Ange Grah interpelle Sansan Kambilé sur la vie des détenus pro-Soro

Sansan Kambilé et Ange Olivier Grah
Sansan Kambilé et Ange Olivier Grah

Ange Grah Olivier revient sur l’actualité judiciaire ivoirienne dans l’affaire de la procédure ouverte contre les militants de « GPS » et les proches de Soro.

L’actualité judiciaire de notre pays a permis, dans l’affaire de la procédure ouverte contre les militants de « GPS », à trois personnes de s’illustrer de façon si singulière qu’il n’est de trop de revenir sur les actes qu’elles ont posés et qui font de la première une héroïne, de la seconde un séquestrateur et de la dernière une « kpakpato » en empruntant le mot au savoureux parlé ivoirien.

La justice ivoirienne a en effet, par ces temps troubles, fini par trouver son héros et ce n’est ni un Juge, ni un Magistrat du Parquet, ni encore un auxiliaire de Justice. Il s’agit du régisseur d’une Maison d’Arrêt, celle d’Abidjan, que ses fonctions ne prédestinaient forcement à un tel statut, qui à travers un acte républicain, qui aurait dû être banal dans un Etat qui se veut de droit, a donné une leçon aux autres serviteurs de l’Etat et particulièrement aux Magistrat et à la force publique sur ce que signifie avoir le sens du devoir, l’attachement aux règles et valeurs qui président aux fonctions pourtant humble à l’échelle de l’organisation judiciaire qu’il occupaient si magistralement.

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Oui Messieurs les Procureurs qui vous traînez de plateaux de télévision à plateaux de télévision, en violation du secret de l’instruction; oui Messieurs le juges d’Instructions qui acceptez d’ouvrir et de décerner des mandats de dépôt ou d’arrêt alors qu’aucune infraction n’est constituée ; oui Messieurs les officiers de police judiciaire qui opérez des perquisitions complètements illégaux au côté de personnes encagoulées et qui procédez à des arrestations d’innocentes personnes au nom d’instructions dont l’illégalité est plus que flagrante ; il faudra prendre graine du courage démontré par ce humble serviteur de l’Etat, qui a certainement sauvé la vie de plusieurs détenus alors que tous les jours en danger la liberté et la vie de nombreux ivoirien.

Cet homme a peut-être perdu son poste mais il a gagné le respect de millions et donné l’espoir que tout n’est pas perdu et ne sera jamais perdu si nous sommes nombreux à emprunté le même chemin que lui. C’est l’occasion de dire à ceux qui contestaient à la corporation des agents, le droit de voir revaloriser leurs situations matérielles et professionnelles au niveau de toutes les corporations d’agents de l’Etat de l’appareil judiciaire, qu’ils ont là la meilleure réponse à leur stupide position. En tout cas chapeau Monsieur le régisseur, mon héros.

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Alors qu’est limogé notre héros du service public de la justice, est maintenu dans ses fonctions Monsieur Sansan Kambilé dont le passage à la tête du département ministériel de la Justice prend pour les principes, les règles et les valeur qui président au fonctionnement de l’institution judiciaire, des allures du passage d’un tsunami. Avec lui, ne se comptent plus les lois, les actes et les déclarations qui tel une gangrène est en train de détruire progressivement les notions d’Etat de droit, de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la justice.

Cet homme véritable anti-héros est le symbole de la faillite de la frange dirigeant de notre société, prête à toutes les outrances pour préserver un poste. Les arrêtés totalement illégaux de transfèrement des détenus de GPS en est la preuve, la plus grande irréfutable. En effet, en vertu de la séparation des pouvoir et du droit à un juge indépendant, la situation carcérales des personnes préventivement détenus est tributaire des seules décisions du juge d’Instruction. Ces arrêtés, qui ont pour objet de couvrir la tentative d’enlèvement, sans décision par des personnes encagoulés, de trois détenus pour motifs et une destination qui jusqu’aujourd’hui ne sont pas élucidés, sont à nos yeux de véritables actes de complicité d’une tentative d’assassinat qui n’a échoué que grâce l’alerte précoce donnée par des cyber-activistes sur les réseaux sociaux.

