrement. C'est le signe que les mentalités ne changent pas. Or, elles doivent évoluer.

Dans le domaine du football, quand une équipe ne donne pas entière satisfaction, dans un 1er temps, on remplace l'entraîneur (le 1er ministre) et quelques joueurs (des ministres). Si ça ne marche toujours pas, c'est le président du club (le Chef de l'Etat) qu'on change. Pour cela, il suffit que le public (le peuple) refuse d'aller au stade et alors le changement s'impose au dirigeant.

Malheureusement, le public lui-même n'a pas conscience que c'est lui le vrai Chef, le maître du jeu, vu que quoiqu'il adviendra il est sûr d'être toujours là. Ce qui n'est pas le cas des autres (président, 1er ministre, ministres…) étant donné qu'ils sont remplaçables. Quand le peuple comprendra que ses intérêts doivent primer sur ceux de leurs leaders alors les mentalités changeront.

J'appelle de tout mes vœux ce changement de mentalité de tous à travers mes posts car c'est la clé de voûte de notre réussite personnelle et de notre prospérité collective.


Juriste
Citoyen ivoirien

Written by Jean Bonin

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