Sita 2018 Abidjan – Jean-Marie Somet : « on est plus en sécurité à Abidjan qu’à Berlin »

, Commissaire général du Abidjan était l’invité spécial de la Tribune du Groupement des éditeurs de la presse de Côte d’Ivoire (Gepci).

Le directeur général de l’Office national du Tourisme, Sem Jean-Marie Somet, par ailleurs commissaire général du Salon international du Tourisme d’Abidjan (Sita), était l’invité spécial de la Tribune du Groupement des éditeurs de la presse de Côte d’Ivoire (Gepci). Cette rencontre qui a eu lieu à la salle de conférence de au Plateau, s’est déroulée autour du thème « Sita 2018 : Repenser le tourisme avec les nouvelles technologies ». Nous vous proposons de grands extraits de ce débat qui a permis à Jean-Marie Somet de situer les enjeux du Sita 2018 avant d’aborder les questions d’actualité du secteur du tourisme de façon plus large.

« Nous voulons être le hub du tourisme en Afrique »

, le bilan

« Nous avons repris le Salon en 2015. Et nous l’avons fait sur l’espace du Golf. En observant, on s’est dit qu’il va falloir aller au-delà. Et que le Golf ne répondait plus à nos attentes. Il nous faut un parc d’attraction digne de ce nom dans ce pays (…) Un salon, c’est pour faire du business. En 2017, nous avons eu au Sita 2017, 45 000 visiteurs, 1380  rencontres entre professionnels, 257 exposants sur 45 000m2 d’espace d’exposition, 47 animations et activités et 160 journalistes nationaux et internationaux accrédités. Sita 2017. Nous voulons être le hub du tourisme en Afrique. En Afrique de l’Ouest, il n’y a pas un seul salon. En 2016, les Marocains ont demandé notre expertise pour la mise en place d’un salon. Le Sénégal, la Gambie, la Guinée nous ont contacté. Nous devons vendre notre expertise. Nous devons avoir la capacité de bien organiser notre salon. Le Kenya, la Tanzanie, le Niger, le Mali, le Burkina Faso… ont été invités. C’est l’Afrique que nous voulons déplacer ici à Abidjan pour acheter nos produits (…)

« Les stands seront livrés le 20 avril et le 27, nous démarrons. Le Sita 2018 vise les objectifs suivants :  constituer la première vitrine ivoirienne et en Afrique, optimiser le potentiel touristique ivoirien, promouvoir les offres touristiques de la Côte d’Ivoire »

Sita, les nouveautés de l’édition 2018

Du 27 avril au 1er mai 2018, se déroulera le salon. Nous avons choisi les nouvelles technologies au service du tourisme. Aujourd’hui, la société évolue de plus en plus vite et surtout technologiquement. Avec la démocratisation d’internet et l’émergence des Technologies de l’information et de la communication (TIC), les professionnels du tourisme développent des stratégies afin de satisfaire une demande qui se complexifie et qui devient virtuelle. Ce thème engage les professionnels du tourisme d’abord pour mener une réflexion profonde sur les produits à proposer à une clientèle de plus en plus connectée. Ce thème est donc une invitation faite à nos professionnels d’intégrer les nouvelles technologies. Nous avons associé tous les ministères concernés. Il y a un forum portant sur l’emploi dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie au profit des étudiants. Des journées portes ouvertes seront également organisées. Sur 5 jours, nous attendons un peu plus de 70 000 visiteurs. Il y aura 250 journalistes nationaux et internationaux. Nous avons mis le cap sur 25 pays. Nous sommes aujourd’hui à 15 pays participants. 45 000 m2 d’exposition comme les années précédentes dont 10 000 couverts, climatisés. Les stands seront livrés le 20 avril et le 27, nous démarrons. Le Sita 2018 vise les objectifs suivants :  constituer la première vitrine ivoirienne et en Afrique, optimiser le potentiel touristique ivoirien, promouvoir les offres touristiques de la Côte d’Ivoire ».

