Soro écrit au procureur pour réquérir la libération de Lobognon et l’arrêt des poursuites contre Ehouo : Que va faire Adou ?

Alain Lobognon et Jacques Ehouo

Affaires Ehouo et Lobognon : , président de l’assemblée nationale a signé deux arrêtés adressés au procureur de la République et à sa hiérarchie, le mercredi 16 janvier 2019. L’un portant rejet de la requête tendant à obtenir l’autorisation de l’Assemblée nationale pour arrêter le député et l’autre portant suspension de la détention et des poursuites contre le député . Désormais tous les regards sont tournés vers .

L’affaire Jacques Ehouo et Alain Lobognon prend un nouveau virage. Comme dans l’affaire du député Yah Touré, accusé d’avoir giflé une policière et après audition par celui-ci par la police suivie de son inculpation par le Procureur Richard Adou, le bureau de l’assemblée nationale rejette la demande tendant à obtenir l’autorisation de l’Assemblée nationale pour arrêter le député Jacques Ehouo et la suspension de la détention et des poursuites contre le député Alain Lobognon. Le bureau de l’Assemblée nationale dirigé par son président Guillaume Soro a saisi le Procureur de la république et sa hiérarchie à travers deux arrêtés en date du 16 janvier 2019.

Le premier est intitulé comme suite : « Arrêté N° 01/AN/B portant suspension de la détention et des poursuites contre le député Lobognon Agnima Alain Michel. Le bureau de l’Assemblée nationale réuni au palais de l’Assemblée nationale le mercredi 16 janvier 2019, vu la loi n° 2016-886 du 8 novembre 2016 portant constitution de la république de Côte d’Ivoire ; vu la résolution n°005 A du 27 juillet 2018 portant règlement de l’Assemblée nationale. Apres en avoir délibéré ainsi que l’indique le procès-verbal de la réunion, les différents membres du bureau entendus, arrête, article 1 : il est requis la suspension de la détention et des poursuites contre le député Lobognon Agnima Alain Michel (…) ».

Et le second : « Arrêté N° 02 /AN/ B portant rejet de la requête du Procureur de la république. Le bureau de l’Assemblée nationale réuni au palais de l’Assemblée nationale le mercredi 16 janvier 2019, vu la loi n° 2016-886 du 8 novembre 2016 portant constitution de la république de Côte d’Ivoire ; vu la résolution n°005 A du 27 juillet 2018 portant règlement de l’Assemblée nationale. Apres en avoir délibéré ainsi que l’indique le procès-verbal de la réunion, les différents membres du bureau entendus, arrête, article 1 : la requête du Procureur de la république tendant à obtenir l’autorisation du bureau de l’Assemblée nationale pour arrêter le député Ehouo Jacques Gabriel Martial est rejetée. Article 2 : le bureau de l’Assemblée nationale requiert la suspension des poursuites contre le député Ehouo Jacques Gabriel Martial (…) ».

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En clair, après sa visite du dimanche 13 janvier 2019 à leurs domiciles respectifs, en tant que Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro ne compte pas lâcher ses deux collègues. Au sortir du huis-clos qu’il avait eu avec l’honorable Ehouo Jacques à sa résidence il disait ceci : « (…)ma présence ici aujourd’hui se justifie par le fait que c’est un collègue et qu’il fallait que je vienne non seulement le saluer mais mieux m’informer de la situation et des faits allégués qu’il subit. En ma qualité de Président de l’Assemblée nationale, j’ai été saisi par le procureur pour mieux appréhender et apprécier ce dossier, j’ai pensée qu’il ne fallait pas m’interdire de le rencontrer pour mieux être informé. Ceci dit, il a le soutien du Président de l’Assemblée nationale, du collègue. Je crois bien que tous les députés comprennent que quand un député est en difficulté, il y a la nécessité de la solidarité pour l’Institution elle-même (…) ».

En saisissant le procureur et sa hiérarchie, le président de l’Assemblée nationale est toujours dans sa logique de solidarité. Rappelons que le bureau de l’assemblée nationale présidé par Guillaume Soro en personne, exigeait la libération du député Alain Lobognon et refusait de lever l’immunité de son collègue Jacques Ehouo le mercredi 16 janvier 2019. En effet, après sept heures d’horloge de discussion Guillaume Soro qui présidait la rencontre avait alors décidé de passer à un vote qui a départagé les avis. Notons que les deux députés sont poursuivis par Richard Adou, le procureur de la République de Côte d’Ivoire, l’un (NDLR: Alain Lobognon) pour divulgation de fausses nouvelles.

 Notons qu’il a été arrêté dans le 15 janvier 2019 et conduit à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Et, l’autre (NDLR: Jacques Ehouo) pour détournements de fonds à travers sa société prestataire de services à la mairie du Plateau. En attendant de régler les démêlés judiciaires à son encontre une délégation spéciale s’occupe du fonctionnement de cette mairie. Dans un dossier digne d’un film brésilien, l’on se demande la prochaine carte que va sortir le procureur près du Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau Richard Adou pour s’opposer à la décision du bureau de l’Assemblée national dirigé par Guillaume Soro ? Attendons de voir.

Karina Fofana