Côte d’Ivoire : EDS « rejette la démarche du gouvernement » et exige la dissolution de la CEI

Georges Armand Ouégnin, président de EDS

Le 21 janvier 2019, sur convocation du Premier ministre, M. , une rencontre a eu lieu à la primature entre les membres du Gouvernement et les partis et groupements politiques de Côte d’Ivoire.

Cette rencontre  présidée par le Premier Ministre lui-même, fait suite à la  décision de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui a ordonné au  Gouvernement ivoirien, dans son arrêt rendu le 18novembre 2016 à Arusha, de procéder dans un délai de un an, à une réforme en profondeur de la Commission Electorale  Indépendante () pour la rendre conforme aux standards internationaux.

Après les multiples interpellations de l’opposition en général et de  en particulier, les tenants actuels  du  pouvoir se sont enfin résolu  à créer les conditions de la réforme, tant attendue par la classe politique et par le peuple de Côte d’Ivoire, de l’institution en charge de l’organisation des élections.

La plateforme « Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté » (EDS) dont le référent politique est le Président  salue cette initiative du Gouvernement, bien que tardive, d’ouvrir le dialogue sur cette question dont l’importance n’échappe à personne.

Cependant, EDS s’étonne et s’inquiète vivement de la posture et de la démarche méthodologique adoptées  par le Premier Ministre au cours de la rencontre du 21 janvier.

En effet, EDS  note, avec grand regret, d’une part  que le Gouvernement a procédé à une invitationsélective des partis politiques de l’opposition, en ignorant certaines formations importantes parmi lesquelles le Front Populaire Ivoirien  parti crée et présidé par le président Laurent Gbagbo, ainsi que les organisations de la société civile dont la présence à ces discussions ne peut qu’enrichir le débat, du fait de son caractère inclusif ; et,  d’autre part, que  le Gouvernement a invité à la fois le RHDP et tous les partis politiques qui le composent.

Cette manœuvre consistant à démultiplier la présence des partis membres ou proches du RHDP devenu parti unifié depuis le 26 janvier 2019 est une pratique, de nature à biaiser la sincérité et la sérénité des échanges dans des discussions d’une telle importance pour notre pays.

EDS s’insurge également contre les propos du Premier Ministre qui affirme sans ambages que l’actuelle CEI serait  le fruit d’un consensus et aurait donné  entière satisfaction en ce qu’elle a organisé avec efficacité six (6) scrutins et aurait ainsi permis de consolider la démocratie en Côte d’Ivoire.

Et pourtant, depuis 2011, la quasi-totalité des partis politiques de l’opposition, et toute la société civile n’ont eu de cesse de dénoncer cette CEI, dont  le gouvernement semble si fier.

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Une CEI non conforme aux engagements internationaux de la Côte d’Ivoire ; Une CEI inféodée au pouvoir en place ; une  CEI, qui, au cours  des différents scrutins organisés, a non seulement constamment violé le droit des citoyens ivoiriens à choisir librement leurs dirigeants, mais aussi et surtout a entrainé de nombreuses pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels.

De plus, EDS rejette la démarche du gouvernement qui  demande  aux partis politiques de déposer, « sous quinzaine », leurs propositions auprès du Ministre de l’intérieur qui devrait en faire la synthèse.

Cette démarche montre bien que là où l’opposition, dans son  immense majorité et la société civile réclament des concertations ouvertes, libres et menées de façon démocratique, le gouvernement parle, au contraire de consultations à l’issue desquelles, il imposerait son schéma de la CEI.

 Pour EDS, les élections en Côte d’Ivoire ne doivent plus être facteur de division et de conflit, mais des compétions qui épousent les règles de transparence de liberté et de démocratie.

Il est donc impératif que l’Institution en charge de l’organisation de des élections en Côte d’Ivoire, soit crédible, impartiale et véritablement indépendante de tout groupe de pression, en particulier dupouvoir exécutif. 

Aussi, dans l’intérêt  supérieur de la  Côte d’Ivoire, notre patrimoine commun, qui doit définitivement sortir des conflits postélectoraux, EDS appelle t-il à des discussions ouvertes sur l’ensemble du cadre juridique et institutionnel des élections.

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A cette fin, après une analyse approfondie de la situation qui demeure préoccupante, EDS exige :

1-   Le respect scrupuleux de l’arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples en date du 18 Novembre 2016 qui, plus qu’une recommandation est une décision de justice qui s’impose à l’Etat de Côte D’Ivoire ;

2-   Une large concertation nationale ouverte à tous les acteurs sans exclusive de la vie politique (pouvoir et opposition) et à toutes les organisations de la société civile, en lieu et place des consultations envisagées par le Gouvernement.

3-   Une réforme en profondeur et non une simple recomposition de l’organe électoralqui devra s’étendre :

–         A sa composition, son organisation et son fonctionnement ;

–         A son cadre législatif et institutionnel, notamment les questions  relatives au code électoral, à la liste électorale, à la cartographie électorale et à l’environnement sécuritaire des élections ;

–         Aux structures en charge des arbitrages et du contentieux électoral, que sont le Conseil Constitutionnel et la Cour Suprême.

4-   L’adoption consensuelle d’un instrument de gestion des élections,  propice à des scrutins transparents, réguliers, libres, justes et crédibles, gage d’une alternance  démocratique et pacifique en Côte d’Ivoire ;

5-   La dissolution de la CEI actuelle, devenue illégale et illégitime afin de briser le mur de méfiance et de créer un véritable cadre de confiance entre les différentes forces sociopolitiques de notre pays.

 Fait à Abidjan, le 6 Février 2019.

Pour EDS, Le Président, Pr Georges-Armand OUEGNIN