Décédé ce jeudi à New York : Voici le dernier discours de l’ambassadeur Tanoh-Boutchoué à l’Onu

SEM Bernard Tanoh-Boutchoué
SEM Bernard Tanoh-Boutchoué

dernier discours. Affaires « armes chimiques en  ». Voici le dernier discours de l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire à l’Organisation des Nations-Unies (), SEM Bernard Tanoh-Boutchoué, décédé dans la nuit de mercredi 18 au jeudi 19 avril 2018. C’était le samedi 14 avril 2018.

Bernard Tanoh-Boutchoué, lors de son dernier discours au conseil de sécurité de l'Onu
Bernard Tanoh-Boutchoué, lors de son dernier discours au de l’Onu

Monsieur le Président, la délégation ivoirienne remercie monsieur le Secrétaire Général pour sa présence, et pour son exposé sur les derniers développements de la situation en Syrie, suites aux frappes aériennes menées par certains membres du conseil de sécurité dans la nuit du vendredi 13 avril 2018.

La Côte d’Ivoire demande à l’ensemble des acteurs impliqués à divers niveaux dans le conflit en Syrie, de faire preuve de retenue et de ne pas compliquer d’avantage la situation désastreuse dans laquelle se trouve le peuple Syrien. Les armes et les bombes ont trop frappées la Syrie, au mépris des fondements de notre action collective en faveur de la paix.

Respect des principes de la charte

Monsieur le Président, est-il besoin de rappeler qu’en signant la charte des Nations-unies en 1945, les membres fondateurs de l’Onu avaient à cœur de parvenir à instaurer un nouvel ordre mondial fondé sur le multilatéralisme et sa volonté de faire de la paix un bien commun universel dont la préservation a été confiée aux Nations-Unies, et au conseil de sécurité dans le cadre de ses responsabilités fondamentales.

Le secrétaire général vient de nous le rappeler. Dans toutes les circonstances où elle a guidé l’action de la communauté internationale, le respect des principes de la charte des Nations Unies nous a toujours permis de surmonter les difficultés les plus inextricables, évitant ainsi bien des désastres à l’humanité.

C’est donc fort de sa conviction profonde dans les vertus du multilatéralisme, que mon pays estime que le recours à la force dans le but de préserver la paix et  la sécurité internationale, doit être autorisé par le conseil de sécurité, afin de lui préserver l’autorité juridique indispensable et éviter ainsi toutes les dérives et tous les abus.

La Côte d’Ivoire exprime donc, ses vives préoccupations au regard de l’incapacité de notre conseil à relancer le dialogue en Syrie, et à faire reculer les partisans de la solution militaire.

Seul le conseil de sécurité, fort et représentatif de notre temps saura mobiliser les Nations Unies autour de sa responsabilité internationale première du maintien de la paix et de la sécurité internationale. La Côte d’Ivoire exprime donc, ses vives préoccupations au regard de l’incapacité de notre conseil à relancer le dialogue en Syrie, et à faire reculer les partisans de la solution militaire.

Solution en Syrie

Monsieur le président, la Côte d’Ivoire saisit l’opportunité de la présente séance pour réitérer sa condamnation sans réserve à l’utilisation des armes chimiques quels qu’en soient les auteurs, et appelle à la mise en place d’un mécanisme multilatéral d’établissement des responsabilités, et à traduire les auteurs d’utilisation d’armes chimiques devant les juridictions internationales compétentes.

Dans ce contexte, elle réitère son soutien à l’enquête qui sera menée par la mission d’établissement des faits de l’Organisation de l’interdiction des armes chimiques, en vue de faire la lumière sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques à Douma dans le Ghouta oriental.

« la Côte d’Ivoire réaffirme sa conviction et sa position de principe, selon laquelle la réponse à la  crise en Syrie ne saurait être militaire »

La Côte d’Ivoire exhorte à nouveau les membres du conseil de sécurité à une unité d’action afin de mettre un terme à leurs divergences, et de parvenir à la mise en place de ce mécanisme de réduction des comptes que tous les membres du conseil appellent de tous de leurs vœux.

Monsieur le président, la Côte d’Ivoire réaffirme sa conviction et sa position de principe, selon laquelle la réponse à la  crise en Syrie ne saurait être militaire. Au contraire, elle doit plutôt être recherchée dans le cadre d’un dialogue et d’un processus politique inclusif, comme le prévoit la feuille de route de la résolution 2254 du conseil de sécurité des Nations-unies.

L’heure est donc résolument venue de donner une chance au dialogue et de remettre notre conseil dans le sens de l’histoire.

Je vous remercie.

Bernard Tanoh-Boutchoué : Qu’est-ce qui a tué l’ambassadeur de Côte d’Ivoire à l’Onu ?