Candidatures d’Affi et de KKB validées : ce qu’il faut savoir

Lundi 14 septembre 2020, le Conseil constitutionnel valide la candidature d'Affi et celle de KKB, pour la présidentielle. Une analyse de Malan Aka.

Ouattara a beaucoup peur du dégât que l'union de l'Opposition derrière un seul candidat fera à son projet de maintien au pouvoir. Pour ce cela, après avoir pris le soin d'écarter ses plus farouches adversaires ( et ), l'objectif de Ouattara est de réduire considérablement l'impact du candidat Henri Konan Bédié sur les chiffres prévus pour annoncer la victoire du - au premier tour de la .

Mathématiquement, pour gagner au premier tour d'une élection, il faut moins de candidats en lice. Le choix des 04 candidats effectué par le sur les 44 en lice n'est donc pas fortuit. Quelles sont alors ces 04 personnes qui doivent constituer le quatuor de candidat ?

1). : au vu de sa très grande influence sur ce conseil constitutionnel dont les membres sont essentiellement partisans de la cause de son parti politique.

2). Henri Konan Bédié : le principal challenger dont la force de frappe du parti et l'éligibilité ne souffre d'aucune ambiguïté. Où trouver les 02 autres personnes ?, , , tous des ex-alliés déçus de Ouattara.

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En plus, ils ont tous une partie de leur électorat au RHDP : donc éliminés. , de son coté, a un électorat diffus au vu de sa politique d'ouverture basée sur la promotion de son projet de société aussi bien alléchant que sujet à polémique. Il a pu se faire des admirateurs dans tous les camps : c'est risqué pour le RDR-RHDP qui veut conserver son électorat.

Il faut préciser que le profile d'adversaire recherché par le RDR-RHDP est le suivant :- Être capable d'avoir des voix considérables au sein des sphères Pro-Gbagbo et Pro-Bédié. D'où la validation des candidatures de dit ‘'' et d'Affi N'Guessan.

3). Le choix de KKB : La rébellion politique de Kouadio Konan Bertin dit ‘'KKB'' contre le est sue de tous. C'est même à ce titre qu'il sa famille politique pour faire cavalier seul. Ouattara va donc mettre cette  »rébellion » à profit.

En acceptant la de KKB, Ouattara sait qu'il peut ‘'désorganiser'' l'électorat du PDCI- puisqu'il a des racines au sein de la jeunesse de ce parti. KKB le fera même s'il est déjà convaincu qu'il ne pourra pas remporter ces élections ; surtout qu'à la présidentielle de 2015, il n'a eu que 03% face à Ouattara.

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Son acceptation dans cette , malgré la rude épreuve de parrainage qui a éliminé plus influent que lui, a essentiellement pour but de le voir mener une ‘'contre-campagne'' au sein de la population électorale du candidat du PDCI-RDA. Vous remarquerez, à cet effet, que pendant sa campagne, KKB ne manquera jamais de calomnier le président Henri Konan Bédié en le qualifiant de ‘'Roi'' du PDCI.

Dans ses meetings, il justifiera à mainte reprise le motif de son départ par un quelconque refus de Bédié de passer le flambeau à la nouvelle génération du parti. En un mot, l'attitude de KKB dans cette élection s'apparentera à un règlement de compte contre le président Bédié qui est le principal challenger de Ouattara.

4). Le choix d'Affi N'Guessan : Affi N'Guessan représente 09% de l'électorat de la présidentielle de 2015. Ces 09% sont en réalité des partisans du président Laurent Gbagbo qui de toutes les faç ne voteraient en aucun cas pour le RDR-RHDP. Ouattara peut ainsi se réjouir de faire en sorte que ces 09% ne servent pas non plus à gonfler les chiffres de Bédié.

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Rappelons que Ouattara veut annoncer sa ‘'victoire'' dès le premier tour de la présidentielle. Cela dit, la candidature d'Affi N'Guessan (en 2020) est perç comme un facteur de ‘'désorganisation'' de la sphère Pro-Gbagbo dont nombre de ceux-ci qui n'hésiteront pas à donner leurs voix au candidat Bédié.Pendant sa campagne, Affi il ne manquera aucune occasion à faire croire fallacieusement à son auditoire que son rapprochement de ces derniers mois au président Laurent GBAGBO fait de lui le candidat qu'il soutient.

Et que sa candidature est placée sous le signe du retour de Laurent GBAGBO et de tous les exilés politiques, et aussi de la de tous les . Mieux, il dira à qui veut l'entendre qu'il est temps que les partisans de Gbagbo mettent fin à leurs querelles en interne pour libérer la Cote d'Ivoire des mains de Ouattara.

L'hésitation de plusieurs d'entre eux, au vu de la souffrance des ivoiriens qui perdure, les désorganisera et énuera la force de frappe qu'un soutien total des irréductibles Gbagbo pouvait apporter de bien au candidat Bédié.En résumé, les candidatures de KKB et d'Affi N'Guessan ont été accepté pour ‘'désorganiser'' les voix de l'Opposition afin de légitimité une probable victoire de Ouattara à la présidentielle de 2020 dès le premier tour.

Et comme j'ai l'habitude de le dire : ‘'Celui qui viole la Constitution pour une élection ne va pas à cette élection pour la perdre''. Ce qui signifie qu'Affi et KKB sont tous les deux convaincus qu'ils ne gagneront jamais face à Ouattara dans cette élection à sens unique. Ouattara déroule dès à présent sa propre carte sans la bénédiction de la communauté internationale. C'est à un passage en force que nous assistons.

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La balle est désormais entre les mains de l'Opposition qui est contrainte à mener des actions fortes pour mettre fin au projet  »terroriste » de Ouattara. En l'état actuel des évènements, la tenue de ces élections dans ces conditions légitimerait facilement la victoire de Ouattara même s'il venait à tricher.

L'Opposition doit hausser le ton sur les grands axes de sa lutte pour des élections apaisées, démocratiques et transparentes : notamment sur les sujets comme le toilettage de la Commission Electorale, sur l'audit international de la , sur le report de la présidentielle à une date consensuelle, et sur l'ouverture du dialogue ‘'Parti au pouvoir – Opposition'' placé sous l'égide de l'.N'oublions pas que l'absence de consensus conduit au désordre. Les semaines à venir seront décisives.

Written by Malan Aka

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