Soro au RDR : « Ceux qui pensent qu’ils vont monter le Nord contre moi se trompent »

Guillaume Soro

Une délégation de chefs Atchan du village d’Abatta était le mardi 19 février 2019 à la résidence de Marcory de pour lui rendre visite. Il s’insurge contre ceux qui disent qu’il va prendre le pouvoir au nord pour le remettre à Henri Konan Bédié. Larges extraits.

Les gens disent « Guillaume vient prendre le pouvoir du nord ». Le nord a quel pouvoir ? Le pouvoir n’appartient pas à une région. Il appartient avant tout au peuple. Qui doit avoir une telle conception :’’ telle région a le pouvoir’’ ? Cela est dangereux. C’est pourquoi j’irai à Ferkessedougou pour parler avec mes parents. Comme je leur ai dit la dernière fois ; moi je suis fils du nord de la Côte d’Ivoire et je le revendique.

« Le nord a quel pouvoir ; le pouvoir n’appartient pas à une région. Il appartient avant tout au peuple »

Mon père est né au nord, ma mère est née au nord, moi-même je suis né au nord. Mon cordon ombilical est enterré à Kofiplé au nord. Personne ne peut me le contester dans ce pays la Côte d’Ivoire. Personne ne peut revendiquer le nord plus que moi sinon tout autant que moi. Le pouvoir au nord, le pouvoir au nord ; qu’est-ce que ça veut dire ? Arrêtons ce jeu. Ils ont convié à une assemblée, les chefs traditionnels du nord pour leur demander de venir au RHDP, parce que Guillaume veut donner le pouvoir à Bédié.

A lire aussi : Soro désavoue encore Ouattara : « Je n’ai jamais déclaré que j’étais inscrit à Harvard »

On a surpris un député en train de le faire ; Issiaka y était. On a surpris d’autres députés à Boundiali en train de faire la même chose. Arrêtez ça. Si vous avez des projets de société, proposez-les aux Ivoiriens mais aller rassembler les chefs traditionnels du nord pour leur dire qu’on vient de créer un parti il faut y militer. Ils disent : « vous voyez votre fils Guillaume qui veut prendre le pouvoir au nord pour aller donner à Bédié ».

Et si je le gardais une fois l’avoir pris, est-ce que ce serait une mauvaise chose ? Ou bien je ne ressemble pas à un président ? C’est comme ça qu’on monte les gens les uns contre les autres et après on brûle un pays. Je ne suis pas d’accord avec ça. En tout cas, le combat que j’ai mené n’était pas pour venir prendre le pouvoir pour donner au nord exclusivement. Le sens de notre combat était de revendiquer était le droit de vivre sur la terre ivoirienne qui est la terre de nos ancêtres avec tous nos frères et sœurs de Côte d’Ivoire.

« Affaire de garder le pouvoir au nord ou à l’est, je ne me reconnais pas dedans »

Nous voulions vivre. Je voulais que le Sénoufo vive avec l’Ebrié, avec l’Agni, le Bété, le Malinké, le Baoulé. Mais ce n’était pas pour que le Sénoufo prenne le pouvoir et chasse les autres et règne en maître sur toutes les autres ethnies. Je ne me reconnais pas dans leur affaire de garder le pouvoir au nord ou à l’est. Pour être président d’un pays, c’est la relation de confiance entre tout un peuple et une personne.

Tu peux être Ebrié et si tu es candidat, moi Guillaume du nord si tu me séduis par ton discours, par ta compétence, ta qualité, je te vote parce que tu es Ivoirien comme moi. Mais je ne voterai pas un homme du nord parce qu’il est du nord. Et ce que c’est ce qui développe un pays ? Donc ceux qui vont en mission au nord pensant qu’ils vont pouvoir monter le nord contre moi, se trompent.

Propos retranscrits par Karina Fofana

Personnalités liées avec l’article