Ecole des forces armées (EFA) de Côte d’Ivoire : Didier Ekanza passe en revue les 60 années d’une école militaire

Didier Ekanza entouré des enseignants et invités

Soutenance de mémoire de Didier Ekanza. C’était le jeudi 21 mars dernier à l’occasion de sa soutenance de mémoire de fin de second cycle pour le diplôme de master II, Option histoire contemporaine, à l’Université Felix Houphouet Boigny de Cocody.

L’objectif principal de  cette étude à en croire l’impétrant était de faire connaitre l’histoire d’une école militaire ivoirienne bâtie sur les fonts baptismaux au lendemain des indépendances, en étudiant ses évolutions majeures et en mesurant son impact dans l’outil de défense Ivoirienne.

 » Devant sa responsabilité d’Etat souverain, la Côte d’Ivoire se dote d’un outil de défense dès 1960 pour assurer la défense et la sécurité des biens et des personnes.  Les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) sont donc créées par la loi n°60-209 du 27 juillet 1960.Cependant, la Côte d’Ivoire se retrouve devant une difficulté majeure: le manque de ressources humaines dans le domaine militaire. Le 24 juillet 1961, l’armée de Côte d’Ivoire comptait officiellement cinq (05) officiers. Initialement, la Côte d’Ivoire formait dans le cadre des accords de défense signé le 24 avril 1961 ses hommes dans les écoles militaires françaises avec un nombre de places très limité. Au vu de cela, Houphouët-Boigny entreprend de créer une école de formation militaire, l’EFA, afin de doter le pays d’une armée bien entrainée. En fait, l’ambition affichée de Félix Houphouët-Boigny était de doter son pays d’une école militaire capable d’assurer la formation de son élite militaire. Une élite constituée de cadres bien formés et outillés. En d’autres termes, bâtir une armée professionnelle disposant de moyens humains suffisants pour son fonctionnement, pour l’instruction et l’entrainement de ses hommes », a-t-il indiqué d’entré de jeu.

Avant d’ajouter que bien que créée par décret le 29 septembre 1961 et peu à peu mise en place sous l’égide de la France au cours de l’année 1962, l’Ecole des forces armées a réellement ouvert ses portes au matin du 15 janvier 1963, en présence du président de la République de Côte d’Ivoire Félix Houphouët-Boigny. Cette institution militaire a pour vocation la formation et le perfectionnement des officiers ivoiriens ainsi que ceux des pays africains. La mission générale de l’Ecole est d’assurer au plan individuel la formation et le perfectionnement des stagiaires à travers trois divisions que sont : la formation initiale des officiers, le stage complémentaire des sous-lieutenants par un cours d’application d’infanterie motorisée, le stage de perfectionnement des officiers et préparant le test d’écoles supérieures de guerre.

Pour lui, l’EFA est un véritable creuset d’unité nationale et de cohésion des forces en raison qu’elle forme à la fois les officiers de l’armée de terre, de l’air, de la gendarmerie, du service civique et des sapeurs-pompiers militaires au commandement au corps de troupe et dispense l’enseignement militaire supérieur.

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Poursuivant son exposé, Didier Ekanza a fait  savoir qu’au lendemain de sa mise en place, l’école a connu une certaine  évolution dans le processus de formation des officiers. « Non seulement, les débuts modestes de l’EFA se transforment très vite en période de gloire et de rayonnement à partir de 1966 avec l’accueil des premiers stagiaires étrangers, mais, elle élargit son champ d’enseignement et de formation », a-t-il indiqué. Et d’ajouter que la création du Cours de capitaines en 1975, du Diplôme d’Etat-major en 1981 suivie de la création de la Division d’Application des Officiers (DAO) en 1984, puis de la création du « cours préparatoire d’entrée aux écoles supérieures de guerre en 1995 et enfin l’instauration des stages des chefs de corps en 1996, ont été autant de reformes structurelles qui ont rehaussé le prestige et la renommée de cette école militaire. Surtout qu’à partir de l’EFA, en 1980, La Côte d’Ivoire assiste àL’émergence d’un corps d’officiers ivoiriens qui décident de prendre en main progressivement leur outil de défense.D’où l’ivoirisation de toutes les structures militaires ivoiriennes notamment l’EFA en 2001

Didier EKANZA a revelé que les premiers candidats au cours de Capitaines en Côte d’Ivoire en 1975 dans l’armée ivoirienne sont : MEBRA Bakayoko, DIOMANDE Gondo, CAMARA Mory Diené, EPOKOU Aké Vincent, TAUTHUI Marius, YAPO Brou Jules, DOUHOT André.

Aussi, a-t-il reconnu les difficultés de cette institution militaire. Selon lui, à l’origine installée sur le site de la Base aérienne de Bouaké, l’EFA est délocalisée sur un autre site en raison de la rébellion armée de 2002. Son camp est pillé et saccagé par les assaillants. « De 2003 à 2004, elle a opéré une phase transitoire sur le site civil de l’Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer à Yopougon (ABIDJAN) avant d’ouvrir officiellement le 21 octobre 2005 sur son nouveau site situé à Zambakro (Yamoussoukro). En plus des nombreux déménagements, l’EFA est restée orpheline de l’AMT à partir de 2002, son principal pilier, puisque la coopération est suspendue en raison des incompréhensions entre les nouveaux dirigeants ivoiriens et la France », précise-t-il.

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Toutefois, Didier Ekanza a affirmé que L’EFA a eu le mérite de former et de transformer la quasi-totalité des officiers de l’armée ivoirienne.

 Quoi qu’on dise, la Côte d’Ivoire doit  être fière de l’Ecole des forces armées; et doit continuer de tout mettre en œuvre pour que celle-ci demeure toujours digne de sa réputation et pourquoi pas une école de guerre.

 C’est à l’unanimité de ses membres que le jury, présidé par le Professeur d’Histoire contemporaine, Ernest Yao Bi, assisté du Professeur titulaire d’Histoire Moderne et du Dr Athur Banga, spécialiste des questions militaires en Côte d’Ivoire, a attribué la mention très bien à l’étudiant chercheur.

On notait la présence des anciens ministres ivoiriens de la défense Alain Dogou et Bertin Kadet à cette soutenance.

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