Guikahué dézingue encore le parti unifié : « Ça sert à quoi d’aller seul en laissant les bases ? »

Les caciques du PDCI n'ont pas encore dit leur dernier mot
Les caciques du PDCI n'ont pas encore dit leur dernier mot

dézingue encore le projet du du Président . Voici sa déclaration complète au siège du Parti démocratique de Côte d’Ivoire ().

J’ai lu avec amusement ces attaques dans la presse. Mais qui suis-je pour m’opposer? Moi, je ne suis qu’un serviteur du PDCI-RDA. Je ne suis pas le PDCI. Il ne faut pas être prétentieux. En quoi je peux bloquer quelque chose ? Ce que je vais dire, c’est que je suis le secrétaire exécutif en chef du PDCI-RDA. Je suis chargé de l’animation du PDCI-RDA. Donc, tant que le PDCI-RDA va exister, je vais l’animer sans complaisance. Le jour où on dit qu’il n’y a plus PDCI, ma mission n‘existe plus. Donc, je fais ma mission parce qu’on m’a nommé pour animer le PDCI et le PDCI existe. En quoi je peux être un obstacle ?

Mais il y en a qui disent que je suis prestidigitateur (cf Cissé Bacongo, NDLR). Jusqu’à présent, ce sont eux qui sont magiciens. Moi je suis réaliste. Je suis fils de paysan et je suis médecin, je suis pragmatique. Aujourd’hui, ce que je dis dans les discussions que nous avons, je ne le cache pas. C’est que pour l’instant, les coordinations du RHDP ne marchent pas bien et que les bases ne sont pas préparées à nous suivre. Alors ça sert à quoi d’aller seul en laissant les bases ? Il faut qu’on prépare les bases.

Parti unifié et l’UMP

Je dis toujours aux gens que si nous vivons bien et que nous sommes dans un système de partage, de générosité et je ne cesse de le dire, un matin, quand nos bases seront tellement contentes, elles nous diront : vous-là, vous attendez quoi ? Allons-y au parti unifié. Mais on ne peut pas l’imposer. Si vous êtes responsable et que vous avez des patrons, il ne faut pas être laudateurs. C’est-à-dire que le service qu’on peut rendre aux Présidents Bédié et Ouattara, c’est de leur dire ce qu’on voit sur le terrain.

« Les gens content l’histoire de l’UMP. Mais on sait comment ça s’est passé. Ils ont fait mais est-ce que cela est allé loin ? »

Par exemple, on dit que quelqu’un va aller emprunter une route. On vous dit allez-y voir pour sécuriser la route. Et les envoyés trouvent des troncs d’arbres sur la route. Et ils viennent dire que la route est bonne, on peut y aller. Or, si vous y allez, vous allez buter sur des troncs d’arbres. Mais s’ils viennent dire : attention, les gens ont fait tomber quatre arbres là-bas, il faut des tronçonneuses, vous prenez vos dispositions.

Maintenant que les militants ne sont pas en phase avec nous pour le parti unifié, qu’est-ce qu’on fait pour les convaincre ? Voilà la question que je pose. Je plaide pour qu’on convainque les militants. La politique, c’est un jeu d’intérêt. Les militants, quand ils sont réticents, il faut qu’on voie pourquoi ils sont réticents et régler les problèmes. En ce moment-là, quand on y va, c’est définitif.

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Les gens content l’histoire de l’UMP (en France). Mais on sait comment ça s’est passé. Ils ont fait mais est-ce que cela est allé loin ?  Ça s’est cassé. Donc ce n’est pas un bon exemple qu’il faut donner. Même les Républicains avec les Macron compatibles et les Bayrou, ça n’a jamais voulu aller à l’UMP. Il faut aller patiemment. Parce que quand on construit, on met le pied, on teste l’appui et on avance. C’est la politique des petits pas d’Henri Kissinger. Je ne suis donc ni prestidigitateur, ni magicien comme certains. Je suis fils de paysan, pragmatique, qui connait les réalités et qui compte avec les réalités.

Un parti politique n’est pas une entreprise. C’est dans une entreprise, il y a un directeur qui paye les gens. Donc, il peut leur en imposer. Dans un parti politique, il y a plein de militants qui ne seront jamais ministres, directeurs, présidents de la République, mais ils aiment. Mais ceux-là, tu ne peux pas les brusquer. Tu les brusques, ils vont te quitter. Mais il faut les emmener à suivre.

Elvire Ahonon

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