« Dans sa hargne à défendre l’indéfendable, Adjoumani a perdu la mémoire  » (Phoenix PDCI)

Kobenan Kouassi Adjoumani
Kobenan Kouassi Adjoumani

-PDCI est un groupe de cadres militants du PDCI-RDA soucieux de contribuer au progrès de leur parti en participant aux débats qui agitent le milieu politique et participer ainsi à l’édification des militants du PDCI-RDA, en particulier, et de nos concitoyens, en général. Par ailleurs, l’oiseau éponyme signale que son nom est tout un programme.

Phoenix se félicite que M. ADJOUMANI découvre ce qu’il avait omis

Ce qui importe pour Phoenix, c’est la production et la diffusion des idées. Ses membres sont, semble-t-il, connus et donc point n’est besoin qu’ils s’identifient. Car, seule compte la valeur argumentative de leurs idées et non l’autorité de la personnalisation de celles-ci. L’essentiel, ce sont les idées que Phoenix développe, défend et entend verser au débat politique.

Phoenix se félicite que M. ADJOUMANI découvre ce qu’il avait omis dans son interprétation précédente de l’appel de Daoukro, notamment le membre de phrase commençant par le syntagme « étant entendu que … ». Phoenix est également heureux de constater que M. ADJOUMANI reconnait que, hormis l’appellation technique (syntagme ou locution conjonctive), le groupe de mots (« étant entendu que ») dénote un contenu notionnel qui est non équivoque et décidable. Ce contenu notionnel signifie un accord préalablement établi entre deux partis.

Un rappel s’impose : quel est le contexte situationnel d’énonciation du discours dit « l’Appel de Daoukro » ?

Nous sommes en septembre 2014. L’Appel de Daoukro est lancé par le Président Bédié Que dit le texte ? Il dit exactement ce qui suit : « L’objectif d’une telle candidature est double : d’abord, assurer le succès du RHDP aux élections de 2015 dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire et de la paix. Ensuite, aboutir à un parti unifié, PDCI-RDR, pour gouverner la Côte d’Ivoire, étant entendu que ces deux partis sauront établir entre eux, l’alternance au pouvoir dès 2020. »

Nous sommes en 2014, c’est-à-dire à un an de l’élection présidentielle de 2015 et à six ans de la présidentielle de 2020. Ces deux objectifs visés sont conditionnés par un accord préalable. Celui du principe de l’alternance entre le RDR dès 2015 et le PDCI-RDA dès 2020. C’est cela le principe de l’alternance au pouvoir qui fait l’accord entre les parties prenantes.

En 2015, le PDCI-RDA a œuvré pour « assurer la victoire du Candidat du RDR au titre du RHDP ».

Les intellectuels de PHŒNIX PDCI-RDA

L’alternance requiert donc que, précisément en 2020, le PDCI-RDA arrive au pouvoir. C’est la règle du jeu sur laquelle, il n’y a pas à transiger.

Voyons sur cette question, ce que M. ADJOUMANI affirme. Nous citons : « les intellectuels de PHŒNIX PDCI-RDA ont malheureusement fait, selon lui, un usage abusif de « étant entendu » qui est, certes, linguistiquement un syntagme mais demeure grammaticalement une locution conjonctive qui introduit le motif que n’importe comment les deux partis sont d’accord que l’alternance va se réaliser ».

M. ADJOUMANI ajoute que le futur simple utilisé dans le membre de phrase, « sauront établir entre eux l’alternance… » nous indique qu’il s’agit d’un « projet ».

Ce qui appelle commentaire critique, ce sont les deux éléments que voici : « n’importe comment » et « que l’alternance va se réaliser.»

L’alternance se réalisera n’importe comment

A entendre M. ADJOUMANI, l’alternance se réalisera n’importe comment. Or le texte de M. BEDIE dit tout le contraire, puisque le texte annonce une périodisation des actions à accomplir pour atteindre le point d’aboutissement :

1) respecter l’accord en portant le RDR au pouvoir en 2015. C’est fait.