Le tourisme connait une embellie, ces 5 dernières années

« Le tourisme connait une embellie, ces 5 dernières années. L’on est passé de 250 000 visiteurs à 1,5 million de visiteurs. Quant au Pib, l’on est passé, lorsque je suis arrivé de 0,6% à 7,8% aujourd’hui. Ce sont des chiffres croisés avec les sources de la Banque mondiale. Donc nous sommes sereins, tranquilles, devant ceux qui ne considèrent pas encore cette activité comme majeure dans notre pays. Le taux d’occupation des hôtels a atteint aujourd’hui 69%. Il n’y a pas un pays au monde qui peut se targuer d’avoir ce pourcentage. Petit, à petit nous faisons notre chemin à telle enseigne que les deux événements qui ont eu lieu en Côte d’Ivoire ont été très difficiles pour nous. Parce qu’il fallait héberger l’ensemble des personnalités qui ont fait le déplacement à Abidjan. Il s’agissait du 5e sommet UA-UE et Casa, concernant le côté de la santé.

Le tourisme ivoirien est porté d’abord par le tourisme d’affaires

Les investissements globaux dans le secteur privé de 2012 à 2014 étaient de 140 milliards Fcfa soit 215 millions d’Euro. Le Pib, en lui-même, a permis de voir que nous avons pris une belle embellie de 2012 à 2015 avec 1500 milliards Fcfa (…) Le tourisme ivoirien est porté d’abord par le tourisme d’affaires. C’est normal. C’est ce tourisme qui fait qu’on dit qu’une destination est crédible parce que celui qui voit un danger dans un pays ne vient pas investir chez vous. La Côte d’Ivoire, pendant ces 5 années, a œuvré au repositionnement de sa destination à travers les activités de Côte d’Ivoire tourisme. Action de communication sur les thématiques qu’on choisit pour rassurer sur ce que la destination était devenue fréquentable.

« Malgré nos guéguerres, notre pays est redevenu fréquentable. Je suis convaincu qu’à travers toutes les stratégies que nous avons mises en place, nous avons permis à la Côte d’Ivoire de se repositionner »

La Côte d’Ivoire est une destination recommandable

Toutes les chancelleries avaient la Côte d’Ivoire au rouge avant 2012. Nous sommes aujourd’hui en orange, chez certains nous sommes en jaune. Ne soyez pas offusqués. Aucun pays au monde n’est en Vert. Même ceux qui sont mis en Vert ont dû enlever. Nous avons subi nos lots d’attentat ici en Afrique et en Côte d’Ivoire. En France, ils en ont subi énormément. En Allemagne également. On est plus en sécurité à Abidjan qu’à Berlin. Personne ne peut dire ce qu’est la meilleure destination. C’est l’imprévisible. On ne peut pas lutter contre des fanatiques qui n’ont peur de rien. J’ai la modestie de dire que je suis une destination recommandable (…) Malgré nos guéguerres, notre pays est redevenu fréquentable. Je suis convaincu qu’à travers toutes les stratégies que nous avons mises en place, nous avons permis à la Côte d’Ivoire de se repositionner ».

« Se retrouver chaque année pour célébrer ce qu’on a culturellement ensemble et fédérer le partage »

L’économie touristique en Côte d’Ivoire

«Certaines personnes qui sont allongées sur la plage à se demandent où est-ce qu’ils sont les touristes. Mais le touriste, c’est celui qui se déplace  dans une autre localité pour 24 heures. Vous apportez une valeur ajoutée dans votre déplacement (…) Avec à Yamoussoukro, les hôtels Président et Hp, avec 1000 chambres étaient entièrement occupés (…) Tout ce que vous achetez ci et là participe à cette économie primaire. Et cela contribue à l’équilibre des familles (…) C’est cela notre économie touristique. L’économie touristique est partagée par la transversalité des activités des uns et des autres. Nous avons accompagné un certain nombre d’évènements. Que ce soit l’ qui fait une recette de plus de 800 millions Fcfa en 10 jours et avec plus de 2 millions de visiteurs. Il y a le Ficad à Daoukro, Le festibo à Bouna, le carnaval de Bouaké, le régional (…) Il s’agit de se retrouver chaque année pour célébrer ce qu’on a culturellement ensemble et fédérer le partage (…) »

La spécificité du tourisme en Côte d’Ivoire

« La formation est un gros handicap dans le pays. Les jeunes nous demandent des stages mais ils ne sont pas impliqués. Les Bts sont dévalorisés. C’est pour cela que nous donnons la possibilité aux jeunes au Sita de pouvoir s’informer et choisir ».

Le tourisme en Côte d’Ivoire a une particularité. Il s’agit du tourisme de loisir et non le tourisme de masse. Je suis heureux de cela (…) J’ai besoin de faire connaitre les spécificités de la Côte d’Ivoire (…) Concernant le tourisme interne, il faut l’implication des régions ».

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