Me Agathe Baroan (avocate de Gbagbo) : « Après 7 ans de prestidigitation de la procureure, on découvre les ficelles »

Me Agathe Baroan, avocate de Laurent Gbagbo
Me Agathe Baroan, avocate de Laurent Gbagbo

, de l’équipe de défense de , a pris la parole, dans le procès de et de Charles Blé Goudé. Morceaux choisis.

 Nous ne pouvons pas parler de 2010 et 2011 sans parler de 2002. En Côte d’Ivoire, nous pensons que 2011 est la suite de 2002. Et en Côte d’Ivoire, on dit que c’est le Coup d’État le plus long du monde. Pour la Côte d’Ivoire, il faut écouter et comprendre les Ivoiriens. Tout ce que les témoins ont dit est bien différent de ce que vous présente le procureur. Le procureur s’y est pris maladroitement.

« Le procureur tente de réécrire l’histoire de la Côte d’Ivoire. »

Nous pensons que le procureur modifiera son narratif. L’accusation n’a rien entendu et elle continue de servir des récits qui ne correspondent en rien à la réalité. Le procureur tente de réécrire l’histoire de la Côte d’Ivoire. A quoi avons-nous droit à ce début de procès ? Comme si les témoins de l’accusation n’étaient jamais venus ? C’est quand même la priorité d’un procureur d’une Cour pénale dite internationale ?

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Honorables juges, les témoins du procureur ont donné les informations sur l’histoire de la Côte d’Ivoire que le procureur voulait cacher. Les témoins ont éclairé les rayons ténébreux qui voulaient éteindre la lumière de votre juridiction. Le procureur n’avait qu’à reconnaître qu’il a échoué. Le procureur ne peut rester dans cette obscurité sans en être inquiété. Présenter des faits dans un contexte différent, nous éloigner inéluctablement des faits qui se sont passés.

« Après 7 années de prestidigitation, nous pouvons dire qu’aujourd’hui on découvre les ficelles. »

Pourquoi cette obsession à présenter la Côte d’Ivoire divisée ? Pourquoi cette approche ? Pourquoi créer des frontières artificielles entre les gens ? L’humour du peuple ivoirien ne peut entrer dans le moule des foyers tribaux. Les tentatives pour le faire ont été vaines jusqu’à maintenant. Au fur et à mesure des témoignages, la thèse du procureur s’est effritée. Une thèse sans substance ne représente plus rien. Après 7 années de prestidigitation, nous pouvons dire qu’aujourd’hui on découvre les ficelles. La réalité en Côte d’Ivoire est bien plus complexe que ce que nous sert l’accusation. En Côte d’Ivoire, les crises ne sont pas l’effet des communautés, elles ne sont rien d’autre que l’ambition de ceux qui ont recours aux armes’’ a-t-elle affirmé.

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