2) porter le PDCI-RDA au pouvoir en 2020. C’est à faire.

3)  créer le parti unifié au terme de la réalisation des clauses de l’accord.

Où est donc le « n’importe comment ? »

Par ailleurs, M. ADJOUMANI a employé la forme verbale « va se réaliser ». Or « va se réaliser », en grammaire du Français, est un futur proche dont on est sûr de l’effectivité dans les instants qui suivent. Ce qui est tout à fait le contraire du futur simple.

En effet, concernant le sens du futur simple, en grammaire du Français, la réalisation dans le futur de l’action énoncée comporte un aspect hypothétique parce que l’on n’a pas les moyens d’en garantir l’effectuation. C’est pourquoi les grammairiens disent que le futur est un conditionnel parce qu’il est subordonné à une ou plusieurs conditions qui peuvent être exprimées ou non. « X se réalisera si Y ou Z… »

Des éléments qui font référence à la sémantique psychologique

Dans le cas d’espèce, à l’aspect notionnel et grammatical de ce temps verbal, M. le Président Henri Konan BEDIE, par le membre de phrase (« saurons établir entre eux…») a introduit des éléments qui font référence à la sémantique psychologique : la bonne foi entre les parties, l’esprit de suite, la bonne volonté, la détermination, tout cela impliquant un savoir-être, un savoir-vivre et un savoir-faire qui prouveront que  les deux partis sauront mettre en œuvre l’alternance entre eux.  Bref, « savoir établir », c’est démontrer sa capacité et son aptitude à établir…ici, l’alternance au pouvoir. Et c’est bien ce que signifie la phrase « les deux partis sauront établir entre eux l’alternance dès 2020. »

La réalisation du parti unifié interviendra donc, comme prévu dans l’accord entre les deux partis, dans la 3ème étape. Et il est clair et évident que cela ne se fera pas « n’importe comment ».

En réalité, l’omission de M. Adjoumani de la problématique de l’accord sur le principe de l’alternance entre les partis est révélatrice d’un symptôme : celui d’un déni qui vise à rendre caduque la mise en œuvre de l’alternance. En réduisant les phases du processus aboutissant au parti unifié à deux, comme fait M. Adjoumani, on entend invalider le principe de l’alternance, puisque, si parti unifié il y a, il n’existe plus d’obligation de respecter l’alternance, le PDCI-RDA s’étant fondu dans la masse indifférenciée de cette nouvelle formation.

Le Président sait très bien que ce projet d’alternance ne peut se réaliser

M. Adjoumani croit pouvoir rassurer les militants du PDCI-RDA en disant triomphalement, au terme de ses « éclairages » qu’« En réalité, le Président Henri Konan Bédié sait très bien que ce projet d’alternance ne peut se réaliser que sur la base d’une concertation entre les différents responsables des partis membres du RHDP.» Ainsi, pour M. Adjoumani, le principe de l’alternance est renégociable !

Comme on peut le constater, dans sa hargne à défendre l’indéfendable, M. Adjoumani a perdu la mémoire. Il a oublié que M. BEDIE, pour réaffirmer la constance de sa position, a lancé cette phrase qui a fait un buzz : « l’alternance n’est pas négociable ! »

Pour conclure, rappelons que le Président BEDIE a donné au comité de haut niveau chargé de réfléchir à la mise en place du parti unifié un chronogramme clair et sans équivoque ainsi établi :

1. l’application de l’accord par la réalisation de l’alternance en 2020.

2. la mise en place, enfin, du parti unifié dans 36 mois.

Sauf à vouloir faire montre de défiance, comment est-il possible de remettre en cause ce que l’auteur lui-même a ainsi explicité ?

Il faut donc éviter de recouvrir le texte du Président BEDIE avec une interprétation libre qui le redouble afin d’en édulcorer le sens. Autrement, Phoenix pourrait être plus clair si le niveau de compréhension de l’interprète l’exige.

Nous espérons que, cette-fois-ci, PHOENIX sera entendu !

PHOENIX-PDCI-RDA

Personnalités liées avec l’article