Djiké Vincent dit non à Simone Gbagbo : « Nous ne voulons pas d’un monument aux morts à Duékoué »

Djiké Vincent, secrétaire général des ex-combattants Wê et ancien membre des Forces spéciales LIMA dit non au monument aux morts, proposé par Simone Gbagbo.

« (…) Nous avons fait la guerre, nous savons ce que cela implique. Notre rôle est donc d’aller sur le terrain pour sensibiliser nos jeunes frères et leur demander de ne pas écouter les hommes politiques qui tirent un malin plaisir à nous voir souffrir. 
Depuis 2002, il y a eu plusieurs crises dans ce pays. C’est toujours chez nous à l’ouest qu’il y a des tracasseries.

« 2020, zéro mort dans le grand ouest »

Nous, la jeunesse, sommes fatigués. Puisque c’est toujours la jeunesse qui est manipulée. C’est la jeunesse qu’on utilise. Il nous a paru donc opportun de lancer l’opération : « 2020, zéro mort dans le grand ouest ». 

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Nous voulons dire non, non partout en Côte d’Ivoire mais précisément dans nos régions de l’ouest. Nous ne voulons plus voir de sang couler dans notre zone.
(…) Surtout que c’est une zone où le chômage, le manque d’emplois est une réalité. Des politiciens trouvent alors un terrain fertile pour la réalisation de leur sale besogne. Les jeunes sont prêts à accepter des miettes, même au péril de leur vie, pour suivre des hommes politiques. 

Pas d’un monument aux morts à

(…) Nous ne voulons pas d’un monument aux morts à Duékoué. C’est une mauvaise inspiration. Qui veut réveiller la douleur de nos populations ? 
En 1970, on nous a parlé de la guerre en pays guébié. Là-bas, aucun monument n’a été construit. Pourtant a dirigé ce pays pendant 10 ans. Il pouvait le faire. Il ne l’a pas fait. Pourquoi c’est chez nous que Mme Gbagbo veut réaliser cela ? Les gens veulent réveiller les tensions chez nous à l’ouest. Ce n’est pas bon. On aurait applaudi des deux mains si elle avait annoncé la construction de routes, d’écoles, de centres de santé… mais un monument aux morts, Duékoué dit non.

On aurait applaudi des deux mains si elle avait annoncé la construction de routes, d’écoles, de centres de santé… mais un monument aux morts, Duékoué dit non

Le Cavally dit non. Le Guemon dit non. Tout le grand ouest dit non. Nous voulons dire à nos frères que les Wê ne sont pas des va-t-en-guerre. Il faut qu’on ait maintenant une autre image du peuple Wê. Nous sommes un peuple courageux. Nous avons plusieurs atouts. Essayons de les mettre en valeur que de compter sur la guerre. Nous voulons effacer cette période difficile »

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