Mévente du caoutchouc : Voici ce qu’on ne vous a pas dit

, président de l’Association des exportateurs de caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire () a organisé ce vendredi 17 août 2018, au siège de leur association, une conférence de presse. Il a expliqué la mévente du caoutchouc et proposé les solutions palliatives.

Les planteurs d’hévéa, qui a un moment donné, ont constaté que les usiniers n’ayant pas la capacité de transformer toute la production nationale, ont jugé utile de mettre en place une structure pour les soulager. D’où la naissance de l’AEXCI. En collaboration avec les autres ministères, un arrêté ministériel a été pris pour l’exportation du caoutchouc de manière légale.

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Depuis 2013, l’exportation se faisait sans arrêté ministériel. En décembre 2017, l’arrêté a été pris et modifié en mars 2018, pour permettre l’exportation partout en Côte d’Ivoire. Décret dans lequel il est stipulé que l’association a le droit d’exporter 120000t/an pour éviter une pénurie au niveau des usines nationales. De toute la production du pays qui avoisine aujourd’hui un million de tonnes, ce ne sont que  45% de cette production qui sont transformées.

Cependant, force est de constater que le caoutchouc n’est plus acheté en Côte d’Ivoire. Pour Samuel Mobio, La cause majeure, est que les  armateurs expliquent que le transport du caoutchouc humide pose problème. Non seulement il salit le bateau, mais peut détruire ou contaminer les produits consommables. Donc depuis près de trois mois, ils en ont arrêté le transport. « Aujourd’hui, nous avons près de 20 000 tonnes de produits en stock », a-t-il déclaré désemparé. Et d’ajouter que ce phénomène a fait perdre plus de 650 millions d’Euros aux armateurs dans un courrier à leur adresser et qu’ils veulent leur imputer.

« les armateurs refusent de transporter parce qu’ils ont des craintes dues à ce dont nous parlions en haut. La vente stoppée, l’achat ne peut donc plus se faire »

S’il est vrai que les contrats à l’étranger peuvent leur permettre de vendre cette production stockée qui d’ailleurs l’a déjà été, malheureusement les armateurs refusent de transporter parce qu’ils ont des craintes dues à ce dont nous parlions en haut. La vente stoppée, l’achat ne peut donc plus se faire. Face à ce problème, en collaboration avec le ministère de l’agriculture qui les soutient, une nouvelle procédure d’exportation a été élaborée et est en cours d’amélioration.

De ce fait,  des sites de mûrissement ont été trouvés. Cette procédure consistera  à charger les containeurs sur les lieux d’approvisionnement, ensuite à les stocker soit dans le port d’embarquement ou un site préalablement trouvé. Au bout d’une semaine, la teneur en eau du caoutchouc aura diminué. Interviendra alors la fumigation faite par les techniciens toujours en collaboration avec le ministère pour éliminer toutes les larves. Cette technique pourra certainement régler le problème.

En outre, des entreprises spécialisées dans la qualité des produits ont été contactées pour voir dans quelle mesure elles pourront mesurer le taux d’humidité tolérable dans les produits. Une opération suivie de bout en bout par le ministère de tutelle qui aboutira à la délivrance d’une attestation d’exportation ou d’embarquement, gage de respect de toutes les procédures élaborées. Ceci va rassurer l’armateur qui pourra accepter de prendre le produit.

«  Ils nous ont d’ailleurs signifié que dans les jours à venir, ils vont reprendre leurs activités. Ce qui va permettre à l’association d’absorber tous les stocks en souffrance avec les planteurs », a dit le président de l’AEXCI confiant.

Il terminé en posant le problème des 120000t/an à leur imposer, car cette quantité est insuffisante pour eux « Le souci était que si on nous laisse exporter toute la production, parce que les exportateurs ont les moyens de le faire, il peut arriver que les usines n’aient pas de matières premières d’où cette limite. Malgré cette mesure les usines ne peuvent toujours pas transformer. Donc dans les mois à venir, nous allons nous battre pour faire sauter ce verrou », a-t-il conclu.

Prince Beganssou

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