Guillaume Soro peut-il devenir président, sans « gros diplômes » ?

Guillaume Soro diplôme

Pour certains, ne peut pas devenir président parce qu’il il ne serait pas bardé de gros diplômes. La réponse de Mamadou Traoré.

J’entends certains pourfendeurs de Guillaume Soro, logés au , le Restaurant national, pour tenter de le minimiser, dire qu’il ne pourra pas diriger ce pays parce que, disent-ils, il ne serait pas bardé de gros diplômes et qu’il n’aurait jamais travaillé de sa vie avant d’accéder aux hautes fonctions d’État qu’il a occupées.

Comme si ces deux atouts, selon eux, seraient le baromètre ou la mesure de la compétence d’un leader politique.
Oui d’un leader politique puisque c’est ce que Guillaume Soro est.

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Dois-je rappeler à ces derniers que pour diriger un pays il faut être un leader ?
Dois-je leur rappeler que pour diriger un pays comme la Côte d’Ivoire, il faut être un leader politique de haute voltige ?
Et Guillaume Soro l’est vu son parcours syndical et politique ponctué par des succès réguliers.

Dois-je rappeler à ces pourfendeurs de Guillaume Soro qu’il a succédé à la tête de la Primature à deux hauts diplômés ainsi qu’à deux hauts dirigeants administratifs ?
Je fais allusion à Seydou Diarra ainsi qu’à .
Toutes ces deux personnalités ont de grands diplômes.
Elles ont travaillé dans leur vie dans de grandes institutions avant de débarquer à la Primature.
Mais elles ont échoué à organiser les élections présidentielles. Pourtant, c’est le mandat et la mission que leur avait confié la communauté internationale.

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Guillaume Soro, lui qui n’a jamais travaillé dans une administration publique ou privée avant d’occuper de hautes fonctions d’État, lui qui n’est pas bardé de hauts diplômes comme eux, a réussi là où ils ont échoué.
En effet, il a réussi à diriger de main de maître la Primature et il a réussi à organiser les élections présidentielles de sortie de crise de 2010.
Savez-vous pourquoi ?
Parce qu’il est un leader de grande envergure.

Dans un pays comme la Côte d’Ivoire, traversé par des crises politiques incessantes, un grand professeur d’Université et un grand commis de l’État ne peut le diriger s’il n’a pas une once de leadership politique.
Et ce ne sont pas dans les grandes Universités ou même dans les grandes administrations que l’on acquiert ce leadership politique.
C’est sur le terrain.
C’est la confrontation quotidienne avec les réalités du terrain qui crée ce leadership politique.

Oui, avec, comme ils le disent sa licence en anglais, il a réussi là où les gros diplômés ont échoué.
Avec son MBA qu’il vient d’obtenir, il va réussir là où des docteurs ont échoué.

Si les diplômes étaient le baromètre pour qualifier les grands leaders politiques, pour ouvrir la voie au palais présidentiel, le professeur Wodié aurait été depuis longtemps Président de la République.
Mais nous savons tous qu’il ne fut pas un brillant leader politique.

Si l’expérience professionnelle administrative était le baromètre pour qualifier les grands leaders politiques, pour ouvrir la voie au palais présidentiel, le Ministre , grand fonctionnaire d’État qui a fait ses preuves dans l’administration publique et qui s’est présenté à l’élection présidentielle, serait depuis longtemps Président de la République.

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Ce qui a fait de Ouattara President de la République, ce ne sont pas ses diplômes ou son expérience professionnelle à la BCEAO ou au FMI.
C’est plutôt le leadership politique qu’il a développé.
Il en est de même pour qui n’était pas le plus grand diplômé de l’Université ou le plus grand commis de l’État.

Donc, pour parler comme les ivoiriens, votre affaire de diplôme là, laissez ça!
Votre affaire de travail là, laissez ça!
Car Guillaume Soro, de par les hautes fonctions qu’il a occupées, a aujourd’hui un amas d’expériences administratives qu’aucun, je dis bien, qu’aucun de ses potentiels adversaires, n’a.

En effet, il est le seul candidat parmi tous ceux qui vont se présenter à la candidature à l’élection présidentielle, a avoir occupé successivement un poste de Ministre d’État, de Premier Ministre et de Président de l’Assemblée Nationale.
Et de grands diplômés dans ce pays n’ont pas occupé l’un de ces postes.

Je met au défi quiconque est capable de me donner le nom d’un de ses adversaires qui a le même CV politique que lui.

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C’est pourquoi, pour parler comme les ivoiriens, YA PAS MATCH entre lui et ses potentiels adversaires en matière de leadership politique et en matière de CV politique.

Même Ouattara, l’actuel Président de la République, n’a pas eu le CV politique, je dis bien politique, de Guillaume Soro avant d’accéder au pouvoir.
En effet, contrairement à Guillaume Soro, il n’a pas été Ministre d’État, Député et Président de l’Assemblée Nationale.
Il a été seulement Premier Ministre. Guillaume Soro l’a été également.
Il a été Président d’un parti politique avec quelque députés et Maires.
Guillaume est également Président d’un mouvement politique avec quelque députés et Maires.
Il a été l’objet d’un mandat d’arrêt international en tant qu’opposant. Comme Guillaume Soro.
Il a été l’objet de persécutions permanentes en tant qu’opposant. Comme Guillaume Soro.
Il a été accusé,en tant qu’opposant, par ses pourfendeurs d’être à la base d’un coup d’État ou d’une rébellion. Comme Guillaume Soro.

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En tant qu’opposant, ses lieutenants ont été l’objet de limogeage en cascade et d’emprisonnement. Certains ont même été tués. Comme Guillaume Soro.

Mais la grande différence entre lui et Guillaume Soro se trouve dans leur orientation politique.
En effet, pendant que lui est un capitaliste ponctué de libéralisme froid, Guillaume Soro, lui est un social-democrate ponctué de socialisme à visage humain avec pour objectif de diriger le pays dans un climat de cohésion sociale et de réconciliation entre les ivoiriens.
Il ne commettra donc pas les mêmes erreurs politiques que Ouattara.
Il ne mettra pas, comme Ouattara, le social de côté.

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On me dira que si ce n’était pas par les armes, il n’aurait pas obtenu tous les postes politiques qu’il a eu.
Vous aurez mon analyse sur ce reproche qu’on lui fait dans mon prochain post et vous verrez que si ce n’était également pas par les armes, ni Gbagbo ni Ouattara n’auraient été Presidents de le République.