Alain Lobognon à propos de l’élection d’Amadou Soumahoro : « C’est la corruption légalisée »

Alain Lobognon
Alain Lobognon

Le député de Fresco, s’est prononcé sur l’élection d’, nouveau président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, le jeudi 7 mars 2019. Une élection jugée de « corruption légalisée ». Ci-dessous sa déclaration.

Nous nous sommes abstenus de prendre part à la mascarade. Il est inadmissible pour des députés de se prêter à un jeu de non transparence. Vous avez-vous-même appris que le jeu était pipé d’avance avec l’achat de vote qui passe donc par l’imposition de deux bulletins de vote au lieu du bulletin unique.

Imposer aux députés de la nation, deux bulletins de vote avec les consignes de ramener à la maison, le bulletin de l’adversaire, pour être récompensés, nous pensons que c’est légaliser la corruption au sein de la maison du peuple et c’était inacceptable.

En tant que démocrate, en tant qu’Ivoirien, j’ai milité pendant plus de 20 ans pour l’imposition du bulletin unique. Et nous pensons que l’exercice aurait été excellent pour montrer l’exemple au peuple à partir de ce vote du 7 mars 2019. Imposer aux députés de la nation, deux bulletins de vote avec les consignes de ramener à la maison, le bulletin de l’adversaire, pour être récompensés, nous pensons que c’est légaliser la corruption au sein de la maison du peuple et c’était inacceptable.

A lire aussi : Alain Lobognon : « Allez dire à Ouattara que le Gbôklè n’a plus de route »

C’est pourquoi, nous nous sommes abstenus d’entrer dans la salle et nous sommes restés dehors. Vous dites qu’à l’époque, le président a été élu avec des bulletins uniques ? En tant que journaliste, vous auriez dû savoir qu’en 2017, c’était le règlement de l’Assemblée nationale qui date de 2006 qui a été interprété par les services de l’Assemblée nationale.

Deux bulletins de vote pour acheter des voix, nous disons non.

En clair, avec la démission du président Soro, il y a une nouvelle élection, mais cette élection se fait sur la base du règlement qui a été adopté par l’Assemblée nationale en juillet 2018, validé par le Conseil constitutionnel parce que conforme à la constitution de la 3ème République.

Ne venez pas nous demander d’accepter ce qui a été fait hier qui n’était pas bon avec des pratiques qui sont dépassées. Deux bulletins de vote pour acheter des voix, nous disons non.