Amara Essy : « Voici la prophétie secrète que le pape Jean Paul II m’a confié sur la Côte d’Ivoire

Amara Essy et le pape Jean Paul II

Une journée d’hommage au président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédé a été organisée à Kouassi-Datekro, ce week-end. Une cérémonie au cours de laquelle l’ex-ministre Amara Essy a déclaré : « Je serai le dernier à quitter Bédié et le PDCI ». Larges extraits.

« Je voudrais remercier le président Henri Konan Bédié et le secrétaire exécutif en Chef, le ministre Maurice Kakou Guikahué, pour le travail abattu.  Kouassi-Datekro a une place particulière dans l’histoire du PDCI-RDA. Le président Houphouët Boigny a passé trois nuits ici à Kouassi-Datekro. Tous les présidents de la Côte d’Ivoire sont passés ici sauf le président Alassane Ouattara. 

Ici à Kouassi-Datèkro, les populations gardent une image  positive du passage du président Houphouët-Boigny et cette image a été véhiculée à travers les jeunes. Je voudrais assurer le président Henri Konan Bédié que Kouassi-Datekro n’ira jamais ailleurs. Lorsqu’il y avait des doutes en Côte d’Ivoire sur le passage de témoin après le décès du président Félix Houphouët Boigny,  nous avions eu une réunion  à l’Elysée avec l’ex-président Omar Bongo. 

Le président Bédié  m’avait mis en mission d’aller voir les pays amis pour les rassurer sur l’avenir de la Côte d’Ivoire. Le premier voyage que j’avais effectué était aux Etats Unis où j’avais rencontré le  secrétaire d’Etat américain à qui j’avais expliqué que la Côte d’Ivoire était à un tournant décisif parce que le président Houphouët avait une équipe et cette équipe avait un Chef qui était Henri Konan Bédié. Que le président Houphouët avait envoyé aux Etats Unis comme ambassadeur  pour le former politiquement.

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Ensuite, il l’a envoyé à la Banque Mondiale pour qu’il  assure les reformes de l’économie américaine  parce qu’il voulait que la Côte d’Ivoire suive le modèle américain. Ensuite je suis allé en Italie, en Espagne, en Allemagne et en Grande Bretagne pour faire passer  le message. Etant le messager sur l’avenir de la Cote d’Ivoire et mon appui au président Henri Konan Bédié, je serai le dernier à le quitter.

Je serai peut-être le dernier à quitter le PDCI et le dernier à quitter Henri Konan Bédié. C’est un devoir moral. Donc je voudrais vous assurer  que ma fidélité envers le président Bédié est intacte. Ceux qui étaient au gouvernement avec moi peuvent le témoigner lors du décès du  président Félix Houphouët-Boigny. Car les trahisons ont commencé dès  la mort  de Félix Houphouët-Boigny. Ce sont  des choses très délicates.

Face au pouvoir, il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas dire maintenant.  Houphouët-Boigny m’avait conseillé de ne pas faire de mémoire parce que cela salit  beaucoup de gens et beaucoup de familles. Ce qui est sûr, c’est que ma fidélité envers Bédié restera toujours intacte. Je suis peiné par tout ce qui arrive aujourd’hui parce qu’en définitive, on  ne pouvait pas s’imaginer que la Côte d’Ivoire pouvait tomber aussi bas. Nous avons été à Marcoussis, à Pretoria, au Ghana  et cela n’est pas digne d’Houphouët-Boigny.

Et ce n’est pas ce que Houphouët espérait.  Le Pape Jean-Paul II m’a confié, un jour, que quels que soient les problèmes auxquels  la Côte d’Ivoire sera confrontée, elle sera   sauvée car  le plus grand bâtiment et le plus beau temple qui a été  fait en l’honneur de Dieu au cours de ce dernier siècle, a  été fait en Côte d’Ivoire et Dieu ne peut  jamais oublier cela. Et c’est cela qui fonde mon espoir. Houphouët s’est beaucoup sacrifié non pas pour la Côte d’Ivoire seule mais pour  toute l’Afrique.

« Le président Houphouët a créé des fondamentaux assez  solides. Ce qui fait que quels que soient les problèmes que nous aurons, la Côte d’Ivoire va de progrès en progrès »

Le président Houphouët Boigny recevait plus de 30 coups de fil par jour des Chefs d’Etat Africains qui lui soumettaient leurs problèmes.  Houphouët a aidé tous les mouvements de libération en Afrique. ANC, NPLA, tous sont passés chez Houphouët. Je crois que quelqu’un qui a fait autant de bien, Dieu ne peut pas l’oublier. Je voulais dire que Houphouët-Boigny tenait viscéralement  à son parti, le PDCI-RDA. Même quand il y avait des soucis  et que l’on lui soulevait  un petit problème concernant le parti, aussitôt, il reprend de la vigueur.

Donc tous ceux qui pensent que le PDCI-RDA va mourir, je voudrais leur dire que le PDCI ne peut pas  disparaître. Le PDCI-RDA ne peut pas disparaître et l’œuvre du président Houphouët ne peut pas disparaître. Le président Houphouët a créé des fondamentaux assez  solides. Ce qui fait que quels que soient les problèmes que nous aurons, la Côte d’Ivoire va de progrès en progrès. Je voudrais dire que  quelles que soient les trahisons, il faut savoir que cela est inhérent à la politique. Et il y aura toujours des gens  pour trahir.


« avec cette forte adhésion au PDCI-RDA, je pense que nous avons  un avenir meilleur et optimiste »

J’étais un peu découragé quand j’ai vu des personnes qui ont retourné leur veste. Mais  cela m’a rappelé une phrase de Félix Houphouët-Boigny.  Le président m’a dit  un jour que plus tu connais Dieu, plus tu vas l’aimer davantage et plus tu connais l’homme, plus  tu vas le détester.  Et c’est ce qui fait la différence entre l’homme et Dieu. Malheureusement, c’est ce qui arrive aujourd’hui. Il y a des gens pour qui je ne pouvais penser qu’ils pouvaient faire ce qu’ils font aujourd’hui.

Je crois que la nature humaine est complexe. Je suis optimiste parce qu’après tout ce que j’ai entendu et ce que j’ai vu avec les jeunes, avec cette forte adhésion au PDCI-RDA, je pense que nous avons  un avenir meilleur et optimiste. Je crois que la nouvelle génération est prête à se battre. Quand nous parlons d’Houphouët-Boigny, l’on pense que nous sommes nostalgiques. Houphouët Boigny est quelqu’un qui n’a jamais voulu que l’on le copie de façon vile.

« Ce qui nous manque aujourd’hui en Afrique, c’est le patriotisme et la conviction. Je suis heureux parce que je sais que la Côte d’Ivoire ne peut pas s’effondrer »

Il a formé des gens, il a donné  des exemples. Et être Houphouëtiste, ce n’est pas de la nostalgie. Il a toujours dit que la nouvelle génération doit chercher ses instructions et se battre pour gagner ou échouer. Et nous avons une jeunesse qui se bat aujourd’hui et qui a ses convictions et qui est patriotique. Ce qui nous manque aujourd’hui en Afrique, c’est le patriotisme et la conviction. Je suis heureux parce que je sais que la Côte d’Ivoire ne peut pas s’effondrer et cela n’est pas possible. Nous sommes en éveil constamment pour que le rêve de Félix Houphouët-Boigny puisse toujours vivre ».

Elvire Ahonon

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