Côte d’Ivoire: Ahoua Don Mello favorable à une union PDCI-FPI

YECLO.com vous propose quelques morceaux choisis de l’échange d’ échange avec le quotidien « Aujourd’hui » le 31 juillet à Conakry.

Quel est le sujet qui vous saute aux yeux? Le mauvais virage amorcé par le gouvernement à travers sa décision d’imposer une à sa botte lors des prochains scrutins ou le , notamment ses divisions et ses tensions ?

Les défauts du multipartisme se sont aggravés en Côte d’ivoire et dégénère l’État comme otage d’un clan. C’est un retropédalage sur le chemin de la démocratie. Un syndrome de problèmes menace la Côte d’Ivoire dont les plus visibles sont la tribalisation de l’armée, la caporalisation de la CEI et de la liste électorale. Réconcilier la Côte d’ivoire, c’est entre autres régler ces facteurs d’explosion sociopolitique par le retour de en Côte d’ivoire et la libération de tous les prisonniers politiques. Lors des élections de 2010, l’un des facteurs de la crise postélectorale a été l’éviction des représentants du candidat des bureaux de vote dans la partie nord du pays par une armée tribale. Cette armée tribale contrôle aujourd’hui la totalité du pays et caporalise l’État et est prête à répéter ses succès de 2010.

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L’autre facteur de crise a été la CEI qui a fait fabriquer de faux procès avéré et fait disparaître des procès-verbaux favorables à Laurent Gbagbo et proclamé par
la voix de son président des faux résultats au QG du candidat Ouattara. D’autres facteurs et non des moindres: le rôle des ambassadeurs de France et des USA, la presse internationale, l’armée française ont fait le reste. A ces problèmes anciens, se sont ajoutés de nouveaux problèmes dont la tribalisation de la liste électorale et du conseil constitutionnel. Les anciens et les nouveaux facteurs de crise risquent de se conjuguer lors des élections de 2020. Régler ses problèmes reste des défis à relever pour des élections justes et transparentes.

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Vous qui êtes plutôt un idéologue bien droit dans ses bottes. Comment vivez-vous cette division du parti entre GOR et Affidés, c’est-à-dire une division fondée sur la personnalité de deux individus et non pas sur des fondements idéologiques ?

Il ya un temps pour se diviser et un temps pour s’unir. L’unité est un combat. Il a fallu 6 ans à Laurent Gbagbo, entre 1982 et 1986 ,pour vaincre le sectarisme et rassembler en une union volontaire les différentes sectes politiques qui s’épuisaient en lutte fratricide et créer le Front Populaire Ivoirien. Il en faudra certainement moins pour reconstruire la gauche avec son acquittement. En l’absence du trait d’union de cette diversité ayant donné le front, le parti semble se décomposer en ses unités idéologiques de base . Le droit à la différence s’est envolé. L’acquittement de Laurent ouvre la voie pour
l’union de la gauche.

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Pour vous, c’est la défaite de la pensée dans le parti, l’absence de formation des militants et même des élites ou les deux ?

La crise que traverse le pays est une équation à plusieurs degrés qui n’a certainement pas une seule solution. Chacun croit détenir la solution miracle à l’exclusion de toute autre solution. En retrouvant la démocratie interne au Parti, l’on retrouvera le chemin vers les objectifs que s’est fixé le FPI à sa création: le combat pour le droit à la différence et le débat démocratique. Le FPI doit rester le laboratoire de la démocratie ivoirienne et non le tombeau de la démocratie.

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A votre avis, l’union est-elle toujours possible ? et, dans ce cas, qu’est-ce qu’il faut ou, bien au contraire, faut-il passer à autre chose ?

L’union est un long chemin. L’union, c’est aussi ce à quoi s’attèle Bédié et Gbagbo.

D’un point de vue idéologique,une telle alliance est-elle viable à votre avis ? Peut-elle tenir ? Si oui, à quelle condition et si non, pourquoi ?

Le FPI s’inscrit dans un processus de réconciliation nationale pour reconstruire la démocratie perdue. A ce titre, il s’est fixé pour objectif de rencontrer toutes les forces politiques et sociales pour aboutir à un consensus sur l’ensemble des problèmes pré-électoraux afin d’éviter une crise post-électorale identique à venir. Il ne s’agit donc pas d’un dialogue dans le but de chercher une unité idéologique pour conquérir le pouvoir mais de chercher une unité d’action pour conquérir des conditions d’exercice de
la démocratie pour que le peuple soit libre.

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