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C’est pour donner l’impression d’une opération de transfèrement régulier que l’ont l’a étendu à d’autres détenus pour un motif totalement ridicule. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’en prenant ces arrêtés de transfert, le Ministre de la Justice déclare qu’il est prêt à assumer l’entière responsabilité de ce qui arriverait à ces personnes qui met en situation de séquestration en dehors du lieux où les a placé le Juge d’Instruction, seul habilité à prendre des décisions de transfèrement les concernant.

J’aurai voulu voir du courage dans son attitude qui est constitutifs de violation de l’article 247 du Code pénal, mais ma connaissance de l’homme m’invite à faire preuve de plus de circonspection, ses actes actes participant plus je crois de la folie du pouvoir et du sentiment d’impunité qui habitent ceux qui nous dirigent actuellement qu’autre chose. Un jour ou l’autre, Monsieur Sansan Kambilé, le séquestrateur de l’Institution judiciaire devra répondre de toutes ses forfaitures.

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Je ne pouvais ignorer dans la galerie des personnages qui gravitent autour de cette affaire, « le Kpakpato », c’est-à-dire celui qu’on n’a pas « sonné » et qui se démène comme un beau diable pour jouer un rôle dans cette comédie où pourtant aucun dialogue ne lui est destiné dans le scénario. Ce triste sire, c’est le Président de l’Assemblée Nationale Amadou Soumahoro qui fait preuve d’une obstination qu’on aurait qualifié d’admirable en d’autres circonstances, si elle ne virait pas à la bouffonnerie comme c’est le cas en l’espèce, pour s’immiscer dans une affaire dans laquelle ni l’exécutif, ni le judiciaire ne s’est senti obligé de consulter l’Institution qu’il dirige, encore moins sa personne.

Il le fait dans un premier temps, en revêtant frauduleusement le manteau du Bureau de l’Assemblée Nationale, dans un communiqué qui prétend répondre à une correspondance du Procureur de la République que cette autorité n’a jamais écrit, j’en suis convaincu, informant l’Assemblée Nationale de l’ouverture d’une procédure contre certains de ses membres dont les identités, fort curieusement, n’était pas précisées, démontrant son caractère mensonger de ses affirmations. L’inculte en matière de fonctionnement des Institutions, ignore sans aucun doute qu’un Procureur de la République, même si nous avons assisté de sa part à un traitement spécieux de l’affaire Soro Guillaume n’avait pas vocation à communiquer de cette manière avec le Parlement.

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Mécontent certainement du peu de retentissement de son exploit, Monsieur Soumahoro a décidé de le rééditer sous le prétexte cette fois de répondre à une saisine totalement illégale et ridicule du groupe parlementaire RHDP, dont nous doutons très fortement également de ce que la plupart des membres aient été à un quelconque moment associés à cette pitrerie, qu’il a poussé jusqu’à produire, en violation des textes de l’Institution qu’il dirige et au nom de son bureau dont la liste n’a jamais été publiée dans le Journal Officiel pour lui permettre d’exercer ses fonctions, un arrêté tout aussi frauduleux qu’inutile pour les procédures ouvertes contre les personnes poursuivies.

Notre « Kpakpato » qui justifie tous les jours depuis son élection la réticence de ses pairs, même ceux appartenant au RHDP à le désigner à la tête de l’Assemblée Nationale, ne semble même pas à mesure de comprendre le caractère mélodramatique de sa décision car seul, le judiciaire a le droit de demander la levée de l’immunité parlementaire d’un Député. Lorsque j’écoute la vidéo de ce triste individu qui accompagne cette contribution, je peux dire comme l’abidjanais qu’avec le niveau intellectuel qu’il affiche que notre pays est vraiment dans « pain ».

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