Sit- in des 123 licenciés de Fraternité Matin : «Nous ne savons pas pourquoi nous avons été licencié» (Marceline Gneproust)

Les 123 employés du groupe Fraternité Matin concernés par le licenciement ont organisé un sit-in au siège de ladite maison le lundi 26 novembre 2018. Ils protestaient contre la décision de la direction.

Marceline Gneproust, Ebony 2012 et porte-parole du collectif qui est également sur la liste des licenciés s’est exprimé sur cette mesure en ces termes : «Un cabinet a été recruté par Fraternité Matin pour un audit de la situation économique de la maison. Le cabinet a établi 3 critères. Premièrement les emplois à faible valeur ajoutée notamment les chauffeurs et les techniciens de surface.

Deuxièmement, les employés peu qualifiés et troisièmement le personnel en situation particulière c’est-à-dire les grands malades et tous ceux qui ont une indisponibilité. Parmi ces trois critères, je le dis et je le répète, si je prends le cas des journalistes ne répondent à aucun. Nous ne savons pas pourquoi, nous figurons sur la liste des personnes déflatées par motifs économiques alors que les critères ne nous concernent pas. Les 98% pour parler de façon général ne nous concerne pas selon les critères qui ont été élaborés.

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Nous-nous posons la question de savoir pourquoi un licenciement. Fraternité Matin est l’entreprise de l’Etat en matière de presse c’est la pupille de l’Etat de Côte d’Ivoire. Il ne peut pas se passer des choses sans que nos autorités réagissent. C’est pourquoi nous les interpelons, nous leur demandons de regarder véritablement dans cette direction. Si vous voyez qu’il y a un licenciement pour motif économique et que les travailleurs crient, ce n’est pas parce qu’ils refusent le plan social mais c’est parce qu’ils dénoncent une irrégularité.

Nous gardons tout de même espoir que les autorités vont regarder dans notre direction. C’est ce que nous souhaitons d’ailleurs. Nous n’avons pas de plans particuliers. Nous voulons continuer à échanger avec les autorités afin que les départs soient faits dans la dignité. Dès que les négociations ont commencé, le conseil national du dialogue social a reçu le groupe Fraternité Matin, les représentants et les syndicats. Il a été établit qu’il soit mis en place un comité tripartite des travailleurs, de Fraternité Matin et de l’Etat de Côte d’Ivoire pour qu’ils discutent ensemble des conditions de départ.

Tout cela n’a pas été respecté ». Les 123 travailleurs du quotidien gouvernemental Fraternité Matin dont 11 journalistes ont été licencié mardi 20 novembre 2018. Selon certains d’entre eux, le vrai motif c’est d’avoir critiqué la gestion de Venance Konan, le directeur général. «C’est tout sauf pour des motifs économiques», s’est exprimé un d’entre eux.

Roxane Ouattara

Gouvernance par la punition à Fraternité Matin : Quand Venance Konan licencie une Super Ebony

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