Attaque d’Attienkaha : 600 habitants « réfugiés » à l’école primaire, les enquêtes au point mort

Suite aux événements d’ dans le département de survenus après la disparition d’un jeune chauffeur dans ce village, les élus et cadres de ont animé point-presse. C’était hier au Palm club hôtel de Cocody. C’est l’avocat Me qui a lu la déclaration signée par le Général doyen des cadres et élus de . , maire de Katiola, , vice-président du conseil régional, ont tous pris part à cette rencontre. Ci-dessous l’intégralité de la déclaration.

Dans la semaine du mercredi 22 au mardi 28 août 2018, le village d’Attienkaha, Sous/préfecture de Timbé dans le Département de Katiola, Région du Hambol, a été le théâtre de deux graves événements : la disparition d’un jeune chauffeur dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 août; suivie, en représailles, du pillage et de l’incendie dudit village dans la journée du mardi 28 août 2018.

Aussi, nous-élus et cadres de Katiola – faisons, à l’endroit de la communauté nationale et internationale, la présente déclaration autour de l’exposé des faits(i) et de la precarite actuelle de la cohesion socialE (II).

I-L’exposé des faits

Les faits, tels que rapportés, sont les suivants :

I-1) Premier fait

-A la suite d’une activité récréative de football le lendemain de la fête de la Tabaski à Katiola-ville, des joueurs de football du village de (voisin de quatre Kms d’Attienkaha, sur le même axe routier) sont ramenés dans leur village () par un jeune chauffeur – transporteur.

-Et, sur le chemin du retour en pleine nuit, ce jeune chauffeur n’est jamais arrivé à destination à Katiola-ville.

-Le lendemain, Jeudi 23 août 2018, les recherches effectuées, ce jour-là et les jours suivants, à la fois par les Chefs des villages (Kasseme et Attienkaha) et les services de la gendarmerie nationale de Katiola sont restées vaines.

-Au moment où nous produisons cette déclaration, le chauffeur est toujours porté Disparu.

-Nous ne disposons, à ce jour, d’aucune information plausible du côté des services enquêteurs de la gendarmerie, sur cette disparition mystérieuse.

I-2) Deuxième fait

-Les jours suivants, des tractations et concertations sont initiées par les Autorités administratives de Katiola en vue, d’une part, de rendre diligentes les enquêtes de la gendarmerie locale sur la disparition du chauffeur; et d’autre part, de contenir des velléités de représailles pressenties chez certains individus à Katiola-ville.

-Le mardi 28 août 2018 au matin, soit pratiquement une semaine après la disparition du chauffeur, malgré les concertations sus évoquées ;

-Et, alors que la plupart des habitants du village d’Attienkaha sont dans les champs, une horde de personnes, en provenance de Katiola-ville, envahit ledit village sis à quatorze (14) kms du Chef-lieu du département.

-Munies de divers moyens et surtout d’armes blanches et de liquides inflammables, ces personnes pillent et incendient les cases, maisons et boutiques ;

-Les animaux domestiques (chèvres, cabris, moutons, volailles …) sont pris et acheminés, comme des trophées, à Katiola-ville.

-Le bilan provisoire de cette action de représailles, outre les animaux domestiques, est le suivant :

-Tous les biens de personnes et du village pillés ou brûlés ; deux cent dix (210) cases incendiées ; quinze (15) maisons vandalisées ; six cents (600) personnes sans abris en pleine saison pluvieuse – actuellement « réfugiées » à l’école primaire du village d’Attienkaha; quelques habitants recueillis dans des villages voisins ; trois cents (300) écoliers et cent cinquante (150) élèves sans fournitures scolaires, etc. Heureusement, aucune perte en vies humaines n’est à déplorer.

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-Nous ne disposons, à ce jour, d’aucune information plausible du côté des services enquêteurs de la gendarmerie, sur les auteurs de ces actes criminels.

Ainsi, relativement à la gravité de ces deux faits que rien ne justifie, commis dans un Pays de Droit, nous – élus, cadres et populations du département de Katiola – Condamnons avec la plus grande énergie, à la fois, la mystérieuse disparition du chauffeur-transporteur et les actes de représailles perpétrés en violation des lois de la République ;

Demandons aux populations, tant des terroirs villageois que de Katiola-ville, de se mettre à la disposition des Autorités administratives pour aider à l’aboutissement des enquêtes et à l’éclatement de la vérité ;

Souhaitons ardemment  que, dans un cas comme dans l’autre, les enquêtes des services de la gendarmerie aboutissent le plus rapidement possible ;

Suggérons fermement que les personnes  impliquées dans les deux faits subissent la rigueur des lois de la République ;

Refusons clairement, l’installation pernicieuse d’une impunité en rapport avec les comportements délictueux d’une frange de la population dans le département de Katiola ;

Appelons instamment les populations du département de Katiola, toutes communautés confondues, à afficher un comportement digne et à rester fidèles à la culture de la paix qui a toujours caractérisé notre région

Sollicitons auprès de toutes les bonnes volontés des actions de solidarité et d’aide à l’endroit de la famille du « porté disparu » et des populations sinistrées d’Attienkaha.

II- La précarité actuelle de la cohésion sociale 

-Au regard des évènements sus relatés, l’atmosphère sociale dans le département de Katiola est actuellement délétère.

-D’une part, les communautés villageoises aux environs du théâtre des faits (Kassémé, Attienkaha et Kowara) se regardent en chiens de faïence en s’accusant mutuellement de la survenue des faits en question ;

-D’autre part, l’ensemble des communautés du département de Katiola, tant celles résidant en ville que celles des villages, vivent dans une sorte de paix sociale précaire où la moindre étincelle, le moindre prétexte ou la moindre rumeur peut entrainer des conflits identitaires.

Aussi, indépendamment des actions et rapports des autorités administratives locales, voudrions-nous :

1-Solliciter la prise en main diligente du problème par les Autorités gouvernementales à travers :

Le renforcement de la sécurité dans la ville de Katiola et dans les contrées des villages;

Une action gouvernementale d’assistance aux populations sinistrées relativement aux bilans décrits plus haut.

2-Encourager les Autorités administratives (Préfet, Sous-préfets) et traditionnelles (Chefs de cantons, Chefs de villages) locales à persévérer dans une synergie d’initiatives et d’actions pour la restauration de la cohésion sociale dans le département de Katiola.

Fait à Abidjan, le 18 septembre 2018

Pour et au nom des Elus et cadres de Katiola

Général Gaston Ouassenan Koné, Doyen des cadres du Département de Katiola

Katiola : Comment le village d’Attienkaha a été incendié suite à la disparition d’un chauffeur

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