Attaques xénophobes contre Ouattara : Mamadou Traoré se désolidarise des Soroïstes

Les attaques xénophobes contre le président Ouattara ? Très peu pour Mamadou Traoré, fidèle de Guillaume Soro, la Côte d’Ivoire a déjà donné …

Une fois n’est pas coutume, mais permettez que cette fois-ci, je me désolidarise une seconde fois de tous les Soroïstes qui attaquent et qui tenteront d’attaquer leurs adversaires avec des propos relatifs à leur nationalité d’origine ou d’adoption.

Permettez que je me désolidarise de tous les Soroïstes qui vont attaquer le Président du Restaurant en faisant allusion à sa supposée ou réelle nationalité Burkinabè. Et je ne crois pas que Guillaume Soro, notre mentor, cautionnera de telles sorties car il a fait de son combat à la tête des Forces Nouvelles la lutte contre l’ivoirité et contre les propos xénophobes.

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Moi, je propose que nous attaquions le Président du Restaurant sur sa gouvernance, sur son bilan et sur certains aspects de sa personnalité. Mais son affaire de Burkinabè là, ou l’affaire où on traite tous les clients du Restaurant d’étrangers, vrai vrai là, moi je ne suis pas dedans.

Je rappelle que toutes les crises de notre pays sont venues de là. Je rappelle également qu’hier, tous ceux qui avaient traité le Président du Restaurant d’étranger l’ont considéré comme ivoirien lorsqu’ils se sont mis en alliance avec lui pour la conquête du pouvoir. Et dès qu’ils se sont séparés de lui, il est redevenu Burkinabè.

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Cela devrait nous permettre de savoir que dans cette affaire, les gens jouent avec nous.
Moi à mon âge, personne ne pourra plus me manipuler comme cela a été le cas hier.
Aujourd’hui je suis grand-père et patriarche. Personne ne pourra me manipuler.

Si on n’y prend garde, demain, nos amis d’aujourd’hui qui nous applaudissent lorsqu’on traite certains d’étrangers, n’hésiteront pas à nous traiter également d’étrangers lorsque nous ne regarderons plus dans la même direction qu’eux. Et le cycle ne s’arrêtera pas.

De grâce, sortons de ce sentier dangereux pour la cohésion sociale. Ayant été Directeur de la solidarité et de la cohésion sociale, je sais par quoi naissent les guerres et je sais également comment faire la paix. Faire la paix, ce n’est en tout cas pas chanter les louanges du Chef de l’Etat. Ce n’est pas non plus le traiter d’étranger quand on s’est battu hier pour défendre sa nationalité ivoirienne. C’est possible que nous nous soyons trompés de combat et nous le regrettons tous amèrement aujourd’hui. Ce sont nous qui avons créé notre propre monstre qui nous dévore aujourd’hui. C’est bien fait pour notre gueule.

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Sortons de ce sentier dangereux de la xénophobie que nous avons combattu hier.
Je n’ai pas envie d’être inconséquent avec moi. Il y a tellement de choses à reprocher à la gouvernance actuelle ! Affaire de nationalité là, quittons dans ça.

Ce message s’adresse également aux clients du Restaurant. Eux aussi sont de plein pied dans la xénophobie alors que leur président en est une victime historique. Quand je lis leurs commentaires sur les vidéos de mon ami Franklin Nyamsi, ça me rappelle les propos que les adversaires d’hier de leur gourou disaient de lui. Quand je vois leurs réactions, traitant Soumahoro Ibra, le jeune activiste Soroïste qui a interpellé Adjoumani, de Guinéen, je suis estomaqué.

Quand je les vois dire que je suis soit malien, soit Burkinabè, parce qu’ils n’approuvent pas mes sorties sur leur système et leur gouvernance, j’en perd mon latin. Quand je les vois écrire que le père de Guillaume Soro était un commerçant malien, je me dis qu’il n’y a pas plus inconséquents qu’eux. J’ai vraiment mal pour mon pays quand je vois que la meilleure manière pour certains de combattre leur adversaire politique, c’est de l’attaquer sur la base d’une nationalité étrangère qu’on lui attribue. C’est à croire que nous n’avons rien retenu des crises de notre histoire récente.
C’est vraiment dommage.

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Chers amis Soroïstes, sortons de ce sentier dangereux. Laissons nos amis du Restaurant emprunter seuls ce sentier. Ça va leur péter au nez, tôt ou tard. Cela est valable pour nos amis du PDCI et du FPI qui empruntent également ce sentier dangereux de la xénophobie pour attaquer leurs adversaires. Hier en effet, j’ai suivi une vidéo où un vidéoman du FPI, qui semblait soutenir le GPS et le PDCI, faisait une biographie de la Ministre Kandia Camara en l’assimilant à une guinéenne. J’ai été estomaqué. Sortons de là les gars. C’est dangereux. Ce genre de débat n’a rien apporté à la Côte d’Ivoire. Il n’a fait que distiller la haine entre Ivoiriens. Sortons de là. Il est encore temps.

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