Le commandant Abéhi libéré ? Ouattara a-t-il donc violé sa propre amnistie ?

Jean-Noël Abéhi a été libéré ce mercredi 8 août 2018
Jean-Noël Abéhi a été libéré ce mercredi 8 août 2018

Le commandant libéré ? Ce serait la surprise du jour. Ce mercredi 8 août 2018, dans la ferveur de la libération de , de , d’ et de , l’ancien officier supérieur aurait été mis en liberté, selon diverses sources. 

Habillé d’une chemise colorée cousue dans un pagne catholique, Jean-Noël Abéhi a été montré accueilli à son domicile, par des proches. De vieilles images, selon d’autres sources qui démentent sa mise en liberté. L’état-major ne confirme rien. Cet ancien commandant du Groupement d’escadron blindé (Geb) du camp de gendarmerie d’Agban dont les proches disent qu’il a renforcé sa foi, en prison, était l’un des piliers du pouvoir de .

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Déterminé et courageux, il avait défendu le camp d’Agban qui n’a jamais basculé entre les mains des ex-Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, armée pro-Ouattara). En janvier 2018, lors de son deuxième procès (il avait déjà été condamné en 2015, à cinq ans de prison, pour désertion), il avait adopté une défense pour le moins curieuse.

En effet, il s’était présenté comme le militaire déserteur qui voulait plutôt sauver le pouvoir d’, contre d’autres militaires déserteurs, alors en exil, comme lui au Ghana. Le tribunal l’avait cependant condamné à dix ans de prison ferme. La sortie d’Abéhi est en contradiction avec la déclaration d’.

Publication de la liste des bénéficiaires

Le 6 août, le chef de l’Etata avait précisé que « cette amnistie bénéficiera à environ 800 de nos concitoyens, poursuivis ou condamnés pour des infractions en lien avec la crise postélectorale de 2010, ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011, date de ma prestation de serment en qualité de Président de la République. Cependant, une soixantaine de militaires et de membres de groupes armés ayant commis des crimes de sang ne seront pas concernés ».

Sur sa page Facebook, l’analyste politique , soupçonnant un traitement au faciès, avait réclamé la liste des bénéficiaires de la mesure présidentielle, prévenant que l’on serait sans doute surpris d’y voir certains noms. Il avait été violemment attaqué par des cyberactivistes du . Mais si cette information s’avérait, les faits seraient en train de lui donner raison.

Elvire Ahonon

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