Détournement de deniers publics : « voici pourquoi on ne peut demander des comptes à Soro sur ce qu’il a fait des fonds de souveraineté que Gbagbo avait mis à sa disposition »

Grah Ange explique comment comprendre le budget et les fonds de souveraineté dans l’affaire Guillaume Soro, accusé de détournement de deniers publics.

Le budget de souveraineté est une tradition héritée du colonisateur français qui consistait en ce que le budget de la présidence de la République, pour des raisons historiques et non textuelles, échappait à tout contrôle. A l’initiative de président Nicolas Sarkozy, cette exclusion a été abandonnée en 2008 en France. Ce n’est pas le cas de la Côte d’Ivoire où elle a toujours cours.

Les fonds de souveraineté dont bénéficient certains Ministères ou Institutions, et c’est ce qui montre la malhonnêteté de l’accusation de détournement de deniers publics portée contre l’ex-PAN, sont des parties du budget de souveraineté que la présidence de la République met librement à leur disposition. Elle détermine aussi librement le montant qui leur est alloué.

LIRE AUSSI : Venance Konan: « C’est à Soro d’être un peu plus mature et de s’entourer de gens encore plus matures que lui »

Par conséquent, tous les Ministères où Institutions n’ont pas droit systématiquement à ces fonds dont l’accès et le montant sont tributaires de la qualité des relations que les personnes qui les ont en charge entretiennent avec le président de la République.

Soro et le détournement de deniers publics

Par conséquent, on ne peut demander des comptes au Premier ministre qu’était le Président Guillaume Soro, sur l’usage qu’il a fait des fonds de souveraineté que le Président Laurent Gbagbo avait mis à sa disposition. Il lui avait donc donné le droit d’en user comme il l’entendait et ne s’est jamais plaint jusqu’à aujourd’hui d’un quelconque détournement.

LIRE AUSSI: Mamadou Touré à Soro: « Ce n’est pas sur les réseaux sociaux qu’ont fait la politique »

Il est d’autant plus surprenant que le Président Alassane Ouattara prétende poursuivre son ex-Premier Ministre pour détournement de deniers publics alors qu’il a lui-même bénéficier, au moins deux fois, de la rénovation de sa maison, un bien privé, sur lesdits fonds, à la demande de son prédécesseur.

Il ferait mieux de s’intéresser aux fonds qu’il a lui-même mis à la disposition de son Premier ministre qui s’en sert au vu et au su de tout le monde pour débaucher des opposants politiques, ou faire des dons pour gagner des artistes à sa cause.

LIRE AUSSI : Saïd Penda: « Soro sait qu’il ne sera pas candidat en 2020, sauf à vouloir, une fois de plus… »

La procédure ouverte pour détournement de deniers publics recèle une forme d’immoralité difficilement supportable, surtout lorsqu’on sait qu’elle émane d’une personne qui occupe les plus hautes fonctions de l’État et qui continue lentement mais sûrement sa descente en enfer.

Personnalités liées avec l’article