Crise au FPI : Une si longue histoire (Acte 2)

La crise au FPI a pris une nouvelle dimension, une guerre pour le leadership qui oppose les pro-Affi aux pro-Gbagbo. Décryptage par le politologue Sylvain N’Guessan. Acte 2.

II-De Marcoussis au 22 mars 2019…

Le président Koulibaly claque la porte et rentre à Abidjan. Le premier ministre Affi reste à Marcoussis pour parapher l’Accord. Le ne s’en remettra jamais. Koulibaly est ovationné par la Ruecratie conduite par un certain Charles Blé Goudé. Koulibaly apparait comme le seul capable de garder le temple en l’absence du Maitre. Affi apparait comme le traitre, le nouveau Judas. Le président Gbagbo prend acte. Affi perd son poste de premier ministre au nom de l’Accord de Marcoussis… Il lui reste entre les mains la présidence du

Quand éclate la crise post-électorale, une sombre histoire a éloigné les présidents Koulibaly de Gbagbo. La gestion de la rébellion aura grillé tous les potentiels héritiers du président Gbagbo. Un nouveau visage est dorénavant au-devant de la scène : le ministre Tagro. Le ministre Bohoun a finalement perdu son poste ministériel après être passé au Plan. Parmi les 5 potentiels héritiers de la Maison Gbagbo, , sauvé in extremis, devient le ministre des infrastructures économiques, porte-parole du gouvernement. Alors que TOUT Abidjan se vide, il est perçu dans le bunker, juste quelques heures avant le moment fatidique. Des souvenirs qui comptent…

Le FPI perd la guerre. Tous ses cadres sont arrêtés ou en exil. Seul Koulibaly est libre de ses mouvements. Devenu président (par intérim) du FPI, il a maille à partir avec sa famille politique. Le Professeur Koulibaly claque la porte et crée LIDER, un parti prônant les Valeurs de l’Ecole de Chicago après avoir été la seconde personnalité d’un parti de Gauche. Plus tard, Affi est libéré. Il prend le contrôle du FPI, essaie de lui donner une nouvelle orientation (la parabole du cercueil sur lequel s’agrippent les orphelins et la veuve). Sangaré, le Gardien du temple, s’y oppose. 2 tendances voient le jour : une conduite par  ; l’autre par Sangaré.

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Le ministre Bohoun Bouabré rend l’âme. Ahoua Don Mello se promène de capitale en capitale ; manquant de peu d’être extradé depuis le Cameroun. Le ministre Lida, arrêté en exil, est extradé avant de bénéficier d’une amnistie ; comme la Camarade Simone. Elle est tout de même empêchée de décider de l’Avenir du FPI. Puis arrive la date du 22 mars 2019. Parti rencontrer le président Gbagbo en liberté sous conditions à Bruxelles, Affi en est empêché. Les communiqués fusent des 2 camps. Affi décide d’animer une conférence de presse. Il s’attaque VERTEMENT au président Gbagbo. Des valeurs sures de son Clan trouvent qu’il a franchi a ligne rouge. Les démissions débutent.

Signalons que le Professeur Barthélémy Kotchi a pris ses distances depuis belle lurette. Le Professeur Memel-Fotè n’est plus. Le premier Cercle qui semblait pouvoir faire fléchir le Camarade Laurent a disparu. Le Comité de contrôle n’est plus que l’ombre de lui-même depuis le congrès de 1996. Le FPI s’identifie de plus en plus à une seule personne : le président Gbagbo qui a décidé de reprendre SA chose. Affi ne peut tenir dans ce bras de fer. C’est une question de mois ; peut-être d’années. D’ici là, la Côte d’Ivoire attend TOUJOURS une vraie opposition qui puisse servir de contrepoids à l’actuel Exécutif…

NB : Cet article n’est qu’une lecture personnelle. Il peut y avoir des erreurs d’appréciation. L’objectif n’est pas de distribuer des points…

Sylvain N’Guessan, Institut de Stratégies