Filière cacao en Côte d’Ivoire: voici le rapport de la Banque mondiale qui accable le régime Ouattara

Conclusion de la 9ème édition du rapport sur la situation économique de la Filière cacao en Côte d’Ivoire publiée le 11 juillet 2019 par la .

Intitulé « Au pays du cacao, comment transformer la Côte d’Ivoire », le rapport souligne que les réformes entreprises par le gouvernement pour améliorer le climat des affaires ont encouragé les entreprises à investir davantage en 2018. L’étude note toutefois que contrairement aux années 2012-2015, marquées par le dynamisme de l’ensemble du secteur privé, la reprise actuelle se concentre principalement dans les télécommunications, l’agroalimentaire et les bâtiments-travaux publics. Par ailleurs, les contributions des secteurs externe et publics ont été moindres en raison de la détérioration des termes de l’échange et de l’ajustement budgétaire initié par les autorités.

« À court et moyen termes, les perspectives restent solides avec, entre autres, une inflation maîtrisée, un déficit public qui devrait se redresser et une augmentation progressive des exportations », explique , chef des programmes de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire et principal auteur du rapport. « Plusieurs risques pourraient toutefois altérer ces prévisions, notamment ceux liés à la fragilité de la conjoncture internationale et des marchés financiers et, aux élections présidentielles de 2020 qui risquent d’inciter à la prudence des acteurs économiques et des consommateurs. »

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L’étude invite le gouvernement à porter une attention particulière à la maîtrise de ses comptes car bien que le déficit public ait diminué de 4,5 % à 4 % du PIB entre 2017 et 2018, cet ajustement s’est principalement traduit par des coupes budgétaires importantes, y compris la diminution des investissements publics, plutôt que par une mobilisation plus forte des recettes fiscales.

« La Côte d’Ivoire a une opportunité unique d’améliorer les conditions de vie de ses producteurs de cacao»

Partant du constat que le modèle économique de la Côte d’Ivoire repose sur le secteur agricole, notamment sur la filière cacao dont le pays est premier producteur mondial, le rapport s’intéresse à ce secteur. Il brosse un état des lieux inquiétant. Bien que les récoltes aient quadruplé depuis 1960 pour atteindre plus de deux millions de tonnes en 2018, les conditions de vie des producteurs ne se sont guère améliorées. En 2015, 54,9 % d’entre eux vivaient en-dessous du seuil national de pauvreté.

Rapport de la Banque mondiale sur la Côte d’Ivoire

En outre, cette augmentation de la production a été lourde de conséquences pour le patrimoine naturel de la Côte d’Ivoire avec une diminution alarmante des forêts qui n’occupent plus que 3 millions d’hectares contre 12 millions en 1960.

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Selon l’étude, ces défis représentent aussi une opportunité puisqu’ils donnent à la Côte d’Ivoire l’occasion de repenser l’ensemble de la chaîne de valeur du cacao pour transformer son économie. Elle propose trois axes d’intervention : miser sur la technologie pour accroître les rendements et passer d’une croissance extensive à intensive ; établir des mécanismes de traçabilité pour les acheteurs afin de garantir un produit responsable ; et enfin, développer l’industrie locale de transformation.

« Il est urgent de moderniser la filière cacao et de faire en sorte qu’elle devienne un véritable vecteur de croissance inclusive. »

« La Côte d’Ivoire a une opportunité unique d’améliorer les conditions de vie de ses producteurs de cacao et créer des emplois le long de la chaîne de transformation tout en restaurant son patrimoine naturel », souligne , directrice des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo. « Il est urgent de moderniser la filière cacao et de faire en sorte qu’elle devienne un véritable vecteur de croissance inclusive. »

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