Interview de Kemi Seba avant son expulsion : « Voici pourquoi j’ai créé mon parti politique au Bénin »

Kemin Seba
Kemi Seba à Abidjan le dimanche 24 mars 2019

Présent en Côte d’Ivoire pour une série d’actions relatives à la souveraineté des Etats Africains, Kemi Seba a expliqué à IvoireSoir.net, les raisons de la création du Parti panafricain Béninois (PPB) et ses rapports avec Patrice Talon, le président de la République du Bénin. Une interview enregistrée avant son expulsion du territoire ivoirien décidé par le pouvoir d’Alassane Ouattara.

« La réalité politique béninoise qui se présente comme une démocratie à l’extérieur est en réalité beaucoup plus proche de la dictature que de la démocratie. Plus de 90% des partis politiques ont été interdit de concourir aux prochaines élections. On est dans une crise historique à l’heure actuelle au Bénin. Je fais partir de ceux qui pensent que Talon est un président extrêmement brillant et très stratège.

Je pense qu’il avait la possibilité de battre tous ses adversaires sans savoir recours à des moyens aussi frauduleux. Lorsque je suis arrivé au Bénin, Patrice Talon m’a proposé d’avoir une garde rapprochée parce qu’il sait que nous avons une très grosse audience en Afrique francophone et il ne voulait pas qu’il nous arrive quelque chose. Et, la deuxième version de sa proposition s’était de surveiller mes faits et gestes. Ainsi, il serait très au courant de mon programme d’action.

Ce que j’ai refusé. J’ai de très bonnes relations avec son fils Lionel Talon qui ne cesse de nous répéter que son père n’a aucun problème avec nous. Il n’est pas contre nous mais il n’est pas pour nous non plus. Et, que son combat à lui, c’est le développement du Bénin. Et, je lui réponds, qu’il ne peut pas avoir de développement sans auto-détermination et sans souveraineté.

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Etant donné que je suis reçu par les autorités dans plusieurs pays notamment en Russie, au moyen- orient et dans certains pays d’Afrique, je ne peux pas comprendre que dans mon propre pays …, oui on peut me recevoir, la nuit tombée mais qu’on ne soutienne pas publiquement une démarche qui est la nôtre et pourtant partagée par une grande partie de la jeunesse Africaine.

Et, nous-nous sommes dit que comme certains font la sourde oreille sur ces questions-là, nous allons leur forcer la main en imposant notre présence sur la scène électorale. C’est comme ça que nous avons eu des propositions de certains partis politiques visant à ce que nous puissions être têtes de listes dans les villes de Cotonou et de Calavi aux élections législatives qui tardent d’ailleurs à arriver.

Le PPB est en voie de restructuration. Dans une logique qui parait un tout petit peu dictatorial, si nous n’avons pas notre récépissé au plus vite pour fonctionner normalement nous reconsidérerons les différentes propositions. Dans tous les cas, nous présenterons des candidats par le biais des alliances avec d’autres organisations. Pas forcément moi, mais il y a des gens que nous présenterons au moment opportun ».

Roxane Ouattara

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