Charles Koffi aux victimes des déchets toxiques : « Je vais initier des tournées pour lancer un mot d’ordre très clair »

Charles Koffi Hanon, président du RENADVIDET-CI avec certaines victimes des déchets toxiques ce jeudi 28 mars 2019, au tribunal du Plateau
Charles Koffi Hanon, président du RENADVIDET-CI avec certaines victimes des déchets toxiques ce jeudi 28 mars 2019, au tribunal du Plateau

Le scandale des déchets toxiques continue de faire parler de lui. De report en report l’affaire n’a jusque-là pas encore été délibérée au grand désarroi de , le président du Réseau national pour la défense des droits des victimes des déchets toxiques de Côte d’Ivoire ().

C’est sur un ton de colère et d’irritation que Charles Koffi s’est adressé aux victimes des déchets toxiques venus écouter la sentence du tribunal ce jeudi 28 mars 2019. «  Notre affaire a été mise en délibéré  depuis le 29 novembre 2018 au 7 février 2019. Le 7 février 2019, ça été repoussé au 28 février 2019. Le 28 février 2019, ça été repoussé encore  au 28 mars 2019, donc aujourd’hui. Aujourd’hui,  curieusement, et contre toute attente, on nous dit encore qu’ils ne sont pas prêts pour délibérer », a-t-il annoncé désemparé.

En effet, selon le président du RENADVIDET-CI, le juge en charge du dossier a déclaré que le quorum requis pour délibérer sur la question n’a pas été atteint si bien que l’affaire est encore reportée au 25 avril 2019. A en croire le président du réseau, le tribunal  subit des pressions et d’indexer des personnalités impliquées dans l’affaire : « On ne sait pas qui du régime, d’abord ce que nous savons, il y avait l’entourage politique, les Bictogo, les Koné Cheick et autres. Mais cette fois-ci, on a l’impression que ça vient du plus haut niveau », a-t-il dit.

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Car pour lui si des cas difficiles telle l’affaire Simone Gbagbo, l’affaire café cacao… ont été délibérés, pourquoi pour la seule affaire de déchets toxiques on crée un mystère autour de la question ? s’est-il interrogé. « L’argent qui n’appartient pas à l’Etat de Côte d’Ivoire, l’argent qui appartient à une multinationale, des gens le détournent impunément. Il y a une décision du tribunal qui les condamne à 20 ans et la décision est définitive mais ils sont en liberté sous ce régime. Alors qu’hier ce même régime disait que la justice n’était pas juste et que s’il venait à la tête de ce pays, désormais même les citoyens les plus faibles auront leur droit reconnu », a-t-il fustigé.

Par ailleurs : « Pourquoi donc sous ce régime on assiste de plus en plus à un véritable état de police où seulement ce sont les plus faibles qui sont assujettis à la règle de droit et les plus forts sont au-dessus de la règle de droit ? », s’est-il demandé. En outre, Charles Koffi ne veut pas rester les bras croisés : « Vous devez comprendre que nous devons prendre nos responsabilités. Donc à partir de samedi prochain, dimanche, je vais initier des tournées dans toutes les zones , Abobo, , où les déchets toxiques ont été déversés pour lancer un mot d’ordre très clair. Parce que le temps est venu de dénoncer certaines injustices qui sont très flagrantes ».

Rappelons que des déchets toxiques ont été déversés à Abidjan en septembre 2006, par le navire affrété par la société Hollandaise et Suisse . Plusieurs personnes sont mortes et continuent de mourir de ces déchets. Un tribunal de Londres a condamné le 17 juin le cabinet Leigh Day à dédommager les 4.752, après une plainte des victimes déposée le 27 août 2014, auprès de la haute cour de justice de Londres contre ce cabinet qui était en charge de la transaction financière, Chaque plaignant devait recevoir 750.000 francs CFA, selon l’accord. Cependant, les fonds n’ont pas été versés à toutes les victimes.

Prince Beganssou