Lycée classique d’Abidjan : Voici pourquoi le « Général Gbagbo » a déclenché la grève

Grève de la Fesci au Lycée classique d'Abidjan
Grève de la Fesci au Lycée classique d'Abidjan

Une grève déclenchée par la () a eu lieu le lundi 19 novembre 2018 au Lycée classique d’Abidjan, perturbant fortement les cours. En cause : un préavis de grève déposé le vendredi 16 novembre 2018 sur le bureau du proviseur, resté sans suite.

Le syndicat scolaire réclame la mise en service des toilettes et l’ouverture de l’internat fermé depuis plusieurs années. La Fesci du lycée classique d’Abidjan dirigée par Stephen Jemoh alias ‘’’’, en classe de Tle D8 observe un arrêt des cours de 72 heures depuis ce matin du lundi 19 novembre 2018.

A en croire le responsable syndicales, « les revendications tournent autour de deux points. A savoir le manque de sanitaire pour les élèves au sein du lycée et la fermeture de l’internat depuis plusieurs années. S’agissant des sanitaires, elles n’existent que de nom. Il n’y a pas d’intimité car il n’y a pas de porte, pas d’eau et beaucoup d’herbes ». « Nous sommes obligés de faire nos besoins à même le sol », fait-il savoir. Le ’’Général Gbagbo’’ explique, « le lycée classique est un établissement d’excellence qui reçoit les élèves de divers horizons.

« Nous ne reprendrons les cours que lorsque nos points de revendication seront satisfait. C’est-à-dire, la réhabilitation des internats et des sanitaires délabrées »

Certains n’ont pas de parents à Abidjan. Lorsqu’ils arrivent de l’intérieur du pays, ils doivent être logé à l’internat ». «A cause de la fermeture de l’internat, certains amis dorment dans les salles de classe, d’autres dans les cités universitaires. D’autres habitent chez des tuteurs à , à Gonzagueville à Abobo, Grand-Bassam etc et ils viennent tous les jours en retard et cela a un impact sur les résultats scolaires», dit-il. « A mon arrivée ici en classe de seconde pendant l’année scolaire 2016-2017, l’internat était déjà fermé », se souvient le secrétaire général local de la Fesci.

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Et de poursuivre, « nous avons adressé nos points de revendication au proviseur à travers un courrier depuis plus d’un mois qui est resté sans suite. Nous lui avons adressé un deuxième le vendredi 16 novembre qu’il a encore rejeté ». « Nous avons sollicité une rencontre mais il nous a renvoyé de son bureau », puis de poursuivre, « c’est la raison pour laquelle nous sommes rentrés en grève ce lundi ». « Nous ne reprendrons les cours que lorsque nos points de revendication seront satisfaits. C’est-à-dire, la réhabilitation des internats et des sanitaires délabrées », menace-t-il.

L’un des prestigieux établissements qui a formé de nombreux cadres de ce pays a fait parler de lui de la mauvaise manière en entrant en grève. En effet, créé et ouvert durant l’année scolaire 1945-1946, le cours second protestant d’Abidjan évolue rapidement et devient le « lycée classique d’Abidjan ». Pierre Paris en est le premier proviseur. C’est du reste sur l’insistance de ce dernier que l’établissement est ouvert aux jeunes Africains de l’Afrique-Occidentale française (A.O.F), car à l’origine, il était uniquement réservé aux Européens. L’ex-président Laurent Gbagbo y a enseigné et y a déclenché l’une des premières grèves d’enseignants sous Félix Houphouët-Boigny.

Karina Fofana

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