Bacongo attaque encore : « Guikahué c’est la morgue et la brutalité, Billon un looser »

Cissé Bacongo s'en est violemment pris à Jean-Louis Billon et Maurice Kakou Guikahué

Dans une contribution publiée dans Le Patriote (proche du RDR), attaque « Guikahué c’est la morgue et la brutalité, Billon un looser ». Larges extraits d’une tribune qui, une fois de plus, rabaisse le niveau du débat politique, par son caractère inutilement injurieux.

La volée de bois verts dont il est actuellement l’objet, sous le prétexte d’une promesse d’alternance à tenir avant, mérite qu’on interroge les auteurs des attaques, les ministres et , sur leurs motivations réelles et le sens de leur combat.

En effet, comme s’ils n’avaient pas tiré le moindre enseignement de notre passé douloureux commun, pourtant récent, les ministres Maurice Kakou Guikahué et Jean-Louis Billon se sont lâchés dans des déclarations, qui ont été ressenties comme une onde de choc dans la classe politique et l’opinion publique nationale. C’était lors de la «journée d’hommage national au président » organisée ce samedi 10 mars 2018, à Yamoussoukro, par le «Réseau des cadres -notre Héritage».

Jean-Louis Billon depuis Yamoussoukro : « Sans le PDCI, le RHDP n’est rien »

Selon Jean Louis Billon, parrain de la manifestation, l’air presque habité : «Si , il doit y avoir, ça sera après l’alternance (…). Sans le PDCI, le RHDP n’est rien (…). Le président Henri Konan Bédié a démontré qu’il était un homme de paix en faisant de nombreux sacrifices, en demandant au PDCI de faire de nombreux sacrifices (…). Mais le temps des sacrifices est terminé (…). Nous attendons de nos partenaires le même sens du sacrifice que le PDCI a eu (…)».

Quand pour le Pr Maurice Kakou Guikahué, avec la morgue et la brutalité sinon le peu de finesse qu’on lui connait habituellement : «ceux qui disent qu’il n’y a jamais eu de promesse (d’alternance), rassurez-vous, il y a bel et bien eu promesse et il y a eu un témoin. Le moment venu, le président en parlera».

On aurait pu passer ces déclarations par pertes et profits, si elles émanaient de simples militants de base ou cadres de leur parti, sans responsabilité. Or, l’un est le secrétaire exécutif en chef du PDCI, comme il se présente lui-même, et l’autre est vice-président et porte-parole du même parti. Passons rapidement sur les motivations secrètes que des observateurs perspicaces prêtent aux deux déclarations.

Concernant l’un, il n’aurait pas encore digéré son départ du gouvernement, d’une part et serait engagé, à corps perdu, dans une vengeance personnelle, depuis son éviction de la présidence du conseil régional du Hambol, d’autre part. A sa décharge, on pourrait lui faire l’avance de ne pas ignorer que la fonction ministérielle n’est ni une profession, ni une fin en soi, et que, pour qui le connait, au moins de surface ou en apparence, il n’avait pas besoin d’être ministre, si ce n’était que pour renflouer ses affaires, comme il a dû ne pas s’en priver.

De même, il faut lui donner acte du fait qu’à travers son élection à la présidence du conseil régional du Hambol, il ne pouvait être qu’à la recherche d’une notoriété que son appartenance héritée (être né avec un nom, Billon) et la présidence de la Chambre de commerce et d’industrie n’ont pas pu lui conférer. Sinon, chacun pourrait faire, aisément, le bilan de son passage à la tête de cette région laborieuse. Donc, Jean-Louis Billon est suspecté de chercher à se venger d’avoir été évincé des deux postes qu’il occupait, pour calmer son orgueil, doublement heurté. Si tel est le cas, il doit se souvenir que l’orgueil est un mauvais conseiller !

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Quant à l’autre, le Pr Maurice Kakou Guikahué, pour ne pas le nommer, il aurait espéré, jusqu’à désespérer, selon certains de ses proches, de retrouver le portefeuille de ministre de la Santé, qu’il a perdu en 1999, sans avoir eu l’occasion, ni jamais le temps de laver son honneur doublement souillé, au plan professionnel par des accusations diffuses, et au plan politique par des attaques directes et ouvertes. Ensuite, après le départ du président Marcel Zady Kessi, dont il était l’un des vice-présidents, au Conseil économique, social, environnemental et culturel, il s’attendait, tout naturellement, à occuper son fauteuil resté vide.

Hélas, alors qu’il était si proche du but, il a été coiffé au poteau par Charles Koffi Diby. Aussi, ne parvient-il pas, jusqu’à présent, à s’expliquer ce coup du sort, ni à s’en remettre à sa Foi, qu’il affiche pourtant. Que faut-il dire ou conseiller à ce scientifique de haut vol presque perdu pour la science, si ce n’est que Dieu a un plan pour chacun !

Au total, le tandem Maurice Kakou Guikahué et Jean Louis Billon ne serait, en réalité, qu’un compagnonnage, celui d’un despérado et d’un looser. Il ne faut pas l’exclure. Mais, ils font l’objet de suspicions presque légitimes et encore plus graves. A cet égard, de hauts responsables de leur parti affirment que ce qu’ils qualifient d’activisme politique du duo est une manœuvre souterraine de positionnement, en prévision des élections présidentielles de 2020.

Concernant Jean Louis Billon, ses prises de position politiques très critiques voire irrévérencieuses, sous le régime du président Laurent Gbagbo, en dehors de toute appartenance à quelque parti, paraissaient suspectes à l’époque, au-delà du fait qu’on pouvait y voir, à l’œuvre, une stratégie visant à préserver et soutenir ses affaires. A présent, elles sont perçues, rétrospectivement, comme la preuve d’un complot planifié de longue date.

La publication régulière et systématique, dans sa page Facebook, de ce qui n’est rien d’autre que des pans de son programme de gouvernement, déjà élaboré et disponible, participerait de ce complot. De fait, il serait difficile de comprendre autrement ses attaques à peine voilées contre la gestion du pouvoir en place, dont il est pourtant comptable, également, pour avoir été ministre et sans être parti volontairement du gouvernement.

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En somme, les deux hommes seraient les protagonistes d’une tentative d’OPA (Offre publique d’achat) sur le PDCI. N’est-ce pas là la fable du crapaud qui veut avaler un éléphant ! Car, on ne voit pas comment ils pourraient réussir ce braquage politique, même en mettant leur cœur en bandoulière pour le président Henri Konan Bédié, en vue de tromper sa vigilance.

Pour cause, l’élection de l’un à la présidence du conseil régional du Hambol a été acquise suite à une escroquerie politique, comme l’ont qualifiée ses amis d’alors et ses électeurs, parce qu’elle est intervenue sous la bannière du RDR, auquel il avait adhéré bruyamment, pour les besoins de la cause, et dont il s’est sauvé, sans gloire ni honneur, une fois le forfait commis.

Quant au second, son élection, comme député de la sous-préfecture de Gagnoa, a été obtenue sur le fil du rasoir, presque par repêchage, grâce à d’immenses sacrifices consentis par des Djédjé Bagnon, Dacoury-Tabley, Alexis Zékré et autres, selon des indiscrétions au PDCI. Il reste que le véritable bénéficiaire de cette opération serait Jean Louis Billon, qui se piquerait d’être le futur Macron ivoirien.

Bien plus que les premières, cette dernière motivation expliquerait, sans les justifier, l’opposition réflexe du duo infernal au projet de parti uinifié et son intransigeance, à la limite de la rébellion contre l’autorité du Président Henri Konan Bédié, sur le respect d’une alternance «sui generis», dont il ne leur reste plus qu’à affirmer détenir la preuve de la promesse ou d’en être des témoins vivants.

Cissé Ibrahim Bacongo

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