Affoussy Bamba : « Le tort de Lobognon est de s’opposer à un 3è mandat anti-constitutionnel de Ouattara »

Affoussy Bamba

très amère après la condamnation du député dont était l’une des avocates ce mardi 29 janvier 2019. Pour elle cette « parodie de procès » est un « procès politique ».

Notre client a été convoqué en sa qualité de député de , de la nation ivoirienne. Donc lorsqu’il a été interpellé, il y est allé avec son écharpe. Il arrive au procès, pour nous parallélisme des formes il porte son écharpe. On lui demande de l’enlever c’est une observation qui n’est basée sur aucun texte de droit je le rappel.

Et le président du tribunal décide d’une suspension d’audience et revient après cette suspension pour nous dire effectivement qu’il préfère notre client retire son écharpe. Pour ne pas en faire une polémique, il a décidé de se plier, d’obtempérer. Nous avocats, déposons des exceptions qui étaient écrites et le président nous dit qu’il ne rend pas de décisions par rapport à ces exceptions qui sont soulevées mais allie au fond les exceptions, pour juger le tout.

On dit non, ces exceptions concernent votre incompétence donc nous on ne peut pas aller au fond. Parce qu’on estime que vous n’êtes même pas compétent pour vous prononcer sur le fond. Donc qu’est-ce qu’on fait ? On avait pas d’autre choix que se retirer. Donc au regard de tout ça, est-ce qu’on peut valablement se poser la question si oui ou non c’est un procès politique ? Mais bien sûr que c’est un procès politique et nous on le dit très haut.

C’est un procès politique tout simplement parce que monsieur Alain Lobognon est un proche de Soro Guillaume. Parce qu’Alain Lobognon s’est prononcé contre la tentative de vouloir faire un troisième mandat du président de la république que nous réfutons absolument parce que la constitution de la république de Côte d’Ivoire ne lui donne pas le droit de faire un troisième mandat.

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Pour nous les choses sont claires et le débat est clos. A la limite, on a pas besoin d’argumenter plus que de raison sur ces questions parce que la constitution est très claire, elle est fermée. Je rappelle que le président de la république au moment de l’adoption de cette constitution a dit : « Je ne suis pas concerné par la constitution donc vous pouvez la voter ça ne me concerne pas ».

Donc il ne peut pas par derrière venir nous dire je peux fouler mes principes aux pieds et si la situation politique le requiert, je vais me présenter à un troisième mandat. Non, la situation politique même si elle était extraordinaire ne peut pas vous autoriser à faire un troisième mandat parce que nous avons une constitution.

Donc sur cette base si le fait de le dire fait de vous un prisonnier politique, on comprend alors pourquoi notre client est aujourd’hui déféré à la Maca et pourquoi ce procès s’est transformé en parodie de procès parce qu’en réalité, il n’a pas été jugé sur les pièces, sur les éléments sur lesquels les avocats ont débattu. Il a été jugé parce que le juge avait déjà pris partie donc déséquilibre dans la conduite de l’audience.

« nous avons rappelé les textes de loi donc ce ne sont pas des arguments que nous avons avancé comme ça parce que cela nous plaisait bien »

D’ailleurs nous avons rappelé les textes de loi donc ce ne sont pas des arguments que nous avons avancé comme ça parce que cela nous plaisait bien mais c’est sur des textes de loi. La loi de 2005, en tant qu’ancien membre du gouvernement, en tant que député il y a eu une décision qui a été prise par le bureau de l’assemblée nationale présidée par le président lui-même c’est-à-dire Guillaume Soro qui a demandé la suspension des poursuites.

Cette fois, on ne va pas dans le sens de la décision qui a été rendue par le bureau du président de l’assemblée nationale, mais plutôt de dire on continue les poursuites. Mais à ce moment, la question qu’on peut se poser pourquoi vous l’avez fait il y un an ? Le 29 janvier jour pour jour, en 2018, pour un autre député. Et là le bureau de l’assemblée nationale avait pris une décision mais par le vice-président qui présidait les travaux, qui a pris une décision de demander la suspension des poursuites.

Et là le même procureur dit OK l’assemblée nationale a pris cette décision, moi je me range à ce que l’assemblée nationale a dit effectivement j’arrête les poursuites. Mais pourquoi là on ne le fait pas ? On nous dit qu’il y a une décision qui a été brandit par le procureur qui a été prise par le vice-président de l’assemblée nationale qui va en contradiction à celle qui a été prise par le bureau de l’assemblée nationale présidée par le président.


« nous battre avec les armes juridiques et si on veut que ce pays aille n’importe où je crois que la décision revient au président de la république »

Entre un vice-président de l’assemblée nationale et le président de l’assemblée nationale qui représente l’institution ? Est-ce qu’à partir de là vous pouvez me poser la question de savoir si on est dans un procès politique ou pas ? Nous sommes très clairement dans un procès politique et nous allons nous battre avec les armes juridiques et si on veut que ce pays aille n’importe où je crois que la décision revient au président de la république.

Parce que manifestement ce magistrat était aux ordres nous l’avons tous compris. On nous dit qu’il y a eu un tweet qui a été fait. Le tweet est encore sur sa page certes, mais ce n’est pas le tweet qui est condamnable, c’est la conséquence du tweet.

Quelle est la conséquence du tweet en l’occurrence ? Puisque justement le tweet est toujours sur sa page. Le tweet a entraîné que le pays rentre en guerre ? Le tweet a entraîné que les gens viennent devant le palais ? Arrêtons ! Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage. C’est de ça qu’il s’agit.

Propos retranscrits par Prince Beganssou

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