Jean Louis Moulot : « J’ai rencontré le roi des N’zima Kôtôkô, il m’a accordé sa bénédiction »

Jean Louis Moulot
Jean Louis Moulot

 parle. Pour la première fois, il s’ouvre à Ivoiresoir.net, à l’issue d’une rencontre avec des jeunes, le lundi 29 octobre 2018. 

Que s’est-il passé le 13 et le 14 octobre 2018 ?

Ce qui s’est passé le 13, le 14 et le octobre 2018, il faut bien le mentionner, le jour du scrutin, il y avait déjà des dispositions qui avaient été prises, il y a un schéma qui a été arrêté pour s’inscrire dans une logique de contestation des résultats. Avant même la proclamation des résultats  par la CEI, le candidat du (Georges Ezaley, NDLR), s’était autoproclamé vainqueur. Ce que je déplore est qu’il est en contradiction avec la loi et n’est de nature à pas maintenir le calme et la paix sociale à Grand-Bassam.

Que pensez-vous de vos partisans qui ont fêté avant la proclamation des résultats et des chiffres inversés par la CEI ?

Sur cette allégation relative à mes partisans, je voudrais inviter nos camarades du PDCI à ne pas être dans une logique de suiveurs. Même s’il était vrai que mes partisans avaient manifesté leur joie, ce qui n’est pas le cas. Nous avons patiemment attendu que la CEI proclame les résultats.

En ce qui concerne les prétendus résultats inversés, le candidat du PDCI-RDA, sur les trois candidats en lice, est le seul à contester les résultats et est le seul à avancer un chiffre fantaisiste qui ne repose sur rien. Puisque les procès-verbaux qu’il brandit, n’ont aucun caractère officiel, ils ne sont pas ceux de la CEI. Donc je m’étonne qu’il se fonde sur des documents qui n’ont pas de caractère officiel pour autoproclamer sa victoire.

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Que dites-vous des procès-verbaux signés par les représentants ?

Il connait la procédure aussi bien que moi. Il y a deux étapes. A la sortie des urnes, les PV qui sont cosignés par toutes les parties comportent des erreurs. C’est la procédure de consolidation qui permet de rectifier les irrégularités, pour parvenir à des chiffres cohérents. Sur la base des prétendus PV du candidat du PDCI, ils se sont livrés eux-même à des compilations qui ont donné tantôt des taux de 107%, tantôt des taux de 112%.

Qu’en est-il des recours déposés ?

Aucunement. Nous n’avons pas déposé de recours dans la mesure où les chiffres que nous avons coïncident, correspondent à ceux proclamés par la CEI et reconnus par le troisième candidat d’ailleurs qui nous a félicité. Le candidat du PDCI qui estime que les taux et les scores communiqués par la commission électorale à ceux qu’il a en sa possession, est libre de déposer des recours. C’est un acte républicain que je salue.

Quel était le message à l’endroit de la jeunesse bassamoise ?

Un message de paix, d’apaisement, je les ai invités à la patience, je les ai remerciés pour leur sagesse, parce qu’ils n’ont pas cédé à la provocation. Certains d’entre eux avaient souhaité organisé des contre-manifestations pour montrer que nous sommes majoritaires à Grand-Bassam. Je les ai invités à surseoir à cela, à ne pas occuper les rues, parce que cela est contre-productif. Il y a un organe qui est établi pour statuer sur les contentieux électoraux, la chambre administrative de la cour suprême. Nous faisons confiance aux institutions de notre pays. Nous attendons patiemment que la chambre administrative se prononce.

Qu’en est-il du soutien du roi à votre égard ?

Dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire où il existe des rois, chacun va solliciter la bénédiction et la caution morale du roi. C’est ce que j’ai fait. C’est ce qu’a fait le candidat du PDCI-RDA, c’est ce qu’a fait le candidat indépendant. Chaque candidat est allé voir les deux rois de Grand-Bassam, le roi des N’Zima Kôtôkô et le roi de Moossou. Je m’étonne aujourd’hui que le roi des N’Zima Kôtôkô soit brocardé par un groupe de jeunes de sa communauté, pour le soutien prétendu qu’il m’aurait apporté.

En aucun cas, le roi des N’Zima n’a animé de rencontre publique avec moi, il n’a assisté à aucun meeting et je ne me souviens pas l’avoir entendu s’exprimer en ma faveur. Je voudrais appeler les jeunes de Grand-Bassa particulièrement, ceux du quartier France, à respecter nos rois et chefs qui sont les garants de la tradition. Je les invite dans la pure tradition africaine à respecter les aînés, à ne pas ternir l’image du roi sur la place publique.

Il est dit que vous l’avez rencontré en compagnie d’une délégation de personnalités proche du vice-président qu’en est-il ?

J’ai rencontré le roi des N’Zima Kôtôkô à la cour royale, effectivement avec le ministre qui était candidat du qui comme moi, l’a emporté et il nous a accordé sa bénédiction, comme il a accordé sa bénédiction au candidat PDCI-RDA qui avait effectué la même démarche, comme il a accordé sa bénédiction aux autres candidats qui sont venus le rencontrer.

Il le fait pour l’ensemble des fils et des filles de Bassam, cela n’a rien de surprenant. Il l’a fait en 2013 pour le maire sortant qui était candidat du RHDP. Il l’a fait en son temps et cela n’a surpris personne. Je m’étonne aujourd’hui qu’il soit brocardé pour ce qu’il a toujours fait.

Prince Beganssou

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