Conflit communautaire à Marabadiassa : A l’origine, un manque de communication de l’administration

Un conflit inter-ethnique a eu lieu dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 Octobre 2018 entre les communautés de et les jeunes des villages de Bemplo et Allokokro dans la sous-préfecture de Marabadiassa suite à un conflit foncier. Une rencontre de sortie de crise organisée par , préfet de a eu lieu le mardi 30 Octobre 2018 entre les belligérants à la suite de laquelle il a été décidé de la suspension du processus de délimitation du territoire des villages.

Le foyer des jeunes de Marabadiassa hautement sécurisé, a servi de cadre à cette rencontre au cours de laquelle tous les protagonistes ont été invités par le préfet à prendre la parole pour dire leur part de vérité sur la question de la délimitation des terres. A en croire le sous-préfet de Marabadiassa, Casimir Boua, «le chef de village de Marabadiassa n’a pas accepté d’adhérer au processus. C’est pourquoi, la population de Marabadiassa s’est opposée ». Et d’ajouter, « la situation est calme mais d’une précarité visible ».

Rappelant ce qui avait été décidé pendant la première rencontre, le sous-préfet de N’Guessankro, Ladji Mory dit ceci : «on avait essayé d’expliquer le processus de délimitation du territoire des villages sur la base de la loi. Après les concertations, il y a eu deux grands points qui sont pour le premier qui était que le chef de village de Marabadiassa laisse l’opération se dérouler, et que son opposition soit formulée au moment précis prévu par la loi étant donné que l’état prévoit des oppositions.

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Ensuite comme il y a des oppositions sur le terrain, on a prévu une rencontre à la fois avec les dignitaires et cadres pour qu’un minimum de cohésion, et de sensibilisation soient fait pour que l’opération se déroule dans la paix et dans la quiétude ». « Suite à l’opposition formulée par le chef de village de Marabadiassa, la réunion était vraiment tendue ce jour-là », a reconnu le sous-préfet de N’Guessankro.

Le chef du village de Marabadiassa, , affirme son opposition à la méthode utilisée dans le processus de délimitation : « moi je ne suis pas d’accord, j’ai souhaité qu’on se rencontre et qu’on se parle. Je ne m’oppose pas au processus ni à la loi. Mon problème est que pourquoi mon village et toute la sous-préfecture sont exclus du processus alors que c’est une opération nationale ? » Et de faire remarquer, « je n’étais pas informé de l’opération de bornage qui se déroulait et qui a occasionné tout ça ».

« Ce n’est pas un problème de délimitation car il n’y a en a pas pour le moment entre et Marabadiassa», explique pour sa part , chef de village de Blemplo. «C’est un problème personnel qui est entre Bema et moi », assène-t-il. Le directeur régional de l’agriculture et du développement rural de la région de Gbêkê, , acteur du processus de délimitation, donne des précisions, « ce sont tous les villages de la Côte d’Ivoire qui seront concernés.

Une sous-préfecture peut ne pas être délimitée ; cependant, des villages de cette sous-préfecture peuvent être pris en compte par le programme. Quand on dit que Marabadiassa n’est pas concerné, ça ne veut pas dire que les villages de Marabadiassa ne le sont pas ». Pour trouver une solution définitive à ce problème intercommunautaire, l’arrêt du processus de bornage a été ordonné par Djed Mel, préfet de Béoumi.

À la fin de la rencontre, le président des jeunes de Blemplo, Célestin Kouamé Brou et celui de Marabadiassa, Aboubacar Diabaté ont promis devant les autorités de faire la paix. Une rencontre est prévue à Bouaké les jours à venir entre tous les belligérants afin de trouver un terrain d’entente. Les habitants d’Allokokro avaient connu une journée particulière le samedi 27 Octobre 2018.

Un affrontement d’une extrême violence avait eu lieu entre les communautés Baoulé et Malinké à la suite d’un conflit foncier entre les jeunes de Bemplo et ceux de Marabadiassa à la suite d’un processus de délimitation desdits villages, entrepris par le ministère de l’Agriculture et du développement rural. Le bilan faisait état de 7 blessés dont 3 par balles et de nombreux dégâts matériels (destructions et incendies des maisons, etc).

Karina Fofana